11/06/2026
" L'alignement des planètes". Cette expression est revenue plusieurs fois dans la bouche de René Vandierendonck lors de cette rencontre de L'Âne Hilare de ce mercredi 10 juin.
Pendant le temps de l'enfance, dans un foyer aimant entre une mère du sud, née à Oran et un père ouvrier tisserand, taiseux, dur à la tâche qui lui a donné le sens du travail, il y a un instituteur, M Mal, qui vient à la maison dire aux parents que "pour René, il faut viser le bac plutôt que le certificat".
Une tête bien faite, une énergie débordante chez un élève qui aime l'école, heures de colle du dimanche matin compris car il a juste dépassé la ligne jaune d'un règlement rigide.
"No sport !" à la Churchill mais des leçons et devoirs parfaitement appris et cette responsabilité qu'on a devant les parents de "réussir".
C'est le temps des 30 Glorieuses : en avant !
Tout Droit en fac : droit public et sciences économiques qui auraient dû en faire un prof d'université, un enseignant-chercheur dans la foulée d'une thèse à la thématique improbable pour le commun des mortels.
C'est d'ailleurs l'homme qu'a épousé Agnès, psychologue, rencontrée en fac : un prof' de fac. Elle est la mère de ses 3 enfants.
"L'alignement des planètes" en a décidé autrement : un engagement de jeune juriste au CREAI -centre régional pour l'enfance et l'adolescence inadaptées-, la rencontre avec Sœur Huguette, grande amie d'André Diligent et le copain de fac Jean-René Lecerf qui sait que le tout nouveau maire de Roubaix élu en 1983 cherche un Directeur de cabinet.
Le nom de René Vandierendonck s'impose un 2 septembre 1983. A 32 ans, René Vandierendonck est Directeur de cabinet d'un sénateur-maire qui découvre le métier dans un Roubaix attaqué de toute part.
Il faut rendre leur fierté aux Roubaisiens quand alors, un Arthur Notebaert, maire de Lomme, Président de la Communauté Urbaine de Lille, tire la couverture à lui en matière d'argent public avec ce métro, le VAL, qui termine sa course dans les pâtures lommoises. Le tandem Diligent/Vandie travaille dur pour rééquilibrer la Métropole naissante. On évoque alors le nom de Jules Clauwaert, la Charte des Grands maires et Pierre Mauroy après l'épique squattage de la préfecture de Lille par Diligent et les autres qui demandent théâtralement une égalité de traitement entre les 2 versants de la métropole.
Ça va durer presque 40 ans pour René Vandierendonck, le natif d'Ennetieres-en-Weppes, qui ne connaissait que le Roubaix de la rue Charles Quint pour cause d'une amourette d'adolescents.
-Aimer les gens, -travailler les dossiers,
-gamberger autour d'une omelette cuisinée chez le patron jusqu'à 2 heures du matin,
-rendre sa dignité à la ville.
1er adjoint à Roubaix, vice-président à la CUDL, élu au Conseil Régional sous les mandats de Pierre Mauroy, Michel Delebarre, Marie-Christine Blandin puis Daniel Percheron lui font un bon réseau d'amis politiques, de gauche et de droite qui l'emmèneront vers le Sénat quand après presque 3 mandats roubaisiens, il a épuisé le charme du mandat de maire. Une 5eme place sur la liste de Martine Aubry fait "rentrer Cosette au Sénat", s'amuse-t-il. Dans ce club anglais, vice-président de la délégation territoriales et à la décentralisation, l'universitaire refait surface : "hommes de droite, hommes de gauche, il y'a des gens bien partout. C'est en cherchant au fond des yeux de l'autre que je vois sa sincérité". Cette leçon lui vient d'André Diligent.
Le pouvoir ne l'a pas grisé, pouvoir qu'il a quitté à 67 ans pour cultiver son jardin, retrouver la famille et chouchouter ses 7 petits-enfants, comme il ne l'a pas fait avec ses 3 enfants, du côté des 7 Vallées dans le si vert Pas-de-Calais de son épouse.
Un homme de projets, un homme de pouvoir qui sait que seul, on ne fait rien. Pas de nostalgie lors de cette rencontre, juste la conscience d'avoir fait le boulot même aux pires moments quand la mort s'invite inopinément dans la cité et qu'on partage des moments de vie injustes avec ses concitoyens. On lui a refait le coup du "quel monument aimeriez-vous qui garde la mémoire de votre nom ?" Là où André Diligent avait concédé que "si le musée...", lui ne répond pas.
"Non, non. Avec le nom que j'ai, je ne veux pas imposer de pensum orthographique à personne" sourit-il.
Van-die-ren-donck !
On n'a pas parlé de politique politicienne : ce n'est ni le lieu, ni le moment ; juste la rencontre avec un Homme, ses convictions qui se reconnaît un défaut : l'impulsivité.
La rencontre s'est terminée autour d'une planche gourmande comme Aline Assimacopoulos et Léo savent les faire. C'est à l'Ane hilare qu'on ne remerciera jamais assez pour l'accueil.
Luc h