03/02/2026
DÉCLARATION OFFICIELLE DE L’INITIATIVE DES CONSOMMATEURS DES PRODUITS LOCAUX (ICPL)
Par son Président, Aboua Kouamé Marius
Objet : Position de l’ICPL face à la mévente du cacao en Côte d’Ivoire
Les faits
Depuis plusieurs mois, de nombreux planteurs ivoiriens expriment de vives inquiétudes face à la mévente du cacao. Cette situation, inhabituelle pour un pays leader mondial de la production, fragilise les revenus des producteurs, désorganise la chaîne d’approvisionnement et crée un climat d’incertitude dans l’ensemble de la filière.
Les stocks s’accumulent, les capacités d’écoulement se réduisent et certains acheteurs se montrent plus prudents, exposant les producteurs à des difficultés financières croissantes. Au-delà des planteurs, c’est toute l’économie locale dépendante du cacao qui se trouve sous pression.
Analyse de l’ICPL
L’Initiative des Consommateurs des Produits Locaux estime que cette crise révèle une faiblesse structurelle : la dépendance excessive à l’exportation de matières premières non transformées. Tant que la majorité du cacao est vendue à l’état brut, la filière reste vulnérable aux fluctuations du marché international et aux décisions des grands acheteurs.
La transformation locale apparaît aujourd’hui comme une nécessité stratégique. Elle permettrait non seulement de stabiliser la demande, mais aussi de créer davantage de valeur ajoutée, des emplois et une véritable industrie nationale autour du cacao.
Par ailleurs, la consommation intérieure demeure encore insuffisante au regard du potentiel du pays. Encourager les Ivoiriens à consommer davantage de produits dérivés du cacao contribuerait à absorber une partie de la production et à renforcer la souveraineté économique.
Position de l’ICPL
Face à cette situation, l’ICPL formule les recommandations suivantes :
1. Obligation de première transformation pour les grands exportateurs
L’État doit instaurer des mesures incitatives ou réglementaires afin que les principaux exportateurs investissent dans la première transformation du cacao sur le territoire national. Cette orientation structurante réduira la dépendance aux exportations brutes et sécurisera les débouchés pour les producteurs.
2. Promotion active de la consommation locale
L’ICPL appelle à la mise en place de campagnes nationales ambitieuses pour valoriser le cacao et ses dérés : chocolat, poudre, beurre et autres produits transformés.
3. Organisation de challenges nationaux autour du cacao
L’État, en collaboration avec les médias publics et privés, pourrait lancer des compétitions culinaires, des semaines du chocolat ivoirien, des programmes éducatifs et des initiatives innovantes destinées à faire du cacao un produit de consommation courante.
4. Mobilisation des médias d’État
Les chaînes nationales doivent jouer un rôle moteur dans la promotion des produits locaux afin de créer un réflexe de consommation patriotique et durable.
Conclusion
La mévente actuelle du cacao doit être perçue comme un signal d’alerte, mais aussi comme une opportunité historique de repenser notre modèle économique. La Côte d’Ivoire ne peut plus se contenter d’être uniquement un grand producteur ; elle doit devenir une grande nation de transformation et de consommation.
L’Initiative des Consommateurs des Produits Locaux réaffirme sa disponibilité à accompagner toutes les actions visant à renforcer la filière cacao et à promouvoir la richesse de nos productions nationales.
Consommer local n’est pas seulement un acte économique : c’est un choix stratégique pour notre souveraineté, notre croissance et le bien-être des générations futures.
Fait à Abidjan le 03/02/2026
Pour l’ICPL
Le Président,
Aboua Kouamé Marius