Domaine de Malaïgue

Domaine de Malaïgue Vigneron depuis 9 générations👨🏼‍🌾
Agriculture biologique depuis 1997🍷 Écocert-Nature&Progrès🌱

31/03/2026
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17/01/2026

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Un grand Merci à cette belle équipe qui nous a donné l’occasion de partager notre démarche et philosophie !Publication e...
02/12/2025

Un grand Merci à cette belle équipe qui nous a donné l’occasion de partager notre démarche et philosophie !

Publication en ligne d’un article extrait du magazine Saveurs & Savoirs (2025)
Direction / portage éditorial : Jenny De Belly
Texte : Lucas Botebol
Photographies : Juliana Nakatani

Domaine Malaïgue – Ceci n’est pas juste un vigneron bio
Introduction
Tout le monde croit connaître Malaïgue. Et pourtant...
Demandez autour de vous, à Uzès ou au café du coin, ce qu’est Malaïgue. On vous dira que c’est du bon vin bio, très bien distribué dans la région. Certains l’associent à cette boutique de fruits et légumes bio sur l’esplanade. Et d’autres imaginent une sorte de grosse machine monocultrice de raisins qui ne vendrait que du cubi.
Mais derrière l’étiquette de “vigneron bio”, Malaïgue cache un projet bien plus vaste : de la polyculture repensée pour faire face aux défis écologiques de demain, une coopérative engagée porteuse d’une organisation du travail innovante, une boutique d’utilité publique… un modèle porteur de sens, et surtout, terriblement vivant.

1 / De la Polyculture
Commençons par le commencement : la terre. Celle qui nourrit, qui façonne les paysages, et qui, ici, à Malaïgue, raconte déjà une autre histoire.
Le domaine, installé à Blauzac depuis huit générations, a toujours été conduit en polyculture, bien avant que le terme ne devienne à la mode. Ce n’était pas un choix idéologique à l’origine, mais une simple affaire de bon sens paysan. Aujourd’hui, ce bon sens a retrouvé tout son sens, face aux impasses du modèle agricole dominant.
Sur les 30 hectares de vignes, on trouve à la fois des cépages dits de cuve, pour l’élaboration des vins du domaine, mais aussi du raisin de table — notamment le somptueux Italia, qui régale dès la fin de l’été.
Les sols ne sont pas travaillés mécaniquement, ce qui évite leur tassement et leur érosion. Des couverts végétaux y sont semés ou laissés spontanément : ces plantes couvrent le sol entre les rangs de vigne, protégeant la terre, améliorant sa structure, nourrissant la biodiversité et limitant les besoins en intrants. En somme, la vigne pousse dans un écosystème vivant, et non dans une monoculture stérile.
Malaïgue cultive également environ 8 hectares de céréales, principalement du blé tendre et du petit épeautre, transformés sur place en farine.
La rotation est longue, avec des périodes de jachère, ce qui laisse aux sols le temps de se régénérer. On y sème des variétés dites anciennes : Touzelle, Rouge de Bordeaux, Barbu du Roussillon... Des noms oubliés, pour des blés majestueux, pouvant atteindre 1,80 m de hauteur. François préfère les appeler "blés de pays", car ils ne sont pas figés dans le passé : chaque année, une partie des graines est gardée pour être ressemée. Résultat : les blés s’adaptent peu à peu au terroir, année après année, créant une variété évolutive, rustique, locale, résiliente.
C’est aussi une manière de gagner en autonomie vis-à-vis des semenciers, tout en proposant un blé nutritif, digeste, et porteur de “bon gluten”, bien loin des glutens ultra-transformés souvent pointés du doigt dans les blés modernes.
Le domaine compte également environ 3 hectares d’oliviers, pour une production d’huile artisanale. Et, signe fort, 2 000 mètres de haies ont été replantés ces dernières années. Un geste qui peut paraître symbolique, mais qui a une portée énorme : ces haies redivisent les parcelles, démembrant ce que les politiques agricoles des années 60 avaient remembré à coups de bulldozers et de subventions.
Les haies ralentissent l’érosion, créent des microclimats, accueillent oiseaux, insectes auxiliaires, champignons, petits mammifères. Elles ramènent de la vie et cassent la logique de “champs-plans” à perte de vue. C’est aussi une barrière contre les vents, et un refuge contre les excès climatiques qui frappent de plus en plus souvent.
D’autres ateliers pourraient voir le jour à Malaïgue, comme de l’élevage ou de nouvelles cultures, à condition qu’ils soient pensés en cohérence avec les cycles déjà en place. L’idée n’est pas de tout faire, mais de créer des synergies écologiques et humaines durables.
Toute la production de Malaïgue est certifiée bio. Mais ici, on considère que le bio est le minimum à respecter, un palier de base — utile, mais largement insuffisant.
Car le label bio ne garantit ni des conditions de travail dignes, ni un modèle local, ni une distribution éthique, ni une gouvernance démocratique. Il est souvent dévoyé, critiqué, voire vidé de sens.
À Malaïgue, on préfère le label Nature & Progrès : un cadre exigeant qui pousse l’engagement bien plus loin. Il s’inscrit dans une logique écologique, sociale, solidaire et militante. Cela signifie :
• Pratiques agricoles respectueuses des cycles naturels, des sols vivants et de la biodiversité locale
• Usage exclusif de semences libres de droits et autonomes, refus des intrants issus de l’agrochimie ou de l’industrie
• Conditions de travail équitables et humainement soutenables, dans une logique de solidarité entre paysans
• Circuits courts revendiqués, avec transparence sur les prix, pour assurer la juste rémunération des producteurs et l’accessibilité pour les consommateurs
• Gouvernance démocratique en SCOP, impliquant à la fois les producteurs et les citoyens dans les décisions
• Enracinement local fort : préservation des terres, relocalisation de l’économie, liens vivants entre agriculture et société
Bref : ici, on ne cultive pas que des produits. On cultive aussi un territoire, des liens, une vision.

