Tomy Perreon

Tomy Perreon Élevage et étude du ténébrion meunier (Tenebrio molitor) 🪱

Effets d'une sélection précoce des larves sur la métamorphose et le poids chez Tenebrio molitor Introduction Cette étude...
04/06/2026

Effets d'une sélection précoce des larves sur la métamorphose et le poids chez Tenebrio molitor

Introduction

Cette étude visait à évaluer, chez deux groupes de Tenebrio molitor suivis pendant un mois, le taux de transformation réussie de la nymphe à l'adulte, le taux de malformations ainsi que le poids moyen aux différents stades de développement (larve, nymphe, adulte). L'objectif était de comparer l'effet d'une sélection précoce basée sur la taille et l'aspect des larves (groupe A) par rapport à une absence de sélection larvaire (groupe B), en se limitant à une comparaison descriptive des résultats entre les deux groupes.

1. Matériel et méthodes

1.1. Élevage et conditions expérimentales

Un bac de dimensions 60 × 40 cm a été utilisé. Il contenait une quantité constante de son de blé. Les larves ont été nourries et hydratées tous les 3 à 4 jours avec des carottes, des peaux de banane et des plantes sauvages (ortie et pissenlit). L'alimentation était exclusivement biologique.
Les conditions environnementales (température, humidité) sont identiques pour les deux groupes. Au cours du mois de mai, la température moyenne a été de 22,9 °C et l'hygrométrie moyenne de 45,8 %.
Aucun écart de température n'a été constaté entre les différents bacs.

1.2. Critères et protocole de sélection des larves et nymphes

Deux groupes, A et B, ont été constitués.

· Groupe A (sélection précoce) : les larves ont été choisies en fonction de leur taille et l'aspect de leur cuticule (individus les plus gros et à cuticule saine). Elles ont été prélevées et conditionnées dans un bac de 40 × 30 cm contenant du son de blé, sans apport hydrique supplémentaire. Les nymphes issues de ces larves ont à leur tour été sélectionnées sur leur aspect, prélevées à la pince et placées dans un conteneur de mêmes dimensions avec de l'essuie-tout comme support.
· Groupe B (absence de sélection larvaire) : les larves sont restées dans le bac initial de 60 × 40 cm. Seules les nymphes ont été sélectionnées sur leur aspect, puis prélevées et conditionnées selon le même protocole que le groupe A.

Récapitulatif des bacs :

· Un bac initial (60 × 40 cm) contenant larves et nymphes des deux groupes.
· Un bac de 40 × 30 cm pour les larves sélectionnées du groupe A.
· Deux bacs de 40 × 30 cm pour les nymphes (un par groupe).

1.3. Mesures des poids et suivi de la métamorphose

Les poids moyens des trois stades (larve, nymphe, adulte) ont été mesurés pour chaque groupe. Plusieurs mesures ont été effectuées pendant ces 31 jours ; les valeurs minimales et maximales ont été enregistrées. Une moyenne a été calculée pour chaque stade des deux groupes sauf pour le stade larvaire qui ne contenait qu'une seule valeur.

Pour l'étude de la métamorphose, un suivi distinct a été réalisé sur un plus grand nombre de nymphes (2648 pour le groupe A, 7029 pour le groupe B). Trois issues ont été notées : adulte normal, adulte malformé (ailes ou exosquelette incomplets, déformations), décès.

Aucun test statistique n'a été appliqué. Les résultats sont présentés de manière descriptive afin de comparer les deux groupes.

2. Résultats et observations

2.1. Taux de transformation nymphe → adulte et malformations

Le groupe A présente un taux d'adultes normaux plus élevé (91,81 % contre 69,51 %), ainsi que des taux de malformations (6,46 % contre 22,42 %) et de mortalité nymphale (1,74 % contre 8,07 %) inférieurs à ceux du groupe B.

(voir en annexe)

2.2. Poids moyen des différents stades

Les poids moyens (en mg) et leur évolution entre les stades des deux groupes sont présentés en annexe.

Comparaison descriptive :

· Les larves du groupe A sont en moyenne 11 % plus lourdes que celles du groupe B.
· Les nymphes du groupe A sont en moyenne 40 % plus lourdes que celles du groupe B.
· Les adultes du groupe A sont en moyenne 31 % plus lourds que ceux du groupe B.

