22/07/2026
𝗠𝗮𝘀𝘀𝗼𝗴𝗯𝗲́ 𝗧𝗼𝘂𝗿𝗲́ 𝗗𝗶𝗮𝗯𝗮𝘁𝗲́ : 𝗹𝗮 𝗳𝗲𝗺𝗺𝗲 𝗾𝘂𝗶 𝗮 𝗳𝗮𝗶𝘁 𝗱𝗲 𝗹'𝗮𝗻𝗮𝗰𝗮𝗿𝗱𝗲 𝘂𝗻𝗲 𝗰𝗼𝘂𝗿𝗼𝗻𝗻𝗲
𝐃𝐞 𝐜𝐢𝐧𝐪 𝐡𝐞𝐜𝐭𝐚𝐫𝐞𝐬 𝐩𝐥𝐚𝐧𝐭é𝐬 à 𝐎𝐝𝐢𝐞𝐧𝐧é à 𝐥𝐚 𝐭ê𝐭𝐞 𝐝'𝐮𝐧 𝐠𝐫𝐨𝐮𝐩𝐞 𝐚𝐠𝐫𝐨-𝐢𝐧𝐝𝐮𝐬𝐭𝐫𝐢𝐞𝐥 𝐪𝐮𝐢 𝐫𝐚𝐲𝐨𝐧𝐧𝐞 𝐣𝐮𝐬𝐪𝐮'𝐚𝐮𝐱 É𝐭𝐚𝐭𝐬-𝐔𝐧𝐢𝐬 𝐞𝐭 𝐚𝐮 𝐆𝐨𝐥𝐟𝐞, 𝐌𝐚𝐬𝐬𝐨𝐠𝐛é 𝐓𝐨𝐮𝐫é 𝐃𝐢𝐚𝐛𝐚𝐭é 𝐚 𝐟𝐚𝐢𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐧𝐨𝐢𝐱 𝐝𝐞 𝐜𝐚𝐣𝐨𝐮 𝐥'𝐡𝐢𝐬𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐝'𝐮𝐧𝐞 𝐯𝐢𝐞. 𝐂𝐞 𝐥𝐮𝐧𝐝𝐢 𝟐𝟎 𝐣𝐮𝐢𝐥𝐥𝐞𝐭 𝟐𝟎𝟐𝟔, 𝐥𝐚 𝐟𝐨𝐧𝐝𝐚𝐭𝐫𝐢𝐜𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐒𝐈𝐓𝐀 𝐚 𝐫𝐞ç𝐮 𝐥𝐞𝐬 𝐢𝐧𝐬𝐢𝐠𝐧𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐂𝐡𝐞𝐯𝐚𝐥𝐢𝐞𝐫 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥'𝐎𝐫𝐝𝐫𝐞 𝐝𝐮 𝐌é𝐫𝐢𝐭𝐞 𝐚𝐠𝐫𝐢𝐜𝐨𝐥𝐞 𝐟𝐫𝐚𝐧ç𝐚𝐢𝐬, 𝐮𝐧𝐞 𝐝𝐢𝐬𝐭𝐢𝐧𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐬𝐮𝐩𝐩𝐥é𝐦𝐞𝐧𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐮𝐧𝐞 𝐩𝐢𝐨𝐧𝐧𝐢è𝐫𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐢𝐧𝐮𝐞 𝐝'𝐢𝐧𝐬𝐩𝐢𝐫𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐟𝐞𝐦𝐦𝐞𝐬 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞𝐩𝐫𝐞𝐧𝐞𝐮𝐫𝐞𝐬 𝐝𝐮 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐢𝐧𝐞𝐧𝐭.
Elle est de ces femmes qui ne se contentent pas de rêver, elles labourent, elles plantent, elles bâtissent. Tout commence à Odienné, dans le Kabadougou, avec cinq hectares de terre et une intuition que personne, à l'époque, ne partage. Massogbé Touré Diabaté quitte un poste de cadre pour se consacrer à la culture de l'anacardier, convainc les paysans de la région de s'y engager à ses côtés, et pose ainsi les fondations de ce qui deviendra l'une des plus grandes aventures agro-industrielles de Côte d'Ivoire.
En 2000, elle franchit un cap décisif : la SITA voit le jour, première usine du pays, et d'Afrique de l'Ouest, à réunir production et transformation de la noix de cajou. Un pari industriel audacieux, porté par une femme qui refusait que la Côte d'Ivoire se contente d'exporter sa matière première sans la valoriser.
