11/09/2026
Aujourd’hui, c’était le décuvage de notre assemblage parcellaire des Grenaches de 1949, de La Goudy et des Elmes.
Et quelle belle surprise… Il se goûte déjà très bien.
Le millésime 2026 nous offre du fruit, de la rondeur, de jolis tanins qui vont encore s'améliorer avec le temps. Une nouvelle fois, je reste admiratif devant cette vigne qui, malgré les aléas du climat, arrive toujours à donner le meilleur d’elle-même.
Et puis il y a moi, le vigneron.
Toutes ces heures de patience passées sur mes terrasses prennent aujourd’hui un autre sens.
Oui, c’est dur de porter un atomiseur de 30 kg sur le dos.
Oui, c’est dur de remonter des murs après les orages.
Oui, c’est dur de se courber pendant des heures pour tailler.
Oui, c’est encore du travail en plus de prendre la débroussailleuse parce que je tiens par-dessus tout à éviter de m’intoxiquer avec les désherbants.
Oui, j’aimerais pouvoir éviter toute cette pénibilité.
Oui, c’est dur de décuver sans pompe à marc, avec des caissettes pour remplir le pressoir.
Oui, c’est dur.
Mais qui a dit que la vie était facile ?
Alors aujourd’hui, quand je goûte ce vin, tout prends sens.
Et puis, il y a le rythme familial à tenir, tout ne se résume pas à la vigne et au vin même si c’est une grande partie de ma vie.
Alors oui c'est difficile, oui c’est un choix assumé et fort mais tellement enrichissant sur moi en premier lieu, mais aussi sur les rencontres que je fais.
J'honore donc ces vieux Grenaches, aux murs, aux heures passées dehors, aux courbatures, aux doutes… et à cette immense satisfaction de voir tout ce travail prendre vie dans un verre.
C’est aussi ça, être vigneron.
Faire avec ce que la nature nous donne, accepter ses contraintes, travailler avec patience… et être heureux quand elle nous offre, en retour, le meilleur d’elle-même.
Viendra le temps des assemblages, puis des élevages et enfin des mises en bouteilles.
Le cycle sans fin des vie/mort/vie.
-sur-mer