11/05/2026
Quand Eto'o était contre la construction du siège de la fecafoot.
"On veut construire un siège de plusieurs milliards alors que nos enfants n'ont pas de terrains pour jouer. C'est une insulte au football camerounais." Dixit Samuel Eto'o en 2013 sur le plateau de l'arène canal 2.
À cette époque, Eto'o était en conflit ouvert avec l'administration de Iya Mohamed.
Il dénonçait certains points clés.
À l'occurrence ce fameux projet de siège à Warda (Yaoundé).
Le contexte de la critique
Le projet, dont la première pierre a été posée en novembre 2012, était estimé initialement à environ 1,78 milliard de FCFA. Samuel Eto'o critiquait ce chantier sur plusieurs fronts :
Eto'o affirmait que l'argent du football camerounais (notamment les retombées de la Coupe du Monde 2010) devait servir à construire des infrastructures pour les joueurs (terrains, centres de formation) plutôt qu'un " «immeuble de luxe" pour les dirigeants.
Dans cet entretien, Il utilisait souvent le terme de "mafia" pour décrire la gestion de la FECAFOOT sous Iya Mohamed, suggérant que ce projet de siège n'était qu'un moyen de surfacturation et de détournement de fonds.
Il décriait également le fait que la fédération n'avait même pas de bus digne de ce nom pour les joueurs ou des équipements de base, alors qu'elle se lançait dans un chantier pharaonique.
Dans son interview mémorable de février 2013 sur Canal 2, il avait déclaré en substance :
"On veut construire un siège de plusieurs milliards alors que nos enfants n'ont pas de terrains pour jouer. C'est une insulte au football camerounais."
Il est intéressant de noter le paradoxe actuel.
Devenu président de la FECAFOOT en décembre 2021, Samuel Eto'o a dû lui-même reprendre ce dossier. Après des années d'abandon, il a finalement annoncé en 2022 et 2023 la reprise et l'achèvement des travaux de ce même siège qu'il critiquait dix ans plus tôt, estimant cette fois qu'il est "urgent" que la fédération dispose d'un outil de travail à la hauteur de son prestige. Pourtant en cinq ans de magistère, le centre technique de Odza est dans l'abandon, la construction des aires de jeux n'est pas du tout à l'ordre du jour, les footballeurs ont du mal a recevoir leur salaire, le football amateur reste le parent pauvre du fonctionnement de la fecaoot, les ligues spécialisées sont en berne, les ligues régionales et départementales fonctionnent au ralenti.
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