Évolution des poids intra-groupe :

Dans les deux groupes, le poids diminue de la larve à l'adulte. La perte entre larve et nymphe est de 38,25 mg (groupe A) contre 61,15 mg (groupe B). La perte entre nymphe et adulte est de 13,41 mg (groupe A) et 3,44 mg (groupe B). Le groupe B subit une perte plus marquée lors de la première phase de métamorphose.

3. Discussion

Cette étude montre qu'une sélection précoce des larves de Tenebrio molitor basée sur leur taille et l'aspect de leur cuticule (groupe A) améliore le succès de la métamorphose, réduit les malformations et augmente le poids des adultes par rapport à une absence de sélection larvaire (groupe B). Le groupe A présente un taux d'adultes normaux de 91,81 % contre 69,51 % pour le groupe B, des malformations réduites (6,46 % contre 22,42 %) et une mortalité nymphale plus faible (1,74 % contre 8,07 %). De plus, les adultes issus de larves sélectionnées sont plus lourds (130,16 mg contre 99,05 mg en moyenne).

Plusieurs mécanismes peuvent expliquer ces résultats. Les larves plus grosses et à cuticule saine possèdent probablement des réserves énergétiques plus importantes, ce qui favorise une métamorphose réussie. Dans le groupe B, l'absence de sélection conduit à inclure des individus de moindre qualité physiologique, augmentant ainsi les malformations et la mortalité. Enfin, bien que non testé ici, il est possible que les larves sélectionnées portent des traits génétiques favorables.

Ces résultats s'inscrivent pleinement dans ceux de Rumbos et al. (2021) et Adamaki Sotiraki et al. (2022), qui ont mis en évidence d'importantes variations de performance larvaire et adulte selon la souche géographique de T. molitor. Rumbos et al. (2021) ont montré que la croissance larvaire, l'efficacité alimentaire et la survie diffèrent considérablement entre souches, certaines d'entre elles présentant des compromis (trade offs) entre un poids final élevé et une durée de développement prolongée. Adamaki Sotiraki et al. (2022) ont étendu ces observations aux traits adultes : la production d'œufs, le taux d'éclosion et la survie des adultes varient également selon la souche. Les présents résultats complètent ces travaux en montrant qu'au sein d'une même souche, une sélection précoce opérée au stade larvaire permet d'obtenir des améliorations du poids, de la survie et de la qualité de la métamorphose qui rappellent celles observées entre souches génétiquement éloignées.

Par ailleurs, le protocole de cette étude se distingue des travaux de Morales Ramos et al. (2019). Ces auteurs ont rapporté qu’une sélection de huit ans sur la taille des nymphes augmente significativement le poids des adultes, mais induit une réduction de la survie larvaire, illustrant un trade off entre gain de taille et viabilité larvaire. Dans notre étude, la sélection précoce sur larves (taille + aspect cuticulaire) a amélioré le succès de la métamorphose (moins de mortalité nymphale et de malformations) sans que nous ayons mesuré l’effet sur la survie larvaire des générations suivantes. Il serait intéressant de vérifier si ce type de sélection précoce évite le trade off observé par Morales Ramos et al., ou si un compromis similaire apparaît à long terme.

Morales Ramos, Rojas et Tweedy (2025) ont montré qu'une sélection sur seulement trois générations, portant à la fois sur la durée de développement larvaire et le poids nymphal, modifie significativement ces traits ainsi que la fécondité et la survie des immatures. Leurs résultats confirment qu'une sélection ciblée, même sur un petit nombre de générations, peut produire des gains notables, ce qui renforce la pertinence du protocole de sélection précoce chez les larves (groupe A) utilisé ici.

Il convient néanmoins de considérer l’influence possible de la densité larvaire, car celle-ci peut affecter la qualité et la taille des nymphes (Morales Ramos et al., 2019). Dans le protocole de cette étude, les larves du groupe A ont été prélevées au sein du même bac initial que celles du groupe B, puis conditionnées dans un bac de plus faible densité. Si la densité a pu affecter la qualité de la nymphose, l’ampleur des différences observées entre les deux groupes (taux de réussite, poids, malformations) reste bien supérieure à ce que l’on pourrait attribuer raisonnablement au seul effet de la densité. Ainsi, l’impact de la densité dans cette étude apparaît faible, et la sélection précoce sur la taille et la cuticule demeure le facteur explicatif principal.

Ainsi, ces résultats soulignent que la sélection précoce, même simple et non invasive, peut être aussi bénéfique que le choix d'une souche performante, sans les inconvénients d'une sélection t**dive. Ces conclusions renforcent l'idée que l'optimisation des élevages de T. molitor peut reposer non seulement sur le choix de souches adaptées (Rumbos et al., 2021 ; Adamaki Sotiraki et al., 2022), mais aussi sur des pratiques de sélection intra souche précoces, comme celle testée ici.

4. Limites de l'étude

· Pour les larves, un seul lot a été pesé par groupe, ce qui ne permet pas d'estimer la variabilité entre lots ni de généraliser les résultats à d'autres élevages.
· Les effectifs de suivi de métamorphose (2648 et 7029) sont très inégaux, mais la comparaison descriptive reste possible.
· Aucun test statistique n'a été réalisé, les différences observées sont donc présentées à titre descriptif et ne peuvent être attribuées formellement à la sélection avec un risque d'erreur connu.

Malgré ces limites, les résultats sont cohérents et montrent des écarts importants entre les deux groupes (taux de réussite, malformations, poids des adultes).

Conclusion

La sélection des larves de Tenebrio molitor en fonction de leur taille et de l'aspect de leur cuticule (groupe A) permet d'obtenir, par rapport à une absence de sélection larvaire (groupe B) :

· un taux d'adultes normaux plus élevé (91,81 % contre 69,51 %) ;
· des taux de malformations (6,46 % contre 22,42 %) et de mortalité nymphale (1,74 % contre 8,07 %) réduits ;
· des adultes plus lourds (130,16 mg contre 99,05 mg en moyenne).

Ces avantages sont observables dès le stade larvaire (poids plus élevé) et se maintiennent à l'âge adulte. Cette méthode simple et non invasive peut donc être recommandée dans un cadre d'élevage ou de recherche pour améliorer la qualité et la productivité des colonies.

Des études futures avec plusieurs bacs indépendants et des mesures répétées permettraient de confirmer ces observations descriptives par une approche inférentielle.



Annexe

· Larves et nymphes (groupe A) - 12 mai 2026
https://www.facebook.com/share/p/1CwxGRHKqw/
· Adultes (groupe A) - 7 mai 2026
https://www.facebook.com/share/p/1DkszELcLw/



Références

Rumbos, C. I., Adamaki-Sotiraki, C., Gourgouta, M., Karapanagiotidis, I. T., Asimaki, A., Mente, E., & Athanassiou, C. G. (2021). Strain matters: Strain effect on the larval growth and performance of the yellow mealworm,Tenebrio molitor L. Journal of Insects as Food and Feed, 7(8), 1195–1206. https://doi.org/10.3920/JIFF2021.0035

Adamaki-Sotiraki, C., Rumbos, C. I., & Athanassiou, C. G. (2022). Strain effect on the adult performance of the yellow mealworm,Tenebrio molitor L. Journal of Insects as Food and Feed, 8(12), 1401–1410. https://doi.org/10.3920/JIFF2021.0207

Morales-Ramos, J. A., Kelstrup, H. C., Rojas, M. G., & Emery, V. (2019). Body mass increase induced by eight years of artificial selection in the yellow mealworm (Coleoptera: Tenebrionidae) and life history trade-offs. Journal of Insect Science, 19(2), 4, 1–9. https://doi.org/10.1093/jisesa/iey110

Morales-Ramos, J. A., Rojas, M. G., & Tweedy, D. (2025). Three-generation simultaneous selection in two quantitative traits of Tenebrio molitor (Coleoptera : Tenebrionidae) and seasonal effects on phenotype expression. Journal of Economic Entomology, 118(6), 2718–2730. https://doi.org/10.1093/jee/toaf197



Tomy Perreon, 4 juin 2026

Étude des paramètres zootechniques pour l'élevage de Tenebrio molitor (2025)Résumé Cette étude a suivi un élevage de Ten...
02/06/2026

Étude des paramètres zootechniques pour l'élevage de Tenebrio molitor (2025)

Résumé

Cette étude a suivi un élevage de Tenebrio molitor (ver de farine) sur une période d’environ 10 mois, afin d’évaluer les paramètres zootechniques suivants : taux de métamorphose adulte, poids moyen des imagos, densité de population, consommation alimentaire, rendement en larves par bac et efficacité de conversion alimentaire. L’élevage a été mené dans des conditions semi-contrôlées (18–22 °C selon l’emplacement des bacs, hygrométrie 35–45 %), avec un substrat à base de son de blé, un apport hydrique (eau et carottes) et un suivi via tableur Excel. Neuf bacs de production ont été analysés. Les résultats montrent une influence de la température, de la densité et de l'âge des imagos, et de l’apport en micronutriments (carottes) sur la croissance larvaire et l’indice de conversion. Le bac n°2 a présenté la meilleure productivité (4,4 kg de larves), tandis que le bac n°1, privé de carottes, a montré des signes de carence et un re**rd de croissance.