2 / Une organisation du travail en SCOP
À Malaïgue, on ne s’est pas contenté de remettre du vivant dans les champs. L’agroécologie, ici, va jusqu’à interroger l’organisation du travail. Car que vaut une agriculture respectueuse de la terre si elle repose sur l’épuisement humain ou l’isolement des paysans ? Si l’on veut faire autrement, il faut repenser la notion de propriété telle qu’on la connaît, et aller vers une logique de propriété d’usage.
Ici, l’outil de travail appartient à la coopérative, non à un individu privé ou à une entreprise capitalistique. Juridiquement, la ferme reste portée par une EARL – une forme encore incontournable pour gérer la production agricole – mais toute la récolte est rachetée à un tarif équitable par la SCOP, selon des prix définis collectivement. La SCOP, elle, regroupe les activités de transformation et de commercialisation, avec un objectif clair : que la ferme ne soit plus un bien à posséder, mais un bien à faire vivre ensemble, dans le temps long.
La SCOP de Malaïgue, ce sont aujourd’hui quatre membres : trois personnes physiques (François, Emmanuelle, Florian) et une personne morale, l’EARL. Cette articulation intelligente permet à chacun de se concentrer sur son cœur de métier, tout en restant dans une logique de filière courte et cohérente.
Autour de cette structure, plusieurs ateliers de transformation ont vu le jour : vinification, meunerie, huile d’olive, pain, bière, cuisine-traiteur... Certains ateliers sont déjà autonomes, d’autres encore en phase de démarrage ou utilisant des produits complémentaires issus d’autres fermes locales.
François le répète : « si on veut faire perdurer un modèle agricole, il faut qu’il soit sain, désirable, transmissible ». Cela implique une organisation robuste et non dépendante des individus : chaque atelier doit pouvoir être transmis, repris, partagé. Et ici, pas besoin de capital pour intégrer la coopérative : une simple part sociale suffit à devenir co-associé.
Le modèle SCOP permet aussi d’absorber la précarité des débuts. Lorsqu’un nouvel atelier se lance, la coopérative peut salarier la personne porteuse du projet, lui fournir un local, un réseau de commercialisation, un support administratif. C’est une manière concrète de rendre l’activité agricole plus simple, plus sécurisée, sans tout devoir assumer seul, ni s’endetter pour exister.
L’idée à moyen terme ? Travailler quatre jours par semaine, rendre le quotidien soutenable, agréable, et sortir des clichés d’un monde paysan condamné à l’épuisement.
Malaïgue revendique une agriculture “consommatrice de main-d’œuvre”, au sens noble du terme : une agriculture qui crée des emplois, du lien, du sens. Bien sûr, les outils techniques sont utiles, mais sans tomber dans la logique de la machine toute-puissante. Il s’agit d’équilibrer l’outil et l’humain, de « vivre et faire vivre », comme le résume François. Une vision qui s’inscrit dans le sillage du mouvement « Reprendre la terre aux machines » et du label Nature & Progrès.
La SCOP n’est pas une recette miracle ni un modèle universel. François insiste : « Il faut une biodiversité des formes. C’est ça qui rend un territoire robuste. » Mais cette forme coopérative a, ici, montré toute sa force. Elle permet de penser la ferme comme un commun, un projet collectif, au service d’une agroécologie cohérente,

