Dr Wetchoko

Dr  Wetchoko Dr Wetchoko met à votre service plus de 15 ans d’expérience dans le domaine de la nutrition

Félicitations à notre jeune médecin diplômée et qui dès le début est initié à la médecine fonctionnelle et surtout la pr...
24/06/2026

Félicitations à notre jeune médecin diplômée et qui dès le début est initié à la médecine fonctionnelle et surtout la prise en charge de l’histamine. Son mémoire sur le Early Life stress et les modifications épi génétiques a eu une très belle note. Merci Laetitia pour ta confiance en mon travail et je te souhaite de belles vacances.

Maladie de Ménière : et si le vertige n'était que la partie émergée de l'iceberg ?Lorsque ce patient consulte pour des v...
23/06/2026

Maladie de Ménière : et si le vertige n'était que la partie émergée de l'iceberg ?

Lorsque ce patient consulte pour des vertiges violents accompagnés de vomissements et de diarrhées, le diagnostic de maladie de Ménière est finalement posé.

Mais en relisant son histoire, une question s'impose : La maladie de Ménière a-t-elle réellement commencé dans l'oreille interne ?

Pendant plus de 30 ans, son organisme envoyait déjà des signaux : Psoriasis chronique, Thyroïdite de Hashimoto sévère, Angines à répétition, Zona lors des périodes de stress, Herpès récidivant, Mycoses chroniques, Prise de poids abdominale progressive, Envies de sucre importantes, Fatigue chronique, Réveils t**difs et Troubles de l'humeur

La biologie racontait la même histoire :
1- Auto-immunité thyroïdienne active (Anti-TPO > 2778)
2-Stress oxydatif progressif (Ferritine en augmentation, Acide urique en augmentation, Glutathion en diminution, LDL oxydées positives)
3- Insulinorésistance progressive (Triglycérides > 180 mg/dL, Non-HDL > 130 mg/dL et Insuline à 77 pmol/L)
4- Dysbiose chronique ( Hippurate massif, Helicobacter pylori positif, Infections fongiques persistantes)
5- Chute progressive de la DHEA sulfate (Associée à une sensibilité aux salicylates, aux phénols et probablement aux sulfites).

L'enseignement de ce dossier est simple :
1-La maladie de Ménière n'est probablement pas apparue du jour au lendemain, le vertige est arrivé en dernier.
2-L'inflammation, l'auto-immunité, le stress oxydatif, les perturbations métaboliques et les difficultés d'adaptation étaient présents depuis longtemps.

Cela ne signifie pas que ces mécanismes sont la cause unique de la maladie mais qu'il est parfois utile de regarder au-delà de l'oreille interne car lorsque le corps parle depuis trente ans, le vertige n'est peut-être que son dernier message.

⚠️ Comme toujours, il convient de distinguer les faits établis, les hypothèses physiopathologiques plausibles et les observations cliniques. L'objectif n'est pas d'affirmer des certitudes mais d'ouvrir des pistes de compréhension pour mieux accompagner les patients.
Dr Lucie Wetchoko Lucie

Le message le plus porteur d'espoir lors d'un RDV  n'est pas seulement que vous allez mieux, mais que l' organisme a dém...
23/06/2026

Le message le plus porteur d'espoir lors d'un RDV n'est pas seulement que vous allez mieux, mais que l' organisme a démontré biologiquement et cliniquement sa capacité à revenir vers la vie après avoir traversé une période où tout semblait indiquer l'inverse.

Dans ce cas, le passage le plus fort est probablement celui-ci :

« Passer de 40 kg à 52 kg sans intervention médicale agressive, sans traitement lourd et dans un contexte de meilleure tolérance générale n’est pas un détail biologique. C’est un signal fort. »

« Cela signifie que l' organisme a retrouvé une partie de ses capacités d’assimilation, de réparation et d’adaptation. »

Pourquoi ce passage est-il si important ?

Parce qu'un organisme qui continue à s'effondrer ne reprend généralement pas 12 kg, ne réassimile pas les nutriments, ne retrouve pas de motivation, ni l'envie de faire des projets.

