15/07/2026
Il abandonne le marathon des Jeux olympiques de 1912 sans prévenir personne et rentre au Japon. La Suède le porte disparu. On le retrouvera un demi-siècle plus t**d pour qu'il termine, enfin, sa course.
Shizō Kanakuri est l'un des tout premiers athlètes japonais à disputer les Jeux. Pour rejoindre Stockholm en 1912, il enchaîne dix-huit jours de voyage, bateau puis Transsibérien. Il arrive épuisé, dort mal sous le soleil de minuit, supporte mal la nourriture locale.
Le jour du marathon, une chaleur écrasante fauche les concurrents un par un ; l'un d'eux s'effondre et en mourra, première mort de l'histoire des Jeux. Kanakuri, au bord du malaise, s'arrête en chemin, à bout de forces. On raconte qu'une famille suédoise l'accueille et lui offre à boire. Il se repose. Puis, honteux, il repart chez lui au Japon sans jamais signaler son abandon aux organisateurs.
Côté suédois, le coureur japonais s'est littéralement volatilisé en pleine course. Son dossier reste ouvert : disparu. Personne ne sait qu'il est rentré, qu'il enseigne la géographie, qu'il a fondé une famille.
En 1967, la télévision suédoise le retrouve et lui propose de venir boucler son marathon, cinquante-cinq ans plus t**d. Kanakuri accepte, franchit la ligne, et reçoit un temps officiel resté au Guinness : 54 ans, 8 mois, 6 jours, 5 heures, 32 minutes et 20 secondes. Le marathon le plus lent jamais couru. Sa phrase est restée : « Ce fut un long parcours. En chemin, je me suis marié, j'ai eu six enfants et dix petits-enfants. »