3 / Une boutique d’utilité publique
À Uzès, au 5 avenue de la Libération, la SCOP Malaïgue tient une boutique. On y trouve les produits transformés sur la ferme — vins, farines, huiles, pain — mais aussi ceux d’autres paysans et artisans, la plupart en bio, souvent locaux, tous inscrits dans une démarche cohérente. L’idée est simple : rester fidèle à l’esprit coopératif, notamment dans l’organisation des achats et la fixation des prix.
Ici, on ne négocie pas les prix. Les maraîchers bio locaux sont invités chaque année pour établir ensemble un calendrier de production et d’achat. Cela permet de répartir les approvisionnements intelligemment et de donner de la visibilité à chacun.
« L’organisation des achats de la boutique permet aux maraîchers de savoir ce qu’on va leur prendre, à quel moment et à quel prix. Pas de stress, pas de stock sur les bras, pas de surprise », explique Emmanuelle. Une logique à contre-courant de celle de la grande distribution, qui impose volumes, conditions et délais.
La boutique applique une marge volontairement modérée, avec la volonté claire de rendre accessibles des produits bio et locaux, tout en maintenant une rémunération juste pour celles et ceux qui les produisent.
Et cela fonctionne. Pour les fruits et légumes notamment, les prix sont comparables à ceux pratiqués en supermarché, hors promotions. On y croise les vins de Malaïgue et ceux d’autres vigneron·nes du coin, des farines, des huiles, des légumes de saison... mais aussi des produits qui marquent : le lait cru, les yaourts et la tomme de vache de la ferme de Pélissou — unique production laitière bio du Gard, installée à Tornac — ou encore la truite fumée du lac de Villefort.
Derrière chaque produit, il y a du travail. Emmanuelle le rappelle : « Les gens ne se rendent pas compte de tout le travail derrière une bouteille de vin, ou derrière une simple barquette de fraises: Il y a Laurent, qui lutte contre la météo pour éviter que ses fraises ne pourrissent. Et Thomas, qui les brosse une à une... à la brosse à dents. »
À Malaïgue comme chez leurs partenaires, produire demande du soin, du temps, et souvent des choix exigeants. La boutique, elle, permet simplement de les faire exister, et de les rendre accessibles.

