18/01/2026
J’ai longtemps hésité avant d’écrire ces mots.
Parce qu’exposer sa douleur n’est jamais simple.
Parce qu’on espère toujours que le silence protégera un peu ce qu’il reste…
Mais aujourd’hui, se taire serait accepter l’inacceptable.
Depuis 2019, notre exploitatio vit une épreuve profonde. Un associé a exprimé son souhait de quitter l’exploitation familiale. Un droit, bien sûr. Alors nous avons cherché, encore et encore, des solutions justes, respectueuses, humaines. Malgré les procédures, malgré les tribunaux, malgré l’usure.
Mais depuis un an, tout a basculé.
Nous ne parlons plus de désaccords, mais de destruction.
Des procédures d’expulsion.
La menace de perdre nos terres, nos bâtiments.
La volonté assumée de faire disparaître une ferme familiale entière. Oui… disparaître.
Mon papa travaille sur cette exploitation depuis 1988.
Il y a mis sa jeunesse, sa force, sa santé, ses rêves.
L’associé est arrivé vingt ans plus t**d, mais aujourd’hui il revendique tout, s’appuyant sur des donations plus que discutables, comme si quarante années de labeur pouvaient être effacées par quelques signatures.
Cette ferme, ce ne sont pas que des murs ou des hectares.
Ce sont des matins glacés.
Des soirées sans fin.
Des sacrifices, des renoncements, des mains abîmées par le travail.
38 ans à bâtir, à croire, à transmettre.
Et pourtant, 2026 sera sans doute la dernière année. Non pas par choix. Par contrainte. Par injustice.
Oui, un associé a le droit de partir.
Mais personne n’a le droit de tout anéantir derrière lui.
Personne n’a le droit d’utiliser la loi comme une a**e : huissiers, blocage des aides PAC, comptes bancaires figés… Comment continuer à vivre, à travailler, à espérer quand on vous enlève jusqu’à l’oxygène nécessaire pour respirer ?
Ces mots ne sont pas écrits pour mendier la compassion.
Ils sont écrits pour dire la vérité.
Pour rappeler que derrière des dossiers, il y a des vies.
Papa, sache une chose : nous sommes fiers de toi.
Fiers de l’homme que tu es.
Fiers du combat que tu mènes sans jamais baisser les bras.
Fiers de ta dignité face à l’injustice, de ta force face à l’épuisement.
Quoi qu’il arrive, personne ne pourra jamais effacer ce que tu as construit, ni ce que tu nous as transmis.
« Combattu souvent, battu parfois, abattu jamais. »