10/07/2026
🌿 Que vit-il réellement entre les rangs de vigne ?
Lorsque l’on se promène dans un vignoble, le regard se porte généralement sur les vignes. Celui du vigneron aussi.
Sur les feuilles.
Sur les grappes.
Sur l’évolution des raisins.
Mais lorsqu’on baisse les yeux, on découvre un deuxième monde.
Entre et autour de nos rangs de vigne poussent l’origan sauvage, la berce commune, le séneçon jacobée, le gaillet mou, le lotier corniculé, l’achillée millefeuille, la grande cardère, la chicorée sauvage et le millepertuis perforé.
Ensemble, ces plantes constituent déjà une diversité végétale impressionnante. Mais leur importance va bien au-delà du simple nombre d’espèces présentes.
Car chaque plante contribue, à sa manière, à un vaste réseau vivant. Et ce réseau influence également la santé et la résilience du vignoble.
En tant que domaine viticole certifié Fair’N Green, nous ne regardons donc pas uniquement la vigne et le raisin, mais l’ensemble de l’écosystème du vignoble. La biodiversité, la santé des sols et une gestion réfléchie des ressources naturelles en sont des éléments indissociables.
🌱 Sous la terre
Les différentes plantes possèdent des profondeurs et des structures racinaires différentes. Elles nourrissent et protègent ainsi la vie du sol, lui apportent de la matière organique et créent des espaces de vie pour les bactéries, les champignons, les vers de terre et de nombreux autres petits organismes.
Pour la vigne, cela signifie un sol doté d’une meilleure structure et d’une activité biologique plus importante. Les canaux formés par les racines et la matière organique peuvent favoriser l’infiltration de l’eau, contribuer à limiter l’érosion et participer au maintien d’un sol vivant dans lequel les éléments nutritifs sont décomposés, transformés puis rendus à nouveau disponibles.
Le sol n’est en effet pas seulement l’endroit où la vigne s’enracine : c’est un écosystème vivant dont elle fait elle-même partie. (oiv.int)
🐝 Parmi les fleurs
Les fleurs fournissent nectar et pollen aux abeilles, aux bourdons, aux syrphes, aux coléoptères et aux papillons. Toutes les fleurs ne conviennent pas à tous les insectes. C’est précisément la diversité des formes, des périodes de floraison et des hauteurs de végétation qui permet à de nombreuses espèces différentes d’y trouver leur place.
Cela est également important pour la vigne. Dans les vignobles, une végétation fleurie et riche en espèces est associée à une plus grande présence d’arthropodes utiles, notamment les coccinelles, les syrphes, les araignées et les guêpes parasitoïdes.
Certains d’entre eux sont des prédateurs ou des parasitoïdes d’organismes qui se nourrissent également de la vigne. Un environnement plus riche contribue ainsi à un équilibre plus naturel dans et autour du vignoble. (sciencedirect.com)
🕷️ Entre les tiges et les feuilles
Une végétation composée de différentes hauteurs crée des abris pour les araignées et d’autres ennemis naturels des insectes ravageurs. Ils participent à l’équilibre naturel du vignoble.
Un vignoble parfaitement tondu peut sembler bien entretenu, mais un vignoble où subsistent toujours, quelque part, de la végétation, des fleurs et différentes structures offre beaucoup plus de possibilités aux organismes utiles pour vivre, chasser et se reproduire.
Les recherches menées dans les vignobles montrent que la végétation spontanée et une gestion adaptée de la fauche peuvent favoriser la présence des ennemis naturels des ravageurs. (sciencedirect.com)
🐦 Au-dessus du sol
Là où il y a des insectes, les oiseaux viennent également. Et certaines plantes y contribuent directement : les graines de la cardère, par exemple, constituent plus t**d dans la saison une source de nourriture pour les oiseaux granivores.
La biodiversité d’un vignoble n’est donc pas constituée d’éléments isolés. Les plantes nourrissent les insectes. Les insectes servent de nourriture à d’autres insectes et aux oiseaux. Les végétaux morts deviennent à leur tour une source de nourriture pour la vie du sol. Et sous terre, le cycle recommence.
Ainsi se crée une chaîne :
davantage d’espèces végétales → davantage de structures racinaires → davantage de vie dans le sol → davantage d’insectes → davantage d’ennemis naturels → davantage de nourriture pour les oiseaux.
C’est, pour nous, l’essence même de la biodiversité.
Il ne s’agit pas simplement d’avoir de nombreuses plantes différentes les unes à côté des autres, mais d’un système vivant dans lequel une forme de vie permet l’existence d’une autre — et dans lequel la vigne a, elle aussi, toute sa place.
Et c’est peut-être ce qu’il y a de plus beau dans notre vignoble : des plantes qui, sur le papier, sont associées à des milieux différents poussent pourtant ici les unes à côté des autres et s’entremêlent.
Un endroit sec, une bordure abritée, un sol calcaire, une végétation plus haute et une prairie ouverte peuvent parfois se trouver à quelques mètres seulement les uns des autres.
Ensemble, ils ne forment pas un champ de fleurs soigneusement aménagé.
Ils forment un paysage vivant.
Un paysage qui retient l’eau, protège le sol, nourrit les insectes, abrite les ennemis naturels des ravageurs et attire les oiseaux.
Chaque plante ne doit pas nécessairement avoir une utilité directe pour la vigne. C’est précisément l’ensemble qui rend le vignoble plus riche et plus résilient.
L’OIV mentionne explicitement la promotion de la biodiversité et de la santé des sols comme des éléments essentiels à la santé écologique et à la résilience des écosystèmes viticoles. (oiv.int)
Et parfois, favoriser la biodiversité ne commence pas par planter quelque chose.
Parfois, cela commence simplement par regarder, comprendre… et décider, au bon moment, de laisser certaines plantes là où elles sont.
LES MAUVAISES HERBES N’EXISTENT PAS.
ET HEUREUSEMENT, ELLES NE DISPARAISSENT PAS. 🌿🍇