Aujourd'hui, la SITA emploie plusieurs centaines de personnes, en grande majorité des femmes, et exporte vers les États-Unis et le Golfe. Mais l'empreinte de Madame Touré Diabaté dépasse largement les murs de son entreprise : fondatrice de la CEDAICI pour financer les producteurs, présidente de plusieurs organisations professionnelles, elle porte aussi, au sein de la CGECI, le combat pour l'entrepreneuriat féminin.
𝗨𝗻𝗲 𝗰𝗮𝗿𝗿𝗶𝗲̀𝗿𝗲 𝗷𝗮𝗹𝗼𝗻𝗻𝗲́𝗲 𝗱𝗲 𝗱𝗶𝘀𝘁𝗶𝗻𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀
Le parcours de Massogbé Touré Diabaté est ponctué de reconnaissances qui retracent, année après année, l'ampleur de son influence :
𝗣𝗿𝗶𝘅 𝗱𝘂 𝗺𝗲𝗶𝗹𝗹𝗲𝘂𝗿 𝗲́𝗹𝗲𝘃𝗲𝘂𝗿 𝗦𝗔𝗥𝗔 𝟭𝟵𝟵𝟳, l'une de ses toutes premières distinctions publiques, saluant déjà son engagement dans le monde agricole.
𝗠𝗲𝗶𝗹𝗹𝗲𝘂𝗿𝗲 𝗳𝗲𝗺𝗺𝗲 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲𝗽𝗿𝗲𝗻𝗲𝘂𝗿𝗲 𝗶𝗻𝗱𝘂𝘀𝘁𝗿𝗶𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗱𝗲 𝗖𝗼̂𝘁𝗲 𝗱'𝗜𝘃𝗼𝗶𝗿𝗲, une reconnaissance qui consacre son rôle de pionnière dans l'industrialisation de la filière anacarde.
𝗣𝗿𝗶𝘅 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗺𝗲𝗶𝗹𝗹𝗲𝘂𝗿𝗲 𝗳𝗲𝗺𝗺𝗲 𝗮𝗳𝗿𝗶𝗰𝗮𝗶𝗻𝗲 𝗰𝗵𝗲𝗳 𝗱'𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲𝗽𝗿𝗶𝘀𝗲, décerné à Bruxelles, confirmant son rayonnement au-delà des frontières ivoiriennes.
𝗖𝗵𝗲𝘃𝗮𝗹𝗶𝗲𝗿 𝗱𝗲 𝗹'𝗢𝗿𝗱𝗿𝗲 𝗱𝘂 𝗠𝗲́𝗿𝗶𝘁𝗲 𝗮𝗴𝗿𝗶𝗰𝗼𝗹𝗲 𝗳𝗿𝗮𝗻𝗰̧𝗮𝗶𝘀 (𝟮𝟬𝟭𝟰), une première reconnaissance officielle de la République française pour son apport à l'agriculture.
𝗟𝗶𝘀𝘁𝗲 𝗙𝗼𝗿𝗯𝗲𝘀 𝗔𝗳𝗿𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝟱𝟬 𝗳𝗲𝗺𝗺𝗲𝘀 𝗮𝗳𝗿𝗶𝗰𝗮𝗶𝗻𝗲𝘀 𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗶𝗻𝗳𝗹𝘂𝗲𝗻𝘁𝗲𝘀, qui l'installe parmi les figures économiques majeures du continent.
𝗖𝗼𝗺𝗺𝗮𝗻𝗱𝗲𝘂𝗿 𝗱𝗲 𝗹'𝗢𝗿𝗱𝗿𝗲 𝗱𝘂 𝗠𝗲́𝗿𝗶𝘁𝗲 𝗔𝗴𝗿𝗶𝗰𝗼𝗹𝗲, un grade supérieur venu couronner des années d'engagement continu au service de la filière anacarde ivoirienne et africaine.
Chevalier de l'Ordre du Mérite agricole, figure des 50 femmes les plus influentes d'Afrique selon Forbes, meilleure femme entrepreneure industrielle de Côte d'Ivoire, les titres s'accumulent, mais celle qu'on surnomme la "reine de l'anacarde" reste avant tout une femme de terrain, fidèle à ses origines et à celles qui l'ont accompagnée depuis les premières récoltes.
Une aînée dont le parcours continue d'inspirer, à Odienné comme à Abidjan.