Plusieurs éléments objectivés : reprise pondérale significative, amélioration de l'énergie, meilleure assimilation digestive, retour de l'envie d'agir, réapparition des projets, capacité à se projeter dans l'avenir.

Autrement dit, le corps n'est plus dans une logique de survie exclusive, il recommence à investir de l'énergie dans la reconstruction.

Lors de l'échange, l'une des phrases marquantes: les symptômes actuels prennent un autre sens, Ils peuvent également être compris comme les manifestations d’un système nerveux qui sort progressivement d’une longue période de survie. »

Beaucoup de personnes s'inquiètent lorsque l'anxiété, les émotions ou les peurs réapparaissent. Pourtant, dans certains parcours de reconstruction, ces manifestations apparaissent justement lorsque l'organisme dispose enfin de suffisamment de ressources pour traiter ce qui avait été mis en attente pendant des années.

Enfin, la phrase qui résume le mieux l'échange: "Votre organisme a quitté progressivement la phase d’effondrement pour entrer dans une phase de reconstruction." C'est un message d'espoir réaliste, sans aucune promesse de guérison instantanée, une reconnaissance des difficultés encore présentes sans minimiser les fragilités.

L'échange a montré quelque chose de fondamental : la direction du mouvement a changé. Pendant des années, le corps perdait du terrain, aujourd'hui, malgré les symptômes encore présents, plusieurs indicateurs indépendants montrent qu'il en regagne.

En médecine fonctionnelle comme en médecine classique, la direction de l'évolution est souvent plus importante que la photographie d'un symptôme à un instant donné.

Dr Lucie WETCHOKO

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Deux DAO, même acronyme, deux enzymes totalement différentes.Une patiente a hésité à prendre de  la DAO en compléments a...
22/06/2026

Deux DAO, même acronyme, deux enzymes totalement différentes.

Une patiente a hésité à prendre de la DAO en compléments alimentaires.

Pourquoi ?

Parce qu'elle avait lu que la « DAO transforme la glycine en oxalate ».

Elle avait lu une information scientifiquement correcte mais elle l'avait appliquée à la mauvaise enzyme.

🔹 La DAO utilisée comme complément alimentaire

Il s'agit de la Diamine Oxydase (DAO), codée par le gène AOC1.

Cette enzyme est présente dans plusieurs tissus de l'organisme, notamment au niveau intestinal où elle participe à la dégradation des amines biogènes issues de l'alimentation.

Elle dégrade notamment l'histamine, la putrescine et la cadavérine.

Elle contribue ainsi à la gestion de la charge en histamine et en polyamines alimentaires.

Ses principaux cofacteurs sont le cuivre et le FAD.

🔹 La DAO impliquée dans certaines voies conduisant au glyoxylate

Il s'agit de la D-Amino Acid Oxidase (DAAO), codée par le gène DAAO.

Elle est exprimée principalement dans le cerveau, le rein et le foie.

Son rôle est totalement différent , elle participe au métabolisme de plusieurs D-acides aminés, notamment la D-sérine.

Cette enzyme peut intervenir dans certaines voies métaboliques conduisant à la formation de glyoxylate, précurseur potentiel des oxalates.

👉 Même acronyme.

👉 Deux gènes différents.

👉 Des protéines différentes.

👉 Des localisations différentes.

👉 Des fonctions biologiques différentes.

Ce qui m'a interpellée dans cette histoire n'est pas l'erreur.

C'est la démarche de la patiente.

Elle cherchait à comprendre, elle lisait les publications disponibles, elle comparait les informations, elle essayait d'être actrice de sa santé.

Mais il lui manquait un élément essentiel : le contexte biologique permettant de distinguer deux enzymes portant le même nom.

Ce qu'il faut retenir

✔ DAO (Diamine Oxydase / AOC1)

→ enzyme impliquée dans la dégradation de l'histamine et de certaines polyamines.

✔ DAAO (D-Amino Acid Oxidase)

→ enzyme impliquée dans le métabolisme de certains D-acides aminés.

