14/05/2025
À presque 65 ans, je suis sur le point d’atteindre un cap important — pas seulement en âge, mais en prouvant quelque chose que beaucoup de gens doutent à propos du vieillissement.
Je suis pilote de ligne depuis 36 ans. Je ne suis pas un génie ni un prodige destiné à la NASA ou au JPL, mais j’ai toujours fait mon travail avec sérieux, et je suis resté humble. Durant les 25 dernières années, j’ai piloté le Boeing 767, un avion relativement simple comparé aux merveilles technologiques que l’on voit aujourd’hui.
Puis est arrivé le défi : apprendre à piloter l’Airbus A350, l’avion de ligne le plus avancé et complexe en service actuellement.
Ce n’était pas juste un pas en avant — c’était un saut dans un tout nouvel univers. L’Airbus est totalement différent des avions Boeing, à presque tous les niveaux, et le programme de formation pour le A350 est tout sauf une promenade de santé. On parle ici d’un manuel de formation de 7 000 pages, d’innombrables vidéos, de six semaines éprouvantes de simulateur, et d’examens oraux et numériques particulièrement difficiles.
Et pour rendre les choses encore plus intimidantes, j’étais la personne la plus âgée à avoir tenté le programme de qualification initiale sur A350 chez Delta. On m’avait prévenu — certains avec bienveillance, d’autres non — que même des pilotes plus jeunes avaient du mal avec cette formation, et qu’à mon âge, c’était peut-être impossible.
« Tu n’y arriveras pas, le vieux », disaient-ils.
Eh bien… conneries !
J’ai suivi la formation et, à ma grande surprise, je l’ai trouvée tout à fait gérable. La complexité ? Bien sûr, elle était là, mais elle ne m’a pas paru plus difficile que lorsque j’ai appris à piloter le MD-11 à 34 ans. Même si le A350 est nettement plus avancé, je n’ai ressenti aucun déclin dans ma capacité d’apprentissage. En fait, j’ai réussi le programme haut la main, sans difficulté.
Si moi je peux faire ça — apprendre et maîtriser un système aussi complexe à plus de 60 ans — alors n’importe qui peut y arriver.
L’âge n’est pas la barrière qu’on vous fait croire.
Oui, pour certains, l’apprentissage ralentit à 30, 40 ou 50 ans. Mais pour d’autres, la capacité à comprendre des concepts nouveaux et complexes persiste jusqu’à 60, 70 ans, voire bien au-delà. Certaines personnes restent brillantes jusque dans leurs 90 ans.
Voici ce qu’il faut retenir :
N’assumez jamais qu’une personne est trop âgée pour apprendre ou évoluer.
Ne vous excluez jamais vous-même, quel que soit votre âge.
Ne sous-estimez pas les personnes âgées — vous pourriez être surpris de voir à quel point elles sont capables.
Traitez les gens, en particulier les plus âgés, avec le respect et la dignité qu’ils méritent.
Parce qu’un jour, vous aussi vous serez à notre place.
Et croyez-moi, vous apprécierez qu’on vous traite avec gentillesse et respect.