08/25/2026
(Eh oh. Ça faisait un baille! Quelques nouvelles de la ferme👇)
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𝑇𝐿𝐷𝑅 : Bon ben ça a été tough mais ya eu des beaux moments. On lâche pas. Tun peu fatigué le gars. Mais pas mort non pas mort. Bonne fin d’été et merci pour les bons mots, z’êtes pas pires. Qui poussera verra.
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𝑉𝑒𝑟𝑠𝑖𝑜𝑛 𝑃𝑟𝑒𝑒𝑒𝑒𝑛𝑑𝑠 𝑡𝑜𝑜𝑜𝑛 𝑡𝑒𝑚𝑝𝑠𝑠, 𝑝𝑟𝑜𝑓𝑜𝑛𝑑 𝑐𝑒 𝑞𝑢𝑖 𝑠𝑢𝑖𝑡 :
Donc. Une sixième saison qui se conclut à la Ferme Les deux courants!
2026 aura été pour la ferme une saison résolument décroissantiste. Avec des tomates étêtées au mois de juin (iykyk), un break des réseaux sociaux, et un accent un peu moins sur la production et un peu plus sur l’entraide et la collaboration (avec les rencontres et remoux interpersonnels qui vont avec). On aura planté une serre, puis deux, puis trois. Pas de plan, sur un coup de tête au mois d'avril. À 10, avec un nombre d'heures oscillant entre 3h par été à 15h par semaine. Mis ça en marché, plutôt bien réussi notre coup, levé 1000$ pour notre centre culturel. Une drôle de bibitte cette saison-là.
Pour ma part, ce fut une saison assurément intéressante sur le plan humain, un peu moins glorieuse sur le plan professionnel, et surtout, un rappel assez cru des forces qui nous ramassent quand on arrête de mettre les « objectifs » avant les autres sujets connexes (la famille, les ami.e.s, la santé, genre...).
J’aimerais dire qu’on en sort grandi, que la paix intérieure est revenue et que j’envisage désormais l’avenir avec optimisme. C’est en parti vrai. Mais ralentir, particulièrement en agriculture, ça vient aussi avec un méchant retour de balancier : celui des forces qu’on essayait de contenir.
L’agriculture, pour les non-initiés, c’est, d'abord et surtout, une lutte contre l’entropie. L’alchimie des mécanismes de la vie, de la mort et du recyclage qui nous permet, si on est astucieux (et bien entouré), de nourrir un peu plus les humains que les forces de la nature.
Pour s’obstiner avec la nature (qui est en désaccord avec nos projets le 15/16e du temps), faut être têtu, constant, et pas trop niaiser entre les interventions.
C’est, comme qui dirait, pas de la picouille, côté subtil rapport de force.
Essaye de ralentir, face aux forces de la nature. La flore indigène, elles s’en branle comme l’an quarante de ta demi-sabbatique plus ou moins assumée. La flore, elle pousse. A rien que ça à faire. C’est presque un affront personnel de voir ton acre de terrain manucuré pendant 5 ans se faire littéralement envahir de plantes pionnières (aussi bien dire colonisatrices!) pour deux semaines d’inattention!
Idem face aux forces « du marché ». Parce que l’agriculture, c’est pas juste l’eau, le soleil et les bibittes. C’est aussi, et surtout, un lien économique. Avec beaucoup, beaucoup de personnes.
Les regards de tes collègues qui s’allument face aux opportunités à venir. On est poli, on se respecte, on se dit des « prends-soin de toi » bien sentis (la majorité du temps), mais on le sait ben, au fond, que le retrait de l’un, c’est l’occasion de l’autre. Les cérémonies seront courtes, le recul, permanent.
Les clients déçus, qui vont s’ennuyer de nous, mais qui trouveront probablement leur compte ailleurs.
Aille. Ille. Ouille.
Ralentir, en affaires, c’est une perte de statut, une perte d’une liberté durement gagnée, une perte d’un mode de vie sur mesure. Des relations pas si désintéressées que ça qui sautent. C’est une bonne leçon d’humilité.
Finalement, le monde qui consacrent leur vie à des « Grands Projets » ben, spoiler-alert, c’est pas du monde super équilibrés. Ralentir, c’est aussi se faire rattraper par ce que t’essayais de garder in-check dans le fin fond de ta psyché, avec ton activité constante, tes sacrifices ridiculement excessifs et tes grandes images super extraordinaires que t’essayais de mettre en forme dans le réel. C’est pas doux.
Donc ouen. Ralentir. Pas aussi extraordinaire qu’on me l’avait vendu. Nécessaire sans doute, mais plus en mode examen de la prostate que massage suédois mettons. Serre les dents, passe au travers, et repars sur la pointe des pieds, un peu gêné...
L’agriculture, ça a l’air d’une idée de marde (ce l’est), mais ca fait 10000 ans qu’on le fait, donc c’est pas demain la veille qu’on va arrêter.
Ceci dit, c’est incontestable, ça prend beaucoup d’énergie. Et l’énergie ben, c’est comme les plantes, on peut pas tirer dessus, ça vient comme ça vient, avec le soleil et les jours qui passent. Ma pseudo-sabbatique interrompue par la venue des jours longs m’ayant laissé sur ma faim, mon mois de septembre et les suivants seront consacrés à regarder les tournesols pousser, à voir à l’école si j’y suis, et à laisser germer les bonnes idées pour la suite.
Pour le printemps prochain ben, c’est le printemps prochain hein!
Je mettrais pas mon 10 cennes TOUT DE SUITE tout de suite sur les forces de la nature... (Lancer une saison à une semaine de préavis c’est une possibilité maintenant ça a l’air…)
Mais avant, priorité : jachère. Ça prend du temps faire pousser des fleurs.
Comme le disait si bien la madame du métro de Montréal : "D'autres messages suivront."
Et aux courageux et courageuses qui seront dans le champ jusqu’en décembre (ou dans les étables jusqu’à who knows quand vous allez arrêter gang de pas arrêtables), on vous salue!
Loup
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Merci bien sentis à Matthew, Joannie, Chloé, Laura, Ève, Ève, Phil, Élo, Martine, Carole, Normand, Karine de la Ferme Les 4 piments, à toute l’équipe du CCUB de Bury et du café Robinson et à notre estimée clientèle.
Ça m’en aura pris des petites tapes dans le dos pour la faire, celle-là.