✔ Malgré leur acronyme identique, elles n'ont ni la même structure, ni le même gène, ni la même fonction.

✔ À ce jour, aucune donnée scientifique ne suggère que la supplémentation en Diamine Oxydase augmente la production d'oxalates ou favorise une hyperoxalurie.

Cette histoire rappelle une réalité importante : La médecine ne se résume pas à accumuler des informations, elle consiste aussi à relier correctement les informations entre elles. Parfois, une confusion entre deux acronymes suffit à interrompre une stratégie qui fonctionnait et parfois, la précision du vocabulaire devient un véritable outil thérapeutique.

Comprendre sa maladie est essentiel.

Comprendre précisément les mots utilisés pour la décrire l'est tout autant.

— Histamine & Moi

Un cas clinique m'a récemment rappelé à quel point les maladies chroniques complexes ne peuvent pas être comprises à tra...
21/06/2026

Un cas clinique m'a récemment rappelé à quel point les maladies chroniques complexes ne peuvent pas être comprises à travers une seule cause.

Trop souvent, nous cherchons « le » responsable :un virus, un traumatisme, un gène, une carence et un stress.

La réalité est souvent plus nuancée.

Imaginez un patient présentant un terrain familial inflammatoire et allergique, des antécédents de stress précoce, une urticaire chronique depuis plusieurs années, des hypersensibilités médicamenteuses et des troubles digestifs fonctionnels anciens.

Pendant longtemps, ce terrain reste relativement compensé, puis survient une première infection virale majeure.

Il apparait alors la fatigue persistante, la dysautonomie, la tachycardie orthostatique, les intolérances alimentaires et les hypersensibilités multiples.

Quelques années plus t**d, une seconde infection agit comme un nouveau facteur déclenchant.

Cette fois, la décompensation devient sévère : perte de poids importante, intolérance à l'effort, hypersensibilité sensorielle, limitation fonctionnelle majeure.

Ce type de trajectoire nous rappelle que la maladie chronique est souvent le résultat d'une interaction entre le terrain biologique, l'histoire développementale, le système immunitaire, le microbiote, les infections, les mécanismes neurovégétatifs et les facteurs psychologiques et environnementaux.

L'enjeu n'est donc pas de choisir entre une explication « psychologique » ou « organique ».

L'enjeu est de comprendre comment plusieurs systèmes interagissent et finissent par dépasser les capacités d'adaptation de l'organisme.

La médecine des maladies chroniques complexes nous invite à abandonner les raisonnements simplistes pour adopter une vision intégrative, systémique et évolutive du patient.

Dr Wetchoko Lucie

Pourquoi certains patients continuent-ils à souffrir malgré les antihistaminiques ?Pendant longtemps, nous avons considé...
15/06/2026

Pourquoi certains patients continuent-ils à souffrir malgré les antihistaminiques ?

Pendant longtemps, nous avons considéré les mastocytes comme les principaux responsables des symptômes : histamine, rougeurs, démangeaisons, réactions alimentaires, brûlures des muqueuses...

Mais si les mastocytes n'étaient parfois qu'une partie de l'histoire ?

Les recherches récentes mettent en lumière un dialogue permanent entre le système immunitaire et le système nerveux. Les mastocytes vivent au contact direct des fibres nerveuses sensitives.

Lorsque certains nerfs deviennent hypersensibles notamment le trijumeau (V), le facial (VII), le glossopharyngien (IX) ou le vague (X), ils libèrent des neuropeptides inflammatoires tels que la Substance P et le CGRP.

Ces molécules activent les mastocytes qui libèrent alors de l'histamine et d'autres médiateurs inflammatoires. L'histamine sensibilise davantage les nerfs et un n véritable cercle vicieux s'installe :

➡️ Nerf sensibilisé

➡️ Activation mastocytaire

➡️ Histamine

➡️ Inflammation neurogène

➡️ Sensibilisation nerveuse accrue

La question devient alors : qu'est-ce qui sensibilise ces nerfs ?

