09/05/2026
🌳 Les arbres se préparent à l’hiver par étapes. L’aoûtement est la première : le bois cesse de s’allonger et durcit, pour pouvoir résister au gel qui s’en vient. Ensuite les feuilles retirent leur chlorophylle avant de tomber, la sève ralentit sa course. C’est un ralentissement organisé vers la dormance.
Le parallèle avec nos propres rythmes est flagrant. Comme l’arbre, nous portons en nous un chemin naturel vers le ralentissement à cette période de l’année. Après l’expansion de l’été, le corps et l’esprit cherchent à consolider avant de descendre plus bas, doucement, vers le repos plus complet de l’hiver.
Mais la rentrée scolaire ne connaît pas cette logique. Elle arrive comme une commande contraire au moment précis où l’organisme amorce sa descente : accélérer, reprendre les horaires, remplir les agendas, pendant que quelque chose en nous cherche déjà à ralentir. Nous demandons à notre énergie de rester en phase de croissance alors qu’elle est déjà entrée dans sa phase de consolidation.
Ce désaccord entre le rythme qu’on nous impose et celui que la saison amorce en nous explique en bonne partie la fatigue de l’automne. Ce n’est pas une fatigue de paresse, c’est celle d’un corps qui reçoit deux directions à la fois, l’une venant de la nature, l’autre du calendrier.
Et si on suivait le chemin de l’arbre?