11/07/2026
🍷 Aujourd’hui, l’AOC Vouvray a 90 ans. Et tout a commencé bien avant.
Le 8 décembre 1936, un décret change l’histoire de notre territoire pour toujours. En quelques lignes, il trace une frontière invisible mais immuable, celle d’une appellation. Huit communes. Un seul cépage. Un nom.
Vouvray.
Mais derrière ce texte officiel, il y a seize siècles de travail. Seize siècles de mains dans la terre, de regards vers le ciel, de paris sur le temps qu’il fera demain. C’est Saint Martin qui, en 372, plante les premières vignes au pied de l’abbaye de Marmoutier. Ce sont les moines qui les taillent et les soignent pendant des siècles. Ce sont les rois de France, au XIVe siècle, qui font servir ce vin à leur table. Ce sont les marchands hollandais du XVIIe siècle qui l’exportent jusqu’en Angleterre, en Hollande, dans toute l’Europe du Nord.
Le chenin voyageait déjà. Avant même d’avoir son nom.
En 1906, Charles Vavasseur fonde le Syndicat des vins de Vouvray. Trente ans de combat pour obtenir la reconnaissance officielle de ce que les vignerons savent depuis toujours : que ces coteaux-là, ce tuffeau-là, cette lumière-là, produisent quelque chose qui n’existe nulle part ailleurs.
En 1936, la France leur donne raison.
Depuis, Vouvray ne cesse de prouver. Des secs tendus et minéraux qui font taire les sceptiques. Des demi-secs soyeux qu’on ouvre pour les grandes occasions. Des moelleux de légende qui dorment des décennies dans nos caves avant de se révéler. Et ces fines bulles, nées ici bien avant que la Champagne ne réclame l’exclusivité de l’effervescence.
Un cépage. Quatre expressions. Une infinité de millésimes.
Gaston Huet, le “Pape du Vouvray” comme on l’appelait, a passé sa vie à défendre cette appellation au sein de l’INAO, à en plaider la grandeur, à en garantir l’exigence. Philippe Brisebarre ouvre encore aujourd’hui ses caves pour que l’on comprenne ce que vieillir veut dire quand le vin est fait pour durer.
Et sur nos huit communes, Vouvray, Rochecorbon, Vernou-sur-Brenne, Chançay, Noizay, Reugny, Parçay-Meslay, et le quartier Sainte-Radegonde de Tours, des dizaines de vignerons continuent, millésime après millésime, de tenir cette promesse faite en 1936.
Celle de ne jamais trahir le terroir.
90 ans. Ce n’est pas un chiffre. C’est une fidélité.
Bonne fête à tous ceux qui font vivre cette appellation. Aux vignerons, aux cavistes, aux passionnés, aux amateurs du monde entier qui ont un jour ouvert une bouteille de Vouvray et ne l’ont plus jamais oublié.
Et à vous, qui vivez sur ce territoire sans peut-être mesurer toujours la chance que vous avez.
Ce soir, ouvrez une bouteille. Elle le mérite. Vous aussi. 🥂