09/07/2026
𝗟𝗲 𝗽𝗼𝘂𝗿𝗯𝗼𝗶𝗿𝗲
Laisser ou ne pas laisser de pourboire? Là est la question. Aujourd’hui, je vous présente un sujet des plus délicats de notre société moderne. Un sujet qui divise autant la population générale que les travailleurs à pourboire. Mais avant de me lancer dans le cœur du sujet, j’aimerais que vous vous questionniez deux minutes.
𝐏𝐨𝐮𝐫𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐥𝐚𝐢𝐬𝐬𝐞𝐳-𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐝𝐮 𝐩𝐨𝐮𝐫𝐛𝐨𝐢𝐫𝐞?
Laissez-vous du pourboire par courtoisie? Pour l’excellent service reçu? Peut-être même parfois par ressentiment ou simplement parce que vous vous sentez obligé de le faire?
Enfin, la réponse est personnelle à chacun.
Mais depuis l’ère de la Covid-19, les règles entourant le pourboire ont changé au Québec.
𝐀𝐯𝐚𝐧𝐭 𝐥𝐚 𝐂𝐨𝐯𝐢𝐝-𝟏𝟗
Autrefois, on laissait généralement un minimum de 15 % de pourboire lorsqu’on recevait un excellent service.
Si le client n’en laissait pas, c’était certes triste et désagréable pour le travailleur, mais cela faisait partie du métier. Un mauvais service n’était pas impossible. On passait au suivant et, la prochaine fois que le client revenait, on donnait notre 110 % afin de s’assurer de lui offrir un meilleur service et, espérons-le, de recevoir un pourboire.
Le travailleur à pourboire recevait son salaire et son pourboire. Il pouvait évidemment avoir une mauvaise soirée, mais il n’y avait pas cette impression qu’un pourboire devait automatiquement lui être versé, peu importe la qualité du service.
Ici, je vais vous partager une expérience que j’ai vécue avant la Covid. Une expérience qui peut faire réfléchir sur la raison pour laquelle nous devons donner du pourboire.
𝐼𝑙 𝑦 𝑎 𝑞𝑢𝑒𝑙𝑞𝑢𝑒𝑠 𝑎𝑛𝑛𝑒́𝑒𝑠, 𝑗𝑒 𝑠𝑢𝑖𝑠 𝑎𝑙𝑙𝑒́𝑒 𝑚𝑎𝑛𝑔𝑒𝑟 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑢𝑛 𝑟𝑒𝑠𝑡𝑎𝑢𝑟𝑎𝑛𝑡 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑚𝑎 𝑚𝑒̀𝑟𝑒, 𝑚𝑜𝑛 𝑒𝑥-𝑐𝑜𝑛𝑗𝑜𝑖𝑛𝑡𝑒 𝑒𝑡 𝑚𝑜𝑛 𝑓𝑟𝑒̀𝑟𝑒. 𝐴̀ 𝑐𝑒𝑡𝑡𝑒 𝑒́𝑝𝑜𝑞𝑢𝑒, 𝑐’𝑒𝑠𝑡 𝑚𝑜𝑖 𝑞𝑢𝑖 𝑖𝑛𝑣𝑖𝑡𝑎𝑖𝑠. 𝐽𝑒 𝑝𝑎𝑦𝑎𝑖𝑠 𝑑𝑜𝑛𝑐 𝑙𝑎 𝑓𝑎𝑐𝑡𝑢𝑟𝑒. 𝐿𝑒 𝑟𝑒𝑝𝑎𝑠 𝑒́𝑡𝑎𝑖𝑡 𝑠𝑖𝑚𝑝𝑙𝑒. 𝑁𝑜𝑢𝑠 𝑒́𝑡𝑖𝑜𝑛𝑠 𝑣𝑒𝑛𝑢𝑠 𝑑𝑒́𝑗𝑒𝑢𝑛𝑒𝑟. 𝑁𝑜𝑡𝑟𝑒 𝑎𝑠𝑠𝑖𝑒𝑡𝑡𝑒? 𝐿𝑒 𝑐𝑙𝑎𝑠𝑠𝑖𝑞𝑢𝑒 : œ𝑢𝑓𝑠, 𝑏𝑎𝑐𝑜𝑛, 𝑝𝑎𝑡𝑎𝑡𝑒𝑠, 𝑡𝑜𝑎𝑠𝑡𝑠 𝑒𝑡 𝑏𝑟𝑒𝑢𝑣𝑎𝑔𝑒. 𝑅𝑖𝑒𝑛 𝑑𝑒 𝑡𝑟𝑒̀𝑠 𝑐𝑜𝑚𝑝𝑙𝑖𝑞𝑢𝑒́ 𝑜𝑢 𝑑’𝑒́𝑙𝑎𝑏𝑜𝑟𝑒́.
