16/12/2025
Haïti- Politique : Rassemblement Citoyen plaide pour une transition haïtienne authentique et souveraine
Grand Sud , 16 décembre 2025 -
Face à l’aggravation de la crise multidimensionnelle qui secoue Haïti, des organisations de la société civile, dont Éveil du grand Sud, KOSIKO , APYLA , ICISP , Démarches citoyennes, réunies au sein de la structure dénommée Rassemblement citoyen , lancent un appel pressant en faveur d’une transition haïtienne authentique et souveraine, estimant que le pays a atteint un point de non-retour.
Dans un document signé par Ginette P Mathurin (Rasanbleman Sitwayen), Charlot Murat ( Eveil Grand Sud) , Marie Elise B. Gélin ( APYLA) , Isaac Wilfrid (KOSIKO) , Max Henry(ICiSP) , Rassemblement Cityen dit constater que quarante ans après l’enracinement de crises politiques récurrentes et plus de quatre années après l’assassinat du président Jovenel Moïse, la situation nationale est jugée alarmante. Insécurité généralisée, contrôle de vastes zones du territoire par des gangs armés, plus de 1,3 million de personnes déplacées, effondrement économique et paralysie institutionnelle constituent, selon les initiateurs du mouvement, les symptômes d’un État en grande difficulté. À cela s’ajoute l’échec du Conseil présidentiel de transition, incapable de répondre à ses missions fondamentales en matière de sécurité, de gouvernance, de réformes et d’organisation d’élections.
Pour le Rassemblement Citoyen , cette crise s’inscrit dans une longue trajectoire historique marquée par une fracture profonde entre les élites politico-économiques, qualifiées de « réseaux de prélèvement », et les couches populaires assimilées à des « noyaux de résistance ». Cette division, héritée de l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines, aurait affaibli la cohésion nationale et favorisé l’ingérence étrangère dans les affaires internes du pays.
Estimant qu’aucune solution durable ne peut émaner des acteurs traditionnels du pouvoir, le regroupement citoyen propose la mise en place, dès janvier 2026, d’un Gouvernement de Sauvetage National, fondé sur les principes de souveraineté, de participation citoyenne et de respect de la Constitution de 1987.
La transition proposée repose sur plusieurs axes majeurs. Le premier vise le rétablissement de la sécurité en moins de six mois, à travers des opérations ciblées contre les gangs, le renforcement des forces de sécurité et un meilleur contrôle des frontières. Le second concerne la reconstitution de l’État et de ses institutions, avec la création d’un Conseil des Sages composé de 15 membres issus des dix départements, de la diaspora et d’anciens experts. Ce Conseil serait chargé de désigner un président de transition intègre et compétent, idéalement issu de la Cour de cassation, ainsi qu’un gouvernement formé par des représentants de la société civile, sans implication des partis politiques ni ambitions électorales.
La troisième orientation porte sur une véritable décentralisation, jugée essentielle pour un développement équitable. Les organisations signataires réclament un transfert accru de ressources vers les régions et la nomination de délégués régionaux pour les grandes zones du pays. À cela s’ajoute l’organisation d’une Conférence nationale souveraine, destinée à redéfinir le contrat social, repenser la gouvernance et orienter un modèle de développement durable et régionalisé.
Enfin, la transition devrait aboutir à la tenue d’élections crédibles, organisées sur la base des décisions issues de cette conférence nationale.
Au-delà d’un simple gouvernement de transition, Rassemblement Citoyen affirme proposer un changement de trajectoire historique, fondé sur l’unité, la dignité et la responsabilité collective. Les organisations impliquées assurent ne revendiquer ni postes ni privilèges, mais se positionner comme des facilitateurs d’un processus de reconstruction nationale.
À travers cet appel, le regroupement invite les Haïtiens de l’intérieur comme de la diaspora à s’engager activement dans cette démarche citoyenne, estimant que l’avenir du pays ne peut plus être décidé par d’autres. « L’heure n’est plus aux divisions, mais à l’action collective », martèlent-ils, convaincus qu’Haïti peut encore écrire un nouveau chapitre de son histoire.
Dans un message empreint de symbolisme et d’espoir, le Rasanbleman Sitwayen conclut en invoquant l’héritage des ancêtres et en réaffirmant sa foi en la capacité du peuple haïtien à se relever : « Ayiti pap peri. Vive Haïti. »
Jacmel info