1. Introduction

Tenebrio molitor est une espèce d’insecte d’intérêt pour l’alimentation animale et humaine, en raison de sa richesse en protéines et de sa facilité d’élevage. L’optimisation des paramètres d’élevage (température, hygrométrie, densité, alimentation) est essentielle pour maximiser la production de larves et la survie des adultes. Cette étude vise à documenter les performances d’un élevage réalisé en conditions semi-contrôlées, en lien avec les apports nutritionnels et les conditions environnementales.



2. Matériel et méthodes

2.1 Installation et équipement

· Bacs d’élevage : Beekenkamp (60 × 40 × 19 cm)
· Grille de ponte : surface de 1925 cm²
· Durée de reproduction des adultes par bac : environ 10 jours
· Nombre total de bacs de larves produits : 9
· Logiciel de suivi : Excel
· Température ambiante : 18 à 22 °C
· Hygrométrie : 35 à 45 %

2.2 Alimentation (biologique)

· Substrat de base : son de blé
· Apport hydrique complémentaire : carottes (sauf pour le bac n°1 avec seulement de l'eau)

2.3 Suivi des métamorphoses

Le taux de métamorphose a été évalué mensuellement (juillet à octobre 2025) en distinguant :

· Adultes normaux
· Adultes malformés
· Nymphes décédées

2.4 Suivi des larves par bac

Pour chaque bac (1 à 9), ont été relevés :

· Consommation de son de blé, eau, carottes
· Masse totale de larves produites
· Nombre d’imagos ayant contribué à la ponte
· Durée de reproduction des imagos
· Durée de croissance des larves
· Indice de conversion : alimentation totale / kg de larves produites
· Densité d’imagos par cm² et par kg de larves produites



3. Résultats

3.1 Périodes de production

· Densité d’imagos : suivie du 13 juillet au 8 novembre 2025
· Production larvaire : du 1er août 2025 au 11 mai 2026 (ensemble des 9 bacs)

3.2 Évolution du poids moyen des imagos

Le poids moyen le plus bas des imagos (77 mg) début juillet est la conséquence d'une alimentation entièrement composée de plantes sauvages durant le mois de juin 2025.
Une alimentation à base de son de blé principalement et une sélection larvaire par la suite ont permis l'augmentation du poids moyen des imagos.
La densité d'imagos a été déterminée en fonction de leur poids moyen.

3.3 Performances par bac, taux de métamorphose et alimentation totale (imagos)

(voir en annexe)



4. Discussion

4.1 Influence de l’alimentation sur la croissance et la santé larvaire

Le bac n°1, nourri uniquement avec du son de blé et de l’eau (sans carotte), a présenté un indice de conversion plus élevé (6,7 kg d’aliment/kg de larves) ainsi qu’une durée de croissance prolongée (123 jours). De plus, les larves n’avaient pas terminé leur croissance à la récolte, et leur morphologie était anormale (cuticule foncée et tachée). Ces observations confirment que si le son de blé apporte des macronutriments (lipides, glucides, protéines, fibres), l’absence de micronutriments (vitamines, minéraux) issus de végétaux frais (carottes) dégrade la santé et l’efficacité de conversion.

Les bacs 2, 3, 4 et 5, ayant reçu des carottes, affichent de meilleurs indices de conversion (3,9 à 4,4) et des durées de croissance plus courtes (100–109 jours).

4.2 Effet de la température et de la position des bacs

Les bacs 6 à 9, placés près du sol avec une température constante d’environ 18 °C, ont présenté des durées de croissance plus longues (153 à 196 jours) que les bacs surélevés avec une température d'environ 22 °C (100–123 jours). La température apparaît donc comme un facteur limitant majeur pour le développement larvaire.

