16/06/2026
Aujourd'hui focus sur le premier des quatre styles BJCP au menu de cette édition: Le vin d'orge anglais (17D)
Étant donné la date limite pour cette édition, le futur barleywine gagnant est certainement déjà en bouteille , mais nous allons explorer des pistes pour réussir son barleywine.
C'est le style à brasser pour tester les limites de ton installation (et de ta patience) lors d'une longue journée de brassage.
Qu'est-ce que c'est, concrètement ?
Historiquement, les aristocrates anglais l'ont créé pour concurrencer le vin de Bordeaux sur les tables de réception. On est sur une bière de garde ambrée à brune, très forte en alcool (généralement entre 10% et 14% ABV).
Contrairement à son cousin l'American Barleywine, qui dominé par l'aromatique des houblons , la version anglaise est tout en rondeur. C'est une ode au malt, à la complexité et au temps qui passe.
Le profil sensoriel
Au nez et en bouche : C'est un festival de fruits secs (pruneaux, raisins secs, figues), de caramel cuit, de toffee, de pain grillé et parfois de mélasse.
La texture : Le corps est énorme, huileux, presque sirupeux. La carbonatation est volontairement faible pour accentuer ce côté réconfortant.
L'alcool : Il est bien présent, mais s'il est bien brassé, il ne doit pas piquer les yeux. On cherche une chaleur douce, comme un bon cognac au coin du feu.
Le défi du brasseur amateur : Pourquoi on transpire ?
Brasser un English Barleywine à la maison, c'est un excellent moyen de comprendre la biochimie du brassage. Ça demande de s'adapter à plusieurs contraintes techniques :
Le rendement élevé : Avec une densité initiale qui frôle ou dépasse souvent les 1.100, ton ratio d'empâtage va être très serré. Attends-toi à voir ton efficacité de brassage chuter. C'est le moment idéal pour tester la technique du Parti-Gyle (faire une grosse bière avec le premier jus, et une petite bière de table avec le rinçage).
Plus d'infos sur le parti-gyle ici : https://byo.com/articles/introduction-to-parti-gyle-brewing/
L'ébullition à rallonge : Oublie les 60 minutes classiques. Pour un bon Barleywine, on pousse souvent l'ébullition à 2 ou 3 heures. Pourquoi ? Pour concentrer les sucres, bien sûr, mais surtout pour favoriser les réactions de Maillard qui vont donner cette couleur rubis profonde et ces notes de caramel complexes uniques.
La gestion des levures : Envoyer une levure classique dans un moût à 1.110, c'est l'envoyer à l'abattoir. Il te faut un ensemencement massif (pitch rate très élevé via un gros starter) et une oxygénation généreuse. Sinon, ta fermentation va s'arrêter à mi-chemin et tu te retrouveras avec un sirop de sucre imbuvable.
Plus d'infos sur le starter et le pitch rate ici : https://www.brewersfriend.com/yeast-pitch-rate-and-starter-calculator/
La vertu cardinale : La patience
Si tu es le genre de brasseur à boire ta bière 3 semaines après l'embouteillage, passe ton chemin ! Un English Barleywine jeune, c'est vert, alcooleux et déséquilibré.
Le vrai miracle opère après 6 mois, 1 an, voire plusieurs années de garde en bouteille ou en dame-jeanne. Avec le temps, l'amertume des houblons anglais (type East Kent Goldings) s'efface, l'alcool s'arrondit, et des notes d'oxydation noble (proches du Madère ou du Porto) font leur apparition.
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L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération