01/10/2026
Post #75 : Pourquoi l’élevage et les poissons vont de pair
Avez-vous déjà visité une ferme piscicole en milieu rural en Afrique, en Asie ou en Amérique du Sud et remarqué des chèvres, des poules ou du bétail circulant autour des digues des étangs ?
Ce n’est pas un hasard.
L’élevage et la pisciculture sont souvent opérés côte à côte dans des systèmes volontairement conçus. Il ne s’agit pas simplement d’espèces cohabitant au même endroit, mais de systèmes alimentaires intelligents et intégrés, mis en place par des petits producteurs pour exploiter pleinement leur environnement et faire face à l’incertitude.
Lorsqu’ils sont gérés ensemble, l’élevage et la pisciculture permettent de :
1. Maximiser l’utilisation des ressources :
Le fumier animal fertilise les étangs. L’eau riche en nutriments issue des bassins piscicoles irrigue les cultures fourragères.
2. Diversifier les régimes alimentaires et les revenus :
Œufs, lait, viande et poisson offrent une diversité nutritionnelle et ouvrent plusieurs débouchés commerciaux.
3. Renforcer la résilience :
Si un système est affecté par une maladie ou une baisse des marchés, l’autre peut aider les ménages à amortir le choc.
En décembre 2025, j’ai visité une exploitation familiale dans l’Ouest du Cameroun. Des poules circulaient librement autour d’un étang de tilapia et de poisson-chat Africain. Le producteur m’a expliqué :
« Mes poules mangent les restes de nourriture et les insectes sur les digues des étangs. Leurs déjections fertilisent l’eau, ce qui nourrit les poissons. Tout le monde est nourri, au moins en partie. »
Ce système simple reflète parfaitement ce que représente l'intégration : la circularité, la résilience, la diversification alimentaire et des solutions ancrées dans les réalités locales.
Les poules sont des animaux terrestres abordables, faciles à élever et largement acceptés. Le tilapia et le poisson-chat sont des espèces aquatiques à croissance rapide, nutritives et accessibles. Ensemble, ils constituent un excellent point d’entrée pour des systèmes alimentaires intégrés dans les pays du Sud.
Inspiré par cette visite, j’ai introduit des poules en liberté dans ma propre ferme piscicole périurbaine à Yaoundé (voir photos). J’observe leur interaction avec le système et je partagerai bientôt les enseignements avec vous.
À mesure que nous développons le fermes intégrées, souvenons-nous de ceci : l’avenir de l’alimentation ne consiste pas à choisir entre les espèces ou les secteurs, mais à les connecter.
Avez-vous déjà observé ou pratiqué de tels systèmes intégrés dans votre communauté ?
Partagez vos idées ou vos photos dans les commentaires !