4.3 Densité d’imagos et productivité

Le bac n°2, malgré une densité d’imagos modérée (2,0/cm²), a produit la plus grande masse de larves (4,4 kg). Les bacs n°3 et 4, avec des densités d'imagos de 2,0–2,1/cm², ont donné de bons résultats (3,2 et 2,2 kg). En revanche, le bac n°5 où la densité a été volontairement réduite (0,98/cm²) a donné un faible rendement absolu (350 g).



5. Conclusion

Cet élevage de Tenebrio molitor en conditions semi-contrôlées a permis de quantifier l’impact de trois facteurs clés sur les performances zootechniques.

Alimentation : L’ajout de carottes (source de micronutriments) améliore nettement l’indice de conversion (3,9–4,4 contre 6,7 sans carotte) et réduit les anomalies de croissance.
Température : Une température ≥20 °C accélère le développement larvaire (103–123 jours contre 153–196 jours à 18 °C).
Densité d’imagos : Une densité d’environ 2 adultes/cm² offre le meilleur compromis entre productivité larvaire et efficacité.

Ces résultats soulignent l’importance d’un contrôle de la température et d’un apport végétal frais pour optimiser la production larvaire.

Enfin, les données chronologiques (annexe) suggèrent que les jeunes adultes sont plus productifs, le vieillissement réduisant la production.



Tomy Perreon, 2 juin 2026

Utilisation des plantes sauvages dans l’élevage de Tenebrio molitor Introduction L’élevage du ver de farine (Tenebrio mo...
21/05/2026

Utilisation des plantes sauvages dans l’élevage de Tenebrio molitor

Introduction

L’élevage du ver de farine (Tenebrio molitor) repose classiquement sur un substrat sec comme le son de blé ou l’avoine, complété par des fruits et légumes (pomme, carotte) pour l’hydratation. Les plantes sauvages fraîches, dont les feuilles contiennent naturellement plus de 85 % d’eau, constituent une alternative intéressante : elles améliorent l’hydratation, enrichissent le profil nutritionnel des larves et optimisent leur valeur pour les animaux insectivores. Quatre plantes comestibles et appréciées par le Tenebrio molitor sont présentées dans cette synthèse : le pissenlit (Taraxacum officinale), l’ortie (Urtica dioica), la ronce (Rubus fruticosus) et le noisetier (Corylus avellana).

1. Pissenlit et ortie

Le pissenlit se distingue par sa sécurité d’emploi. Avec 82-89 % d’eau, il hydrate aussi bien que les fruits et légumes traditionnels. Il apporte environ 2,3‑3,8 % de protéines en matière fraîche (soit 16‑17,5 % en matière sèche), des valeurs inférieures à celles de l’ortie mais comparables à celles de nombreux légumes frais. Son calcium peut atteindre 192 mg/100 g frais ; 204,68 mg/100 g sec (Murtaza et al., 2022), utile pour la minéralisation des insectivores. Très pauvre en tanins, il n’irrite pas le tube digestif des larves. Aucun effet négatif n’a été observé, même à forte dose. Il peut être distribué sans restriction, frais ou séché.

L’ortie présente une composition exceptionnelle : en matière sèche, elle contient de 16 à 34 % de protéines, soit 3,5‑4,5 % en matière fraîche, un niveau bien supérieur à celui du son de blé (environ 15‑18 % MS) et des fruits/légumes (souvent < 2 % frais). Elle est également très riche en calcium (168,77 mg/100 g MS ; Adhikari et al, 2016) (2,63-5,09 % MS ; Rafajlovska et al., 2013), fer (227,89 mg/100 g MS ; Adhikari et al, 2016), et en magnésium (2,51-3,56 % MS ; Rafajlovska et al., 2013), avec un profil complet d’acides aminés essentiels et d’acides gras insaturés (oméga‑3) (Rutto et al., 2013). Ses polyphénols (flavonoïdes, acides phénoliques) lui confèrent une activité antioxydante et antibactérienne in vitro (Devkota et al., 2022), mais ces effets restent à valider chez Tenebrio molitor.

Il est conseillé de ne donner que les feuilles et apex tendres, en écartant les tiges ligneuses. Comme le souligne Rafajlovska et al. (2013), les nutriments (protéines et minéraux) sont nettement plus concentrés dans les feuilles d’ortie que dans les tiges ou les racines, ce qui justifie de privilégier les parties aériennes tendres.