Parmi les déclencheurs les plus fréquents :

🔹 Les virus neurotropes (EBV, HSV, VZV, HHV-6...) qui peuvent persister dans les ganglions nerveux pendant des années.

🔹 Le stress chronique qui entretient un état d'hypervigilance neuro-immunitaire.

🔹 Certains composés alimentaires chez les personnes prédisposées, notamment les salicylates, qui peuvent agir comme amplificateurs sur un terrain déjà sensibilisé.

Un élément particulièrement intéressant observé en pratique clinique est que certains patients présentant des brûlures buccales, des douleurs neuropathiques ou des hypersensibilités muqueuses rapportent parfois une amélioration sous traitement antiviral. Cette observation ne prouve pas à elle seule une causalité, mais elle rappelle l'importance de considérer le rôle potentiel des virus neurotropes dans l'entretien d'une inflammation neuro-immune chronique.

Cette vision permet de comprendre pourquoi certains patients :

✔️ réagissent à de nombreux aliments ;

✔️ présentent des brûlures buccales ou digestives ;

✔️ développent une hypersensibilité diffuse ;

✔️ répondent peu aux antihistaminiques seuls ;

✔️ peuvent parfois présenter une amélioration partielle sous certaines approches antivirales.

Dans ces situations, il ne suffit pas toujours de « bloquer l'histamine ».

Il faut parfois prendre en charge l'ensemble du réseau neuro-immunitaire : mastocytes, fibres nerveuses, stress chronique et facteurs infectieux persistants.

Les mastocytes parlent aux nerfs, ceux-ci parlent aux mastocytes. C'est souvent dans cette conversation que se cache la clé de compréhension de symptômes chroniques restés inexpliqués pendant des années.

Dr Lucie WETCHOKO

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« J’ai traité les parasites. J’ai traité les champignons. J’ai traité les bactéries. Alors pourquoi ça me gratte toujour...
14/06/2026

« J’ai traité les parasites. J’ai traité les champignons. J’ai traité les bactéries. Alors pourquoi ça me gratte toujours ? »

C'est une question que certains patients finissent par poser après des mois, parfois des années, d'errance thérapeutique.

Le prurit a**l chronique est souvent abordé sous un angle infectieux :

✔️ Parasites

✔️ Dysbiose bactérienne

✔️ Candidose

✔️ Irritations locales

Et il est vrai que ces causes existent mais lorsqu'un patient continue à se gratter malgré des traitements antiparasitaires, antifongiques ou antibiotiques correctement conduits, il faut parfois élargir le raisonnement.

Et si le problème n'était plus uniquement dans l'intestin mais le système nerveux ?

Chez certains patients, on observe un phénomène d'hypervigilance neuro-immunitaire.

Le cerveau apprend à surveiller en permanence les sensations corporelles.

Le stress chronique active le système orthosympathique, les fibres nerveuses sensitives deviennent plus réactives, les mastocytes libèrent leurs médiateurs inflammatoires, l'histamine augmente la perception des sensations et les démangeaisons apparaissent.

Puis le cercle vicieux s'installe :

👉 Stress → activation nerveuse

👉 Activation nerveuse → activation mastocytaire

👉 Activation mastocytaire → histamine, tryptase, cytokines

👉 Histamine et cytokines→ stimulation des fibres du prurit

👉 Prurit → grattage

👉 Grattage → nouvelle activation nerveuse

Le système finit par entretenir lui-même le symptôme.

Dans ce contexte, le patient n'est ni "dans sa tête", ni simplement porteur d'un parasite. Il présente une véritable interaction entre le système nerveux, le système immunitaire, les mastocytes,, l'histamine et le stress chronique.

C'est la raison pour laquelle certains patients répondent parfois mieux à une approche associant une stabilisation mastocytaire, une prise en charge du sommeil, une réduction de l'hypervigilance, un travail sur le système nerveux autonome qu'à la répétition de traitements anti-infectieux.

Comme souvent en médecine fonctionnelle, la question n'est pas : « Quelle est LA cause ? » mais plutôt : « Quelles sont les voies biologiques qui entretiennent encore le symptôme aujourd'hui ? »

Comprendre cette différence peut transformer la prise en charge de certains prurits chroniques restés inexpliqués pendant des années.