𝑃𝑎𝑟 𝑐𝑜𝑛𝑡𝑟𝑒, 𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑒́𝑡𝑖𝑜𝑛𝑠 𝑑𝑒𝑢𝑥 𝑎̀ 𝑎𝑣𝑜𝑖𝑟 𝑑𝑒𝑠 𝑑𝑒𝑚𝑎𝑛𝑑𝑒𝑠 𝑝𝑎𝑟𝑡𝑖𝑐𝑢𝑙𝑖𝑒̀𝑟𝑒𝑠. 𝑀𝑎 𝑚𝑒̀𝑟𝑒 𝑎𝑣𝑎𝑖𝑡 𝑑𝑒𝑚𝑎𝑛𝑑𝑒́ 𝑑𝑒𝑠 𝑡𝑜𝑎𝑠𝑡𝑠 𝑐𝑢𝑖𝑡𝑒𝑠 𝑛𝑜𝑖𝑟𝑒𝑠. 𝑀𝑜𝑖, 𝑗𝑒 𝑑𝑒𝑚𝑎𝑛𝑑𝑎𝑖𝑠 𝑑𝑒𝑢𝑥 𝑒𝑥𝑡𝑟𝑎𝑠 𝑏𝑎𝑐𝑜𝑛. 𝑃𝑜𝑢𝑟 𝑙𝑒 𝑟𝑒𝑠𝑡𝑒, 𝑟𝑖𝑒𝑛 𝑑'𝑒𝑥𝑡𝑟𝑎𝑜𝑟𝑑𝑖𝑛𝑎𝑖𝑟𝑒.
𝐶’𝑒𝑠𝑡 𝑒𝑛 𝑟𝑒𝑐𝑒𝑣𝑎𝑛𝑡 𝑛𝑜𝑡𝑟𝑒 𝑐𝑜𝑚𝑚𝑎𝑛𝑑𝑒 𝑞𝑢𝑒 𝑙𝑒𝑠 𝑐ℎ𝑜𝑠𝑒𝑠 𝑜𝑛𝑡 𝑐𝑜𝑚𝑚𝑒𝑛𝑐𝑒́ 𝑎̀ 𝑑𝑒́𝑔𝑟𝑖𝑛𝑔𝑜𝑙𝑒𝑟. 𝐿𝑒𝑠 𝑡𝑜𝑎𝑠𝑡𝑠 𝑑𝑒 𝑚𝑎 𝑚𝑒̀𝑟𝑒 𝑒́𝑡𝑎𝑖𝑒𝑛𝑡 𝑏𝑙𝑎𝑛𝑐ℎ𝑒𝑠 𝑒𝑡 𝑗𝑒 𝑛’𝑎𝑣𝑎𝑖𝑠 𝑝𝑎𝑠 𝑚𝑒𝑠 𝑒𝑥𝑡𝑟𝑎𝑠 𝑑𝑒 𝑏𝑎𝑐𝑜𝑛. 𝑁𝑜𝑢𝑠 𝑎𝑣𝑖𝑜𝑛𝑠 𝑒́𝑔𝑎𝑙𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑝𝑎𝑠 𝑟𝑒𝑐̧𝑢 𝑛𝑜𝑠 𝑏𝑟𝑒𝑢𝑣𝑎𝑔𝑒𝑠.