4 / Une ferme ouverte, engagée dans la création de communs agricoles
Chez Malaïgue, l'engagement se poursuit à l’extérieur. On élargit le spectre, on s’ouvre, on se relie. On tente de penser la paysannerie et les questions d’alimentation à l’échelle du territoire.
« Beaucoup de paysans partent à la retraite et ne trouveront pas forcément de repreneurs », confie François. « Et dans le Sud, la pression foncière est très forte, ce qui ne facilite rien. » Quel dommage de voir une urbanisation galopante bétonner nos sols, ou encore de belles parcelles bloquées, non cultivées, parce qu’elles font l’objet de spéculation immobilière.
Il devient donc urgent de repenser le foncier agricole et sa gestion. C’est dans cet élan qu’est née l’association J’Enracine, cofondée par Malaïgue et d’autres paysans de l’Uzège. Une association dont l’objectif est de soustraire des terres agricoles ou naturelles à la spéculation, pour les mettre au service de projets nourriciers, écologiques et durables.
Il s’agit de sortir les terres agricoles du marché privé pour en faire des communs. Une autre vision de l’accès à la terre se dessine :
– un droit d’usage pour les paysans, sans endettement ni propriété à revendre,
– une logique de bail symbolique qui contribue à financer l’association,
– et une mise à disposition des terres sous condition que les projets répondent à des enjeux d'autonomie alimentaire, de biodiversité et d’atténuation du dérèglement climatique.
Tout ce travail, bénévole mais d’utilité publique, a un coût. François s’interroge d’ailleurs : « Ne devrait-on pas intégrer ce temps d’engagement dans le fonctionnement de la SCOP, comme du temps de travail à part entière ? »
Au-delà de J’Enracine, l’ouverture et la coopération s’expriment aussi à travers d’autres engagements : la participation active à la Confédération paysanne, ou encore les « apéros paysans », ces moments simples où l’on se retrouve entre paysans de tous horizons, juste pour échanger, se parler, tisser du lien.

Conclusion
Malaïgue, vigneron bio ? Ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Car derrière les vignes, c’est tout un projet de société qui se dessine : une organisation du travail plus juste, une éthique commerciale assumée, une ouverture sincère sur le territoire.
Ce n’est d’ailleurs plus le Domaine de Malaïgue, mais bien la SCOP Malaïgue — un choix de structure qui reflète une volonté de pérenniser une agriculture nourricière, en dehors des logiques de marché classiques, et au service du bien commun.
Dans un contexte où notre modèle agricole montre de sérieux signes d’essoufflement, ces initiatives locales sont précieuses. Elles prouvent que des alternatives existent, qu’elles sont viables, humaines et profondément respectueuses du vivant.
Mais il ne faut pas oublier la réalité de nombreux producteurs, souvent isolés, peu soutenus, et confrontés à des contraintes économiques lourdes. Face à cela, l’action collective et le soutien des pouvoirs publics restent essentiels.
Soutenir Malaïgue, c’est bien plus que choisir un bon vin. C’est participer, à son échelle, à un mouvement de fond pour repenser l’agriculture et le territoire.

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En page 3 du Le Républicain d'Uzès de cette semaine
Domaine de Malaïgue

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10/09/2025

J'enracine prépare une cuvée pour 2025 ! Avec les adhérents nous sommes allés vendanger à la ferme des Magesses à Sanilhac. Une belle matinée ensoleillée, une équipe motivée, des raisins bien mûrs : La cuvée J'enracine est prometteuse.

Vous la retrouverez en dégustation vente sur le stand de l'association dès le mois de novembre. Nous effectuerons un assemblage subtil avec des vins issus de la ferme Chaux Devant et du domaine de Malaïgue. Vous nous direz si CEPotable CEPapire ou CEParfait ! 😉😁

D'ailleurs on cherche un nom pour cette cuvée, vous pouvez nous faire part de vos idées !

Uzès et son duché en temps de vendanges 📸Vendanges à la main.
09/09/2025

Uzès et son duché en temps de vendanges 📸

Vendanges à la main.



Adresse

90, Chemin De Sarès Et Prélong. Hameau De Malaïgue
Blauzac
30700

Heures d'ouverture

Lundi 09:30 - 12:30
15:00 - 19:00
Mardi 09:30 - 12:30
15:00 - 19:00
Mercredi 09:30 - 12:30
15:00 - 19:00
Jeudi 09:30 - 12:30
15:00 - 19:00
Vendredi 09:30 - 12:30
15:00 - 19:00
Samedi 09:30 - 12:30
15:00 - 19:00

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