L'objectif est d'ouvrir des pistes de compréhension et de recherche, pas d'affirmer des certitudes.

Dr Lucie WETCHOKO

Prochain congrès 14-15/11/2026 sur Histamine /gynécologie/PME/obstétrique.

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Hyperéosinophilie, histamine, mastocytes : faut-il toujours chercher un parasite ?Lorsque l'on observe une hyperéosinoph...
11/06/2026

Hyperéosinophilie, histamine, mastocytes : faut-il toujours chercher un parasite ?

Lorsque l'on observe une hyperéosinophilie, une activation mastocytaire ou une symptomatologie compatible avec une réponse TH2, la tentation est souvent de rechercher immédiatement un parasite puis de vouloir l'éradiquer.

Cette démarche est parfaitement légitime. Les parasites, en particulier les helminthes, font partie des grands inducteurs physiologiques de la réponse TH2 et constituent une cause classique d'élévation des éosinophiles et des IgE.

Cependant, l'a**lyse de certains dossiers cliniques conduit à s'interroger sur une vision parfois trop simplificatrice consistant à assimiler systématiquement :

« Histamine = parasites »

La réalité biologique apparaît souvent plus complexe.

1-Un cas clinique qui invite à élargir le raisonnement

2-Un dossier récent m'a particulièrement interpellée.

Cette patiente présente :

une dermatite atopique depuis l'enfance ;
une rhinite allergique chronique ;
une hyper-IgE majeure (> 5000 kU/L) ;
une hyperéosinophilie persistante ;
une sensibilisation importante aux acariens, pollens, animaux et moisissures ;
une hyperperméabilité intestinale documentée ;
une dysbiose avec production accrue de métabolites phénoliques ;
une activation mastocytaire probable.

Face à ce tableau, le modèle physiopathologique qui paraît le plus cohérent n'est pas nécessairement celui d'une parasitose isolée, mais celui d'une activation chronique des barrières biologiques.

Les barrières épithéliales : un organe immunologique à part entière

La peau, l'intestin et les voies respiratoires sont aujourd'hui reconnus comme des interfaces immunologiques majeures.

Lorsqu'ils sont agressés par des allergènes, des polluants, des dysbioses, des infections ou parfois des parasites, ces tissus produisent plusieurs cytokines d'alarme, appelées également alarmines : TSLP (Thymic Stromal Lymphopoietin) ; IL-33 ; IL-25.

Ces molécules activent ensuite les cellules dendritiques et les cellules lymphoïdes innées de type 2 (ILC2), entraînant une polarisation TH2 avec production d'IL-4, IL-5 et IL-13.

Cette cascade aboutit précisément à ce que nous observons chez de nombreux patients atopiques :

1- augmentation des IgE ;
2- hyperéosinophilie ;
3- activation mastocytaire ;
4- libération d'histamine ;
5- prurit ;
6- eczéma ;
7- rhinite ;
8- asthme.
Le parasite : cause ou déclencheur ?

Dans cette lecture, les parasites ne disparaissent pas du modèle.

Ils deviennent l'un des nombreux déclencheurs capables d'activer le système TSLP–IL-33–IL-25.

Autrement dit, le parasite n'est pas nécessairement la cause unique de l'hyperéosinophilie ou de l'histaminose endogène. Il représente l'une des agressions susceptibles de déclencher un programme immunitaire ancestral initialement conçu pour lutter contre les helminthes mais aujourd'hui activé également par :

1- les acariens ;
2- les moisissures ;
3- certains pollens ;
4- diverses dysbioses ;
5- les polluants environnementaux ;
6- certaines altérations des barrières épithéliales.

Deux individus peuvent être exposés au même parasite, à la même moisissure ou à la même bactérie. L'un restera asymptomatique.

L'autre développera une hyperéosinophilie, une élévation des IgE, une activation mastocytaire, une histaminose endogène, une dermatite atopique, un syndrome inflammatoire chronique.