2. Ronce et noisetier

La ronce et le noisetier sont riches en tanins (Alasalvar et al., 2006 ; Association Nature Alsace Bossue (ANAB), 2023 ; Verma et al., 2014). Les tanins appartiennent à la famille des polyphénols, des composés naturels produits par les plantes pour se défendre contre les herbivores. Les polyphénols qui, contrairement à une idée reçue, n’entravent pas directement l’assimilation des protéines chez les insectes, mais génèrent un stress oxydatif dans le tube digestif (Barbehenn & Constabel, 2011). Ces deux plantes ont une teneur en protéines très faible, elles n’offrent aucun intérêt nutritionnel. Cependant, sur la base des propriétés documentées (Verma et al., 2014), les polyphénols de la ronce pourraient hypothétiquement exercer des effets antimicrobiens ou antioxydants chez Tenebrio molitor, sans que cela ait été démontré à ce jour. De très faibles doses ou des apports ponctuels mériteraient une évaluation spécifique.

3. Observations (retour d’élevage)

À forte dose et en utilisation prolongée :
- L'ortie peut durcir et brunir la cuticule des larves ; blocage alimentaire et ralentissement de la croissance.
- Ronce et noisetier, la cuticule des larves plus brillante et plus lisse ; ralentissement de la croissance.

L’alimentation exclusive à base de plantes sauvages, testée sur une durée d’un mois chez Tenebrio molitor, a conduit à un poids moyen des imagos de 77 mg, contre environ 100 mg avec le régime classique (son de blé + fruits/légumes).
Un substrat composé uniquement de feuilles sèches d'ortie conduit à un blocage alimentaire des larves, sans doute en raison des teneurs élevées en certains composés.
Ces résultats confirment que les plantes sauvages ne peuvent pas se substituer totalement au substrat de base, mais qu’elles constituent des compléments utiles pour l’hydratation et l’enrichissement nutritionnel.

Conclusion

Parmi les espèces étudiées, le pissenlit s’avère sûr, bien toléré et efficace pour l’apport en eau. L’ortie, très riche en protéines et en minéraux, est bénéfique à dose modérée, une utilisation excessive peut-être délétère. En revanche, la ronce et le noisetier, pauvres sur le plan nutritionnel et riches en tanins, doivent être évités ou utilisés avec une extrême parcimonie, sous surveillance de l’aspect des larves.

Des précautions impératives s’appliquent à toute introduction de plante sauvage : quantité modérée, progression graduelle, observation de la vitalité, de l’activité alimentaire et de l’état de la cuticule. En cas de signes anormaux, réduire les quantités ou retirer immédiatement la plante.

D’autres espèces comestibles mériteraient d’être explorées pour diversifier l’alimentation des larves, notamment le fraisier (feuilles et fruits), le trèfle (feuilles et fleurs), les épis d’ivraie, les fleurs d’acacia, ainsi que d’autres plantes et fleurs à découvrir selon leur disponibilité et leur composition. En l’absence d’études spécifiques, la prudence et l’observation restent essentielles.



Annexes

Composition macronutritionnelle du pissenlit (Taraxacum officinale) et de l’ortie (Urtica dioica)

(voir tableau en annexe)

Notes :
Les données relatives aux minéraux, vitamines et composés bioactifs (polyphénols, tanins, etc.) ne sont pas reprises dans ce tableau mais sont détaillées dans la synthèse (voir sections « Pissenlit » et « Ortie ») ainsi que dans les références citées en fin de document.

Légende :
· MF = matière fraîche
· MS = matière sèche
· Les fourchettes indiquent la variabilité entre études ou entre échantillons.

Remarques générales :
Les valeurs nutritionnelles des plantes sauvages varient considérablement selon la région, le climat, la qualité du sol, le stade de récolte et les méthodes d’analyse.

