09/29/2026
Intéressant!
Le premier référendum canadien, un plébiscite sur et pour l'alcool 🗳🥂
Le 29 septembre 1898, le premier ministre Wilfried Laurier invite aux urnes les Canadiens ayant le droit de vote afin qu'ils se prononcent sur la question : "Êtes-vous favorable à la passation d'une loi défendant l'importation, la fabrication ou la vente de spiritueux, vins, bière, ale, cidre et de toutes autres liqueurs alcooliques comme breuvages ?"
Si à l'échelle du Canada la majorité est incontestable, avec 51,2% des voix en faveur de la prohibition, le fédéral choisit toutefois de ne pas aller de l'avant tant sont grandes les disparités entre les provinces. En particulier, le Québec se démarque comme étant la seule province à avoir voté "non", à une écrasante majorité de 81,2% contre la prohibition. Le gouvernement canadien préfère laisser chaque province décider en la matière. Un plébiscite de 1919, cette fois à l'échelle du Québec, confirme que la province reste favorable à la circulation de l'alcool.
"L’alcool, s'amuse François Roberge, faisait tellement partie du débat de nos sociétés que les deux premiers référendums canadien et québécois de l’histoire du pays et de la province, je le répète, les tout premiers référendums nationaux, portèrent sur sa prohibition."
Cette singularité du Québec en fera un pôle d'attraction dans toute l'Amérique du Nord pour la première moitié du XXe siècle. Nombreux sont les touristes des régions "sèches" - autres provinces et États-Unis - qui prennent la route du Québec pour des séjours festifs, à l'instar de notre noctambule sur cette carte postale de 1909. Un phénomène qui encourage l'économie locale et donne naissance à une industrie de l'alcool et de la fête, réputée à l'internationale, comme en témoignera le Red Light District de Montréal.
Le constat est le même partout au Québec où les débits de boisson sont rendus facilement accessibles par le transport. François Roberge poursuit son article et lie de très près les évolutions de nos regards sur la consommation d'alcool et le développement des villes de Vitoriaville et Arthabaska : "hôtels, auberges et buvettes furent des hôtes indissociables du liquide honni malgré tous ses efforts pour l’en séparer."
À lire en accès-libre : François Roberge, "Des débits... au coeur des débats", Histoire Québec (24-1, 2018)
https://www.erudit.org/fr/revues/hq/2018-v24-n1-hq03797/88328ac/ Érudit
[📨 Carte postale : "Back to Montreal" : am meeting many old friends, 1909
Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Collection Pierre Monette]