𝐴̀ 𝑞𝑢𝑖 𝑙𝑎 𝑓𝑎𝑢𝑡𝑒? 𝑁𝑜𝑢𝑠 𝑝𝑜𝑢𝑣𝑜𝑛𝑠 𝑒𝑛 𝑓𝑎𝑖𝑟𝑒 𝑢𝑛 𝑑𝑒́𝑏𝑎𝑡. 𝐶𝑒𝑟𝑡𝑒𝑠, 𝑙𝑎 𝑐𝑢𝑖𝑠𝑖𝑛𝑒 𝑎𝑣𝑎𝑖𝑡 𝑏𝑖𝑒𝑛 𝑚𝑖𝑠 𝑑𝑒𝑠 𝑡𝑜𝑎𝑠𝑡𝑠 𝑏𝑙𝑎𝑛𝑐ℎ𝑒𝑠 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑙’𝑎𝑠𝑠𝑖𝑒𝑡𝑡𝑒 𝑑𝑒 𝑚𝑎 𝑚𝑒̀𝑟𝑒 𝑒𝑡 𝑎𝑢𝑐𝑢𝑛 𝑒𝑥𝑡𝑟𝑎 𝑏𝑎𝑐𝑜𝑛 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑙𝑎 𝑚𝑖𝑒𝑛𝑛𝑒.
𝑀𝑎𝑖𝑠 𝑚𝑜𝑖, 𝑚𝑎 𝑞𝑢𝑒𝑠𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑒𝑠𝑡 𝑙𝑎 𝑠𝑢𝑖𝑣𝑎𝑛𝑡𝑒 : 𝑳𝒂 𝒔𝒆𝒓𝒗𝒆𝒖𝒔𝒆 𝒔𝒆𝒓𝒕-𝒆𝒍𝒍𝒆 𝒏’𝒊𝒎𝒑𝒐𝒓𝒕𝒆 𝒒𝒖𝒐𝒊 𝒂̀ 𝒏’𝒊𝒎𝒑𝒐𝒓𝒕𝒆 𝒒𝒖𝒊 ?
𝐽𝑒 𝑐𝑜𝑚𝑝𝑟𝑒𝑛𝑑𝑠 𝑞𝑢𝑒 𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑛’𝑒́𝑡𝑖𝑜𝑛𝑠 𝑝𝑎𝑠 𝑙𝑎 𝑠𝑒𝑢𝑙𝑒 𝑡𝑎𝑏𝑙𝑒. 𝐽𝑒 𝑐𝑜𝑚𝑝𝑟𝑒𝑛𝑑𝑠 𝑒́𝑔𝑎𝑙𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑞𝑢𝑒 𝑙𝑎 𝑠𝑒𝑟𝑣𝑒𝑢𝑠𝑒 𝑝𝑒𝑢𝑡 𝑒̂𝑡𝑟𝑒 𝑑𝑒́𝑏𝑜𝑟𝑑𝑒́𝑒. 𝑀𝑎𝑖𝑠 𝑒𝑙𝑙𝑒 𝑎 𝑞𝑢𝑎𝑛𝑑 𝑚𝑒̂𝑚𝑒 𝑙𝑎 𝑟𝑒𝑠𝑝𝑜𝑛𝑠𝑎𝑏𝑖𝑙𝑖𝑡𝑒́ 𝑑𝑒 𝑠’𝑎𝑠𝑠𝑢𝑟𝑒𝑟 𝑞𝑢𝑒 𝑙𝑎 𝑐𝑜𝑚𝑚𝑎𝑛𝑑𝑒 𝑞𝑢’𝑒𝑙𝑙𝑒 𝑎𝑝𝑝𝑜𝑟𝑡𝑒 𝑒𝑠𝑡 𝑒𝑥𝑎𝑐𝑡𝑒 𝑎𝑣𝑎𝑛𝑡 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑠𝑒𝑟𝑣𝑖𝑟, 𝑠𝑢𝑟𝑡𝑜𝑢𝑡 𝑙𝑜𝑟𝑠𝑞𝑢’𝑖𝑙 𝑦 𝑎 𝑑𝑒𝑠 𝑑𝑒𝑚𝑎𝑛𝑑𝑒𝑠 𝑝𝑎𝑟𝑡𝑖𝑐𝑢𝑙𝑖𝑒̀𝑟𝑒𝑠.