Références :
· Pissenlit :
1. ANSES (2026)
2. De Almeida et al. (2022)
3. Murtaza et al. (2022)
4. Christopher et al. (2025)
· Ortie :
5. Rutto et al. (2013)
6. Adhikari et al. (2016)
7. Rafajlovska et al. (2013)



Plantes sauvages utilisées durant mon élevage de Tenebrio molitor

• Pissenlit (Taraxacum officinale)
3 mai 2026
https://www.facebook.com/share/p/18Zm8rmKab/
27 avril 2026
https://www.facebook.com/share/r/1B2pbaLASW/
29 mars 2025
https://www.facebook.com/share/p/1bDYFsXtqS/
23 mai 2024
https://www.facebook.com/share/p/1EEMCy6ER5/
6 avril 2024
https://www.facebook.com/share/r/1E9rmgtSB3/
23 mars 2024
https://www.facebook.com/share/r/18oMYMkbjZ/

• Ortie (Urtica dioica)
7 mai 2026
https://www.facebook.com/share/p/1PMuqdSVT3/
7 mai 2026
https://www.facebook.com/share/r/19ipwGz7ca/
29 avril 2025
https://www.facebook.com/share/r/18auThE5gH/
10 mai 2024
https://www.facebook.com/share/r/1BBq3CkKMD/
5 mai 2024
https://www.facebook.com/share/r/17ghTeVgxE/
28 avril 2024
https://www.facebook.com/share/p/18a9BNTGDd/

• Ronce (Rubus fruticosus)
23 mai 2025
https://www.facebook.com/share/p/1GyFFsf8MG/
13 mai 2025
https://www.facebook.com/share/r/17wpDNZBMz/

• Noisetier (Corylus avellana)
28 mai 2025
https://www.facebook.com/share/r/1aKgcGLw7n/
5 mai 2025
https://www.facebook.com/share/p/1CGKDYpUFE/



Références

Adhikari, B. M., Bajracharya, A., & Shrestha, A. K. (2016). Comparison of nutritional properties of stinging nettle (Urtica dioica) flour with wheat and barley flours. Food Science & Nutrition, 4(1), 119–124. https://doi.org/10.1002/fsn3.259

Alasalvar, C., Karamać, M., Amarowicz, R., & Shahidi, F. (2006). Antioxidant and antiradical activities in extracts of hazelnut kernel (Corylus avellana L.) and hazelnut green leafy cover. Journal of Agricultural and Food Chemistry, 54(13), 4826–4832. https://doi.org/10.1021/jf0601259

ANSES. (2026). Pissenlit, cru (aliment nᵒ 20038 ). Dans Ciqual – Table de composition nutritionnelle des aliments. https://ciqual.anses.fr/ #/aliments/20038/pissenlit-cru

Association Nature Alsace Bossue (ANAB). (2023, 8 février). La Ronce commune (Rubus fruticosus) et la Ronce bleue, (Rubus caesius). Nature Alsace Bossue. https://naturealsacebossue.over-blog.com/2023/02/la-ronce-commune-rubus-fruticosus-et-la-ronce-bleue-rubus-caesius.html

Barbehenn, R. V., & Constabel, C. P. (2011). Tannins in plant–herbivore interactions. Phytochemistry, 72(13), 1551–1565. https://doi.org/10.1016/j.phytochem.2011.01.040

Christopher, G. I., Udombon, E. J., Ekette, I. E., & Okon, L. S. (2025). Effect of processing on the proximate and phytochemical compositions of sun-dried dandelion (Taraxacum officinale) leaf meal. Journal Of Agriculture, Forestry & Environment, 9(1), 324–336. https://www.jafe.net.ng/index.php/home/article/view/172

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Devkota, H. P., Paudel, K. R., Khanal, S., Baral, A., Panth, N., Adhikari-Devkota, A., Jha, N. K., Das, N., Singh, S. K., Chellappan, D. K., Dua, K., & Hansbro, P. M. (2022). Stinging nettle (Urtica dioica L.): Nutritional composition, bioactive compounds, and food functional properties. Molecules, 27(16), 5219. https://doi.org/10.3390/molecules27165219

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Tomy Perreon, 21 mai 2026

12/05/2026

Mon tamis rentre parfaitement dans le seau, je tamise directement dedans. J'utilise le tamis de 1 mm pour une filtration plus efficace avec cette quantité de vers. J'affinerai la filtration plus t**d avec le 0,6 mm pour récupérer un peu de son.
Ces vers sont les plus gros issus de mes précédentes récoltes. Je ne mets pas trop de substrat pour que les vers soient plus visibles et pour pouvoir récolter à la pince les plus beaux pour la reproduction.

Vers et nymphes 🪱😉
12/05/2026

Vers et nymphes 🪱😉

Les derniers arrivant 🪲Belles couleurs ! 😍
07/05/2026

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