La différence réside souvent moins dans l'exposition que dans le terrain biologique sur lequel cette exposition survient.

Une autre question clinique : pourquoi cet organisme réagit-il ainsi ?

Avant même de se demander quel parasite traiter, une question mérite souvent d'être posée :

- Pourquoi cet organisme réagit-il de cette manière à ce moment précis de sa vie ?

Cette interrogation conduit à explorer plusieurs dimensions du terrain:
- les barrières biologiques comme la peau, l'intestin et les voies respiratoires.Sont-elles intactes ou devenues excessivement perméables ?
- Les capacités métaboliques telles que la méthylation, la sulfatation, la glucuronidation, la production de glutathion, la gestion du stress oxydatif, la fonction mitochondriale.
- Le statut nutritionnel: zinc ; vitamine A ; vitamine D ; fer ; cuivre ;
sélénium ; iode.
- Le microbiote: dysbiose ; production de métabolites inflammatoires ; proliférations fongiques ; intégrité de l'écosystème intestinal.
- Le système neuroendocrinien: cortisol ; qualité du sommeil ; stress chronique ; charge allostatique.
- L'environnement: moisissures ; acariens ; polluants ; expositions professionnelles.

De la lutte contre l'agent à la restauration du terrain, cette vision me paraît particulièrement utile en pratique clinique car elle élargit les pistes thérapeutiques.

Lorsque l'on identifie une activation TH2-éosinophilique, la question ne devient plus seulement : « Quel parasite rechercher ? »
mais également : « Quelle barrière biologique continue à produire du TSLP ? » La peau ? L'intestin ? Les voies respiratoires ? Ou plusieurs simultanément ?

Le TSLP nous invite à dépasser la recherche d'une cause unique pour observer l'état global des barrières biologiques et des mécanismes qui conditionnent la réponse immunitaire.

Bien entendu, cette réflexion n'exclut en rien la recherche parasitaire lorsqu'elle est cliniquement pertinente. Elle propose simplement un cadre physiopathologique plus large permettant d'intégrer à la fois les parasites et les autres activateurs modernes des réponses TH2.

Dans cette perspective, le parasite n'est plus uniquement un ennemi à éliminer. Il devient un élément d'un écosystème biologique plus vaste. Traiter un parasite peut parfois être nécessaire. Restaurer l'humain qui l'héberge est souvent indispensable.

Dr Lucie Wetchoko
Médecine préventive et fonctionnelle.

Une infiltration cortisonée dans une cicatrice est-elle vraiment un traitement local ?J'ai récemment a**lysé un dossier ...
11/06/2026

Une infiltration cortisonée dans une cicatrice est-elle vraiment un traitement local ?

J'ai récemment a**lysé un dossier qui m'a rappelé l'importance de toujours replacer un résultat biologique dans son contexte clinique.

Une patiente réalise son bilan semestriel habituel.

La veille, elle reçoit une infiltration de corticoïdes dans des cicatrices post-chirurgicales esthétiques.

Le lendemain, les résultats tombent :

🔹 ACTH < 5 ng/L
🔹 Cortisol 8h < 0,5 µg/dL
🔹 Cortisol libre urinaire : 390 µg/24h

Neuf mois auparavant :

🔹 ACTH : 24 ng/L
🔹 Cortisol 8h : 19,7 µg/dL
🔹 Cortisol libre urinaire : 18 µg/24h

Le cortisol urinaire a donc été multiplié par plus de 20.

Mais ce n'est pas tout.

La formule sanguine montre :

🔹 Leucocytes : 4,7 → 9,7 G/L
🔹 Neutrophiles : 39 % → 77 %
🔹 Lymphocytes : 45 % → 16 %
🔹 Éosinophiles : 1,7 % → 0,1 %

En parallèle :

🔹 TSH : 1,37 → 0,48
🔹 FT3 : 4,79 → 3,43

Et sur le plan métabolique :

🔹 Glycémie : 83 → 109 mg/dL
🔹 Insuline : 25 → 55

Quinze jours plus t**d, les globules blancs, la thyroïde et le métabolisme glucidique commencent déjà à récupérer.

