19/06/2026
Hier, vous avez vu une belle photo. 🌅
Une partie de notre exploitation, la lumière dorée de juin, le ciel qui rougit, les arbres en arrière-plan… Un décor qui respire la paix, la douceur, la carte postale parfaite.
Nous, maraîchers, nous y voyons tout autre chose.
Nous voyons des salades qui risquent de monter à graines sans jamais avoir pommé, malmenées par des montagnes russes de températures. Et malgré tout, il faudra payer : les plants, les heures de plantation, la bâche posée puis retirée, la récolte (si récolte il y a), les caisses, l’électricité du forage, le prêt pour le système d’arrosage…
Nous nous souvenons qu’à cet endroit même, il y avait 15 cm d’eau pendant plus d’une semaine à la fin de l’hiver. Et nous vivons déjà une deuxième canicule, alors que le solstice d’été n’est même pas passé.
Nous voyons les figuiers, dont les têtes ont gelé pour la première fois en 7 ans, et qui vont encaisser près de 35°C pendant plus de 10 jours d’affilée.
Nous voyons les serres, protectrices l’hiver, refuges pour les cultures frileuses au printemps, puis fours brûlants l’été… Des fours pour lesquels il a fallu s’endetter sur des années.
Nous voyons les frênes, rongés par la chalarose, qui meurent un à un et abritent désormais les frelons.
Là où certains nous imaginent « chanceux », il y a du stress, du temps, des sacrifices. Mais il y a aussi quelque chose de plus fort : vos sourires, vos mots, vos passages au marché, vos assiettes remplies de ce que nous faisons pousser. La sensation, comme le colibri, de faire notre part. De compter pour vous autant que vous comptez pour nous.
Nous travaillons avec la nature, et aujourd’hui la nature est en burn-out. Essoufflée, déboussolée.
Mais elle n’a pas renoncé.
Et nous non plus.
Chaque saison où l’on replante est un acte d’espoir.
Chaque panier que vous achetez est un vote pour un paysage vivant.
Chaque soutien, chaque partage, chaque engagement à vos côtés dessine un futur où notre photo idyllique ne sera plus un trompe-l’œil, mais le reflet d’un équilibre retrouvé.
Alors on continue, ensemble.
À prendre soin de cette terre, à l’aimer plus fort qu’hier, pour qu’elle puisse encore nourrir demain. 🌱