07/09/2026
✒ Journal de bord d'un patron de bar anxieux
Je vais parler de la peur, à nouveau.
Quelle fourbe !
On parvient à l’éloigner. À l’accompagner jusqu’à la sortie en la prenant par l’épaule.
Elle revient dès le lendemain, sourire aux lèvres, empruntant des chemins qu’on ne connaissait pas nous-mêmes.
En ce moment, il y a une petite musique qui me chatouille les oreilles.
Et même si je refuse parfois d’admettre qu’elle trouve le chemin de mon cœur, je suis obligé de constater qu’elle y parvient.
Encore une fois : la tête peut y croire… le ventre, lui, ne ment jamais.
La compétition !
Quand tu as grandi en étant « pas assez », tu développes un réflexe de survie. Tu surnages.
Tu jettes de la lumière en l’air, espérant que quelques âmes sensibles l’attrapent.
Le plus souvent, elle te retombe sur le front, noire, poussière de chagrin.
Se comparer, c’est tenter de se rassurer.
Et quand la peur est là, ce n’est rien de plus qu’un gros câlin dont on a besoin.
Pourtant, souvent, c’est le combat qu’on choisit.
Affronter pour gagner, pour prouver, pour apaiser l’être encore fragile qu’on porte en soi et qui dessine des histoires noires comme des prophéties pour pouvoir, plus t**d, fanfaronner à coups de « je te l’avais bien dit » !
A***s à la main, mâchoire serrée, cœur noir et endurci, on court aveuglément, prêt à frapper, sans s’apercevoir, ô naïveté, que c’est soi-même que l’on va blesser.
La bonne nouvelle ? La voir et lui parler rend la peur fragile, à son tour.
Cachée dans un recoin de notre âme, elle jubile. Exposée au grand jour, elle s’aveugle, s’amenuise, disparaît même, parfois.
Hier, j’ai jeté un peu de lumière en l’air.
Quel bonheur de lever les yeux et de voir quelques âmes sensibles s'y baigner.
Au revoir la peur.
Nos adieux seront pour un autre jour.
Reviens demain, si tu en as besoin. Cette fois, je te prendrai dans mes bras. Je crois que tu en as encore plus besoin que moi.
📷 Photo / Népal, avril 2022 ❤🇳🇵