Mais l'axe surrénalien reste profondément perturbé :

➡️ ACTH : 88 ng/L
➡️ Cortisol : 0,7 µg/dL
➡️ Cortisol libre sanguin : 0

Autrement dit :

L'hypophyse recommence à stimuler.

La surrénale, elle, n'a pas encore repris sa fonction.

Ce dossier soulève une question simple :

Combien de bilans biologiques interprétons-nous sans savoir qu'une infiltration cortisonée a été réalisée quelques jours auparavant ?

Lorsque nous observons :

✔ une lymphopénie inexpliquée
✔ une disparition des éosinophiles
✔ une TSH anormalement basse
✔ une FT3 diminuée
✔ une hyperglycémie soudaine
✔ un cortisol effondré

la première question devrait peut-être être :

« Avez-vous reçu des corticoïdes récemment, même sous forme d'infiltration locale ? »

Ce cas rappelle qu'une intervention considérée comme locale peut parfois produire un véritable effet endocrinien systémique pendant plusieurs semaines.

Comme toujours, il est essentiel de distinguer :

📌 les faits établis par les a**lyses biologiques ;
📌 les hypothèses physiopathologiques plausibles ;
📌 les observations cliniques individuelles.

C'est souvent à l'intersection de ces trois niveaux que naissent les meilleures questions médicales.



Wetchoko Lucie

Cystites récidivantes, LUTS et histamine : et si nous regardions ailleurs que l'infection ?Une discussion avec une pharm...
06/06/2026

Cystites récidivantes, LUTS et histamine : et si nous regardions ailleurs que l'infection ?

Une discussion avec une pharmacienne m'a récemment interpellée.

Une cliente présentait depuis des années des « cystites » à répétition. Son dossier révélait :

1- Antihistaminiques H1 au long cours

2- Auto-injecteur d'adrénaline (EpiPen)

3- Antibiothérapies répétées

4- ECBU souvent négatifs

5- Persistance des symptômes malgré les traitements

Et si le problème n'était pas uniquement infectieux ?

Les LUTS (Lower Urinary Tract Symptoms) regroupent les brûlures urinaires, l'urgenturie, la pollakiurie, les douleurs pelviennes ou la sensation de vessie toujours pleine. Pourtant, chez de nombreux patients, aucune bactérie n'est retrouvée.

Or, les mastocytes sont présents dans la vessie, l'urètre et les voies urinaires. Lorsqu'ils s'activent, ils libèrent de l'histamine, de la tryptase, des prostaglandines et de nombreux médiateurs inflammatoires capables d'augmenter la perméabilité de la paroi vésicale, de sensibiliser les fibres nerveuses, de favoriser les douleurs et les brûlures, d'augmenter l'urgence mictionnelle et d' entretenir une inflammation chronique sans infection.

Chez certains patients, la succession suivante peut alors s'installer :

Dysbiose → surcharge histaminique → activation mastocytaire → symptômes urinaires → antibiotiques répétés → aggravation de la dysbiose → amplification des symptômes.

Bien entendu, toutes les cystites récidivantes ne sont pas liées à l'histamine.

Mais lorsqu'un patient présente des allergies multiples , une prise chronique des antihistaminiques, une prescription d'EpiPen, des troubles digestifs, des tests ECBU négatifs répétés et des hypersensibilités diverses, la piste mastocytaire et histaminique mérite parfois d'être explorée.

Le pharmacien, souvent premier témoin de ces récurrences, peut jouer un rôle essentiel dans l'identification de ces profils complexes et dans l'orientation du patient.

Parfois, ce n'est pas seulement la vessie qui souffre, c'est tout un dialogue entre l'intestin, le système immunitaire, les mastocytes et le système nerveux qui s'exprime à travers les symptômes urinaires.

⚠️ Je distingue ici les faits établis, les mécanismes physiopathologiques plausibles et les observations cliniques. L'objectif est d'ouvrir des pistes de compréhension et non d'affirmer que toutes les cystites récidivantes sont d'origine histaminique.

Dr Lucie Wetchoko



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