22/07/2026
Le perce-oreille est un allié du jardin, c'est vrai. Mais soyons honnêtes jusqu'au bout : c'est un allié gourmand, et connaître ses deux visages permet d'en tirer le meilleur.
Commençons par ce qui plaide en sa faveur, car c'est l'essentiel. Le forficule est un prédateur nocturne redoutable pour les ravageurs. Il dévore les