18/08/2026
🌱 **Ce soir, on a décidé de prendre notre courage à deux mains…**
Et d’aller dans un endroit où nous n’avions plus mis les pieds depuis presque **un mois**.
Notre grand potager de **1 hectare**, là où poussent nos carottes, nos choux, nos courges, nos pommes de terre et nos poireaux.
Pourquoi ne pas y être retournés plus tôt ?
Parce qu’il n’y a **pas d’eau sur ce terrain**.
Normalement, en Belgique, on passe quand même beaucoup plus de temps à **drainer qu’à irriguer** ! 😅
Mais cette année, pour amener de l’eau jusque-là, c’est toute une épopée : démarrer le tracteur, faire 2 km pour aller chercher l’eau dans le bas du village, remplir un cubi, installer une pompe, remettre le cubi sur le tracteur avec ses fines roues qui passent entre les lignes de légumes… et recommencer.
On a essayé.
Puis on a fait nos calculs.
Le carburant.
Le temps passé.
L’énergie dépensée.
Et vers la mi-juillet, on a fini par se dire qu’on ne pouvait plus continuer cette folie.
Alors on a fermé la barrière et on s’est dit : **« Hojala… »** 🙏
Fin juillet : pas une goutte.
Début août : toujours pas une goutte.
Et nous voilà presque fin août…
Alors ce soir, nous sommes allés **compter les morts sur le champ de bataille.** 😔
🥔 **Les pommes de terre ?**
La récolte va être vite faite… environ 5 mini-patates par plant. Une véritable catastrophe.
🥬 **Les choux ?**
Ils ont quasiment disparu. Entre la chaleur, la sécheresse et les altises, ils n’avaient aucune chance.
🎃 **Les courges ?**
Aucune courge. Pas même une fleur de courge.
🥕 **Les carottes ?**
Elles sont là… mais minuscules.
🧅 **Les poireaux ?**
Eux ont peut-être encore une chance. S’il se décide enfin à pleuvoir, ils pourraient peut-être repartir.
Et le plus dingue, c’est que **même les légumes que nous avons réussi à irriguer ont énormément souffert.**
🍅 Nos tomates ont, pour une grande partie, le fameux « cul noir ».
Et avec ces températures, la fécondation des fleurs a été catastrophique. Là où nous aurions dû avoir 5 ou 6 tomates par bouquet, il y en a parfois à peine 2 qui arrivent à maturité.
**L’hécatombe.**
💔 Au total, on estime nos pertes à **plus de 20.000 €**.
Et pourtant…
À la Ferme de la Source, nous avons une chance énorme : celle d’avoir choisi de **nous diversifier au maximum**.
Cette année, malgré cette catastrophe au potager :
🐷 vous avez été nombreux à nous commander des colis de porc,
🐂 les colis de bœuf ont également très bien fonctionné,
🌾 notre récolte d’épeautre est magnifique, et il y aura donc beaucoup de farine et beaucoup de pain,
🛒 notre petit magasin, où nous vous proposons des centaines de produits locaux et bio, a très bien tourné tout l’été,
🐴 Léo continue à faire pas mal de maréchalerie…
Toutes ces petites activités, mises les unes à côté des autres, **nous permettent de tenir debout.**
Et c’est justement pour cela que ce soir, nous pensons énormément aux maraîchers qui n’ont pas la possibilité, les moyens ou l’énergie de se diversifier autant que nous.
Pour certains, cette année ne signifie pas simplement moins de légumes.
Elle signifie **des milliers, voire des dizaines de milliers d’euros de pertes.**
Des charges qui, elles, continuent à tomber.
Des emprunts à rembourser.
Du travail qui a été fait pendant des mois… pour parfois ne quasiment rien récolter.
Et certains vont peut-être devoir **s’endetter pour simplement passer l’hiver.**
Cette année est déjà extrêmement difficile.
Et quand on regarde les années qui se suivent, avec des printemps de plus en plus compliqués, des épisodes de sécheresse, des canicules, des pluies au mauvais moment…
On ne peut pas s’empêcher de se demander :
**combien de temps nos maraîchers et nos agriculteurs pourront-ils encore encaisser ?**
Alors oui, ce soir, notre hectare de légumes nous a mis une sacrée claque.
Mais on mesure aussi la chance que nous avons d’avoir **plusieurs cordes à notre arc**.
Et on pense très fort à ceux qui, eux, n’ont pas cette sécurité.
❤️ **Soutenir nos producteurs locaux, ce n’est pas seulement acheter leurs légumes quand tout va bien. C’est aussi leur permettre de continuer à exister quand une année comme celle-ci leur tombe dessus.**