𝑁𝑜𝑢𝑠 𝑎𝑣𝑜𝑛𝑠 𝑑𝑜𝑛𝑐 𝑠𝑖𝑔𝑛𝑎𝑙𝑒́ 𝑙𝑒𝑠 𝑒𝑟𝑟𝑒𝑢𝑟𝑠. 𝐸𝑙𝑙𝑒𝑠 𝑜𝑛𝑡 𝑒́𝑡𝑒́ 𝑐𝑜𝑟𝑟𝑖𝑔𝑒́𝑒𝑠 𝑙𝑜𝑟𝑠𝑞𝑢𝑒 𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑎𝑣𝑖𝑜𝑛𝑠 𝑡𝑒𝑟𝑚𝑖𝑛𝑒́ 𝑑𝑒 𝑚𝑎𝑛𝑔𝑒𝑟. 𝑃𝑜𝑢𝑟 𝑚𝑜𝑖, 𝑐𝑒 𝑛’𝑒́𝑡𝑎𝑖𝑡 𝑝𝑎𝑠 𝑎𝑐𝑐𝑒𝑝𝑡𝑎𝑏𝑙𝑒.
𝐿𝑒 𝑠𝑒𝑟𝑣𝑖𝑐𝑒 𝑦 𝑒́𝑡𝑎𝑖𝑡. 𝑀𝑎𝑖𝑠 𝑒́𝑡𝑎𝑖𝑡-𝑖𝑙 𝑒𝑥𝑐𝑒𝑙𝑙𝑒𝑛𝑡? 𝑃𝑜𝑢𝑟 𝑚𝑜𝑖, 𝑛𝑜𝑛. 𝐼𝑙 𝑛’𝑒́𝑡𝑎𝑖𝑡 𝑛𝑖 𝑒𝑥𝑐𝑒𝑙𝑙𝑒𝑛𝑡 𝑛𝑖 𝑎̀ 𝑙𝑎 ℎ𝑎𝑢𝑡𝑒𝑢𝑟 𝑑𝑒 𝑚𝑒𝑠 𝑎𝑡𝑡𝑒𝑛𝑡𝑒𝑠. 𝐸́𝑣𝑖𝑑𝑒𝑚𝑚𝑒𝑛𝑡, 𝑐𝑒 𝑗𝑜𝑢𝑟-𝑙𝑎̀, 𝑗𝑒 𝑛’𝑎𝑖 𝑝𝑎𝑠 𝑙𝑎𝑖𝑠𝑠𝑒́ 𝑑𝑒 𝑝𝑜𝑢𝑟𝑏𝑜𝑖𝑟𝑒. 𝑬𝒕 𝒒𝒖𝒊𝒄𝒐𝒏𝒒𝒖𝒆 𝒎𝒆 𝒄𝒐𝒏𝒏𝒂𝒊̂𝒕 𝒔𝒂𝒊𝒕 𝒒𝒖𝒆 𝒋𝒆 𝒍𝒂𝒊𝒔𝒔𝒆 𝒕𝒐𝒖𝒋𝒐𝒖𝒓𝒔 𝒅𝒖 𝒑𝒐𝒖𝒓𝒃𝒐𝒊𝒓𝒆.
𝑀𝑎𝑖𝑠 𝑙’ℎ𝑖𝑠𝑡𝑜𝑖𝑟𝑒 𝑛𝑒 𝑠’𝑎𝑟𝑟𝑒̂𝑡𝑒 𝑝𝑎𝑠 𝑙𝑎̀ 𝐿𝑎 𝑠𝑒𝑟𝑣𝑒𝑢𝑠𝑒 𝑠’𝑒𝑠𝑡 𝑝𝑙𝑎𝑖𝑛𝑡𝑒 𝑎̀ 𝑠𝑎 𝑔𝑒́𝑟𝑎𝑛𝑡𝑒. 𝐿𝑎 𝑔𝑒́𝑟𝑎𝑛𝑡𝑒 𝑒𝑠𝑡 𝑣𝑒𝑛𝑢𝑒 𝑛𝑜𝑢𝑠 𝑣𝑜𝑖𝑟 𝑒𝑡 𝑠𝑜𝑛 𝑎𝑟𝑔𝑢𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑒́𝑡𝑎𝑖𝑡 𝑞𝑢𝑒 𝑠𝑎 𝑠𝑒𝑟𝑣𝑒𝑢𝑠𝑒 𝑒́𝑡𝑎𝑖𝑡 𝑓𝑖𝑛𝑒 𝑒𝑡 𝑏𝑒𝑙𝑙𝑒. 𝐶𝑒𝑟𝑡𝑒𝑠. 𝐶’𝑒𝑠𝑡 𝑝𝑒𝑢𝑡-𝑒̂𝑡𝑟𝑒 𝑣𝑟𝑎𝑖. 𝑀𝑎𝑖𝑠 𝑗𝑒 𝑛𝑒 𝑙𝑎𝑖𝑠𝑠𝑒 𝑝𝑎𝑠 𝑑𝑒 𝑝𝑜𝑢𝑟𝑏𝑜𝑖𝑟𝑒 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑙𝑎 𝑏𝑒𝑎𝑢𝑡𝑒́ 𝑜𝑢 𝑠𝑖𝑚𝑝𝑙𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑝𝑎𝑟𝑐𝑒 𝑞𝑢’𝑢𝑛𝑒 𝑝𝑒𝑟𝑠𝑜𝑛𝑛𝑒 𝑒𝑠𝑡 𝑔𝑒𝑛𝑡𝑖𝑙𝑙𝑒 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑚𝑜𝑖.
𝐽𝑒 𝑙𝑎𝑖𝑠𝑠𝑒 𝑢𝑛 𝑝𝑜𝑢𝑟𝑏𝑜𝑖𝑟𝑒 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑙'𝑒𝑥𝑐𝑒𝑙𝑙𝑒𝑛𝑡 𝑠𝑒𝑟𝑣𝑖𝑐𝑒 𝑟𝑒𝑐̧𝑢. 𝐸𝑡 𝑐𝑒 𝑗𝑜𝑢𝑟-𝑙𝑎̀, 𝑠𝑒𝑙𝑜𝑛 𝑚𝑜𝑖, 𝑙𝑒 𝑠𝑒𝑟𝑣𝑖𝑐𝑒 𝑛’𝑎𝑣𝑎𝑖𝑡 𝑝𝑎𝑠 𝑒́𝑡𝑒́ 𝑎̀ 𝑙𝑎 ℎ𝑎𝑢𝑡𝑒𝑢𝑟.
𝑅𝑒́𝑠𝑢𝑙𝑡𝑎𝑡? 𝐿𝑒 𝑟𝑒𝑠𝑠𝑒𝑛𝑡𝑖𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑐𝑟𝑒́𝑒́ 𝑝𝑎𝑟 𝑐𝑒𝑡𝑡𝑒 𝑖𝑛𝑡𝑒𝑟𝑣𝑒𝑛𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑎 𝑓𝑎𝑖𝑡 𝑒𝑛 𝑠𝑜𝑟𝑡𝑒 𝑞𝑢𝑒 𝑚𝑎 𝑚𝑒̀𝑟𝑒 𝑒𝑡 𝑚𝑜𝑛 𝑒𝑥-𝑐𝑜𝑛𝑗𝑜𝑖𝑛𝑡𝑒, 𝑞𝑢𝑖 𝑒́𝑡𝑎𝑖𝑒𝑛𝑡 𝑝𝑜𝑢𝑟𝑡𝑎𝑛𝑡 𝑑’𝑎𝑐𝑐𝑜𝑟𝑑 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑚𝑎 𝑝𝑜𝑠𝑖𝑡𝑖𝑜𝑛, 𝑜𝑛𝑡 𝑓𝑖𝑛𝑎𝑙𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑙𝑎𝑖𝑠𝑠𝑒́ 𝑢𝑛 𝑡𝑜𝑡𝑎𝑙 𝑑𝑒 25 % 𝑑𝑒 𝑝𝑜𝑢𝑟𝑏𝑜𝑖𝑟𝑒. 𝑃𝑜𝑢𝑟𝑞𝑢𝑜𝑖? 𝑃𝑜𝑢𝑟 𝑎𝑐ℎ𝑒𝑡𝑒𝑟 𝑙𝑎 𝑝𝑎𝑖𝑥.
𝑉𝑟𝑎𝑖𝑚𝑒𝑛𝑡? 𝐶’𝑒𝑠𝑡 𝑎̀ 𝑐𝑒 𝑚𝑜𝑚𝑒𝑛𝑡-𝑙𝑎̀ 𝑞𝑢𝑒 𝑗𝑒 𝑚𝑒 𝑠𝑢𝑖𝑠 𝑝𝑜𝑠𝑒́ 𝑢𝑛𝑒 𝑞𝑢𝑒𝑠𝑡𝑖𝑜𝑛 : 𝑫𝒆𝒑𝒖𝒊𝒔 𝒒𝒖𝒂𝒏𝒅 𝒍𝒆 𝒄𝒍𝒊𝒆𝒏𝒕 𝒅𝒐𝒊𝒕-𝒊𝒍 𝒔𝒆 𝒔𝒆𝒏𝒕𝒊𝒓 𝒄𝒐𝒖𝒑𝒂𝒃𝒍𝒆 𝒅𝒆 𝒏𝒆 𝒑𝒂𝒔 𝒂𝒗𝒐𝒊𝒓 𝒍𝒂𝒊𝒔𝒔𝒆́ 𝒅𝒆 𝒑𝒐𝒖𝒓𝒃𝒐𝒊𝒓𝒆?
𝐋’𝐚𝐩𝐫𝐞̀𝐬-𝐂𝐨𝐯𝐢𝐝-𝟏𝟗
Les choses ont changé depuis la Covid. Les terminaux affichent maintenant 15 %, 20 % ou même 25 %. Certaines personnes ont même rapporté dans les médias avoir déjà vu des choix de 30 %. L’option « montant personnalisé » devient parfois plus subtile, comme si on voulait inciter la clientèle à laisser au minimum 15 %. Mais pourquoi? Qu’est-ce qui s’est passé?
Une partie de la réponse se trouve dans la façon dont le système fiscal québécois traite les pourboires. Le Québec possède depuis longtemps un mécanisme d’attribution des pourboires. Dans certaines situations, un pourboire peut être attribué à un travailleur selon un taux établi, notamment lorsque les pourboires réellement déclarés ne correspondent pas à ce taux.
Le fameux 8 % est donc devenu un élément important du débat entourant les travailleurs à pourboire. Et c’est là que je veux amener la discussion. Si le travailleur est imposé sur un pourboire qui n’a pas été réellement reçu, qui doit assumer cette différence?
Est-ce au consommateur de compenser cette situation? Mais au fond, qu’est-ce qu’un pourboire?
Selon certains travailleurs à pourboire, tous les clients devraient laisser un minimum de 15 %. D’autres vont même jusqu’à dire 20 %, notamment pour compenser ce qu’ils considèrent comme une perte de revenu. Mais le pourboire n’est pas une taxe.
𝑰𝒍 𝒚 𝒂 𝒖𝒏𝒆 𝒅𝒊𝒇𝒇𝒆́𝒓𝒆𝒏𝒄𝒆 𝒆𝒏𝒕𝒓𝒆 :
• 𝑭𝒂𝒊𝒓𝒆 𝒔𝒐𝒏 𝒕𝒓𝒂𝒗𝒂𝒊𝒍.
• 𝑶𝒇𝒇𝒓𝒊𝒓 𝒖𝒏 𝒃𝒐𝒏 𝒔𝒆𝒓𝒗𝒊𝒄𝒆.
• 𝑶𝒇𝒇𝒓𝒊𝒓 𝒖𝒏 𝒆𝒙𝒄𝒆𝒍𝒍𝒆𝒏𝒕 𝒔𝒆𝒓𝒗𝒊𝒄𝒆.
Et c’est là que je veux être clair. Je rappelle que le travailleur à pourboire est payé par son employeur pour offrir un service. 𝑱𝒆 𝒏𝒆 𝒔𝒖𝒊𝒔 𝒑𝒂𝒔 𝒊𝒏𝒔𝒆𝒏𝒔𝒊𝒃𝒍𝒆 𝒂̀ 𝒍𝒆𝒖𝒓 𝒓𝒆́𝒂𝒍𝒊𝒕𝒆́. 𝑩𝒊𝒆𝒏 𝒂𝒖 𝒄𝒐𝒏𝒕𝒓𝒂𝒊𝒓𝒆. 𝑱’𝒂𝒊 𝒕𝒓𝒂𝒗𝒂𝒊𝒍𝒍𝒆́ 19 𝒂𝒏𝒔 𝒆𝒏 𝒓𝒆𝒔𝒕𝒂𝒖𝒓𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏, 𝒕𝒐𝒖𝒔 𝒑𝒐𝒔𝒕𝒆𝒔 𝒄𝒐𝒏𝒇𝒐𝒏𝒅𝒖𝒔. Je sais ce que c’est. Je sais ce que représente un mauvais service ou une mauvaise soirée. Je sais aussi ce que représente un excellent service ou une excellente soirée. Je connais les deux côtés de la médaille. Mais, c’est pour cette raison que je me pose la question suivante :
𝑨̀ 𝒒𝒖𝒊 𝒓𝒆𝒗𝒊𝒆𝒏𝒕 𝒗𝒓𝒂𝒊𝒎𝒆𝒏𝒕 𝒍𝒂 𝒓𝒆𝒔𝒑𝒐𝒏𝒔𝒂𝒃𝒊𝒍𝒊𝒕𝒆́ 𝒅𝒆 𝒄𝒐𝒖𝒗𝒓𝒊𝒓 𝒄𝒆𝒕𝒕𝒆 𝒅𝒊𝒇𝒇𝒆́𝒓𝒆𝒏𝒄𝒆 𝒇𝒊𝒔𝒄𝒂𝒍𝒆?
Je rappelle que le consommateur n’est pas responsable du salaire perçu par le travailleur à pourboire. Le consommateur n’a pas négocié son salaire. Le consommateur n’a pas établi ses conditions de travail. Et le consommateur n’a pas décidé de la façon dont le gouvernement traite fiscalement les pourboires.
Le travailleur à pourboire, lui, a accepté un emploi en connaissant les avantages et les inconvénients liés à cet emploi. Il sait qu’il peut faire une excellente soirée. Il sait aussi qu’il peut faire une mauvaise soirée. Il sait qu’un client peut laisser 15 %, 20 %, 25 %… Et il sait aussi qu’un client peut ne rien laisser. C’est une réalité du métier.
Mais jamais la responsabilité d’assumer cette perte ne devrait revenir au consommateur. Parce que le pourboire n’est pas une obligation.
Alors, qui doit agir? Les employeurs devraient-ils assumer une plus grande partie de cette différence? Le gouvernement du Québec devrait-il revoir son système? Devrait-il plutôt imposer le coût réel du service directement sur la facture, comme c’est le cas dans certains pays européens, plutôt que de laisser cette responsabilité entre les mains du consommateur?
Je n’ai peut-être pas la réponse. Mais je sais une chose. Le consommateur n’est pas l’employeur. Moi aussi, j’ai des factures à payer. Et lorsque je vais au restaurant, je paie déjà pour mon repas, les taxes et le service qui m’est offert.
Qu’est-ce qu’un excellent service? Est-ce simplement arriver à la table, prendre la commande, apporter les assiettes et encaisser la facture? Si oui, alors le pourboire devient une deuxième forme de salaire obligatoire. Mais si le pourboire est réellement une façon de remercier ou de récompenser un travailleur pour un excellent service, alors la qualité du service doit avoir une importance.
Un client ne devrait pas avoir à justifier pourquoi il donne 10 %, 15 %, 20 % ou 0 %. Et surtout, un travailleur ne devrait jamais décider de moins bien servir un client parce qu’il ne laisse pas suffisamment de pourboire. Il est payé pour offrir un service.
Le pourboire vient ensuite. C’est une récompense. Pas une taxe ni une obligation. Et certainement pas une dette envers le travailleur. Tant que cette guerre continuera entre les travailleurs à pourboire et la clientèle, le travailleur à pourboire sera toujours perdant. Parce que le problème ne se trouve peut-être pas entre le serveur et le client.
Le problème se trouve beaucoup plus haut. Il est peut-être temps de s’unir et de passer un message clair au gouvernement du Québec. Si les travailleurs à pourboire considèrent que le système actuel est injuste, qu’ils se regroupent. Qu’ils manifestent. Qu’ils demandent à l’Assemblée nationale de revoir le système. Qu’ils demandent que le véritable coût du service soit intégré à la facture.
Mais ne blâmons pas le client comme étant responsable d’un système qu’il n’a pas créé. Un travailleur à pourboire ne devrait pas être imposé systématiquement sur un don facultatif qui sert à remercier, voire à récompenser, le travailleur pour l’excellent service donné.