24/03/2024
Pourquoi veut-on toujours avoir raison ? Qu'est-ce qui nous pousse à vouloir imposer notre point de vue, qu'est-ce qui en nous nécessite qu'il soit reconnu, validé ?
Ces jours-ci, alors que nous descendons gentiment vers le sud de la Colombie, avec pour cible la région de Putumayo, haut-lieu du narcotrafic, on entend de tout. Le débat fait rage entre voyageurs. Peut-on s'y risquer ou vaut-il mieux éviter la zone au vu des récents événements équatoriens ? Ceux qui y sont allés et en sont revenus (tous vivants🙃) tentent d'éclairer la lanterne des novices. Rarement d'accord, ils se lancent dans de grandes démonstrations pour prouver que leur avis est le bon. D'aucuns s'arment de chiffres, de données fiables consultables sur France Diplomatie, de cartes géographiques colorées des zones de danger. D'autres leur préfèrent le vécu, parlent d'expérience, temoignages empiriques de leurs voyages. Dans les deux cas, l'autre a tort, j'ai raison, c'est comme ceci, comme cela, croyez-moi. Cela serait oublier toutes les nuances de la réalité, les centaines de biais cognitifs existants. Les chiffres s'interprétent de mille façons, le ressenti n'est jamais exactement le même pour tous. Pourquoi alors s'acharner ? Prodiguer des conseils de prudence, ou rassurer quant à la situation, oui, mais ne pas s'imposer, laisser libre le jugement. Peut-être que la seule et unique réponse sensée serait "Allez-y, et voyez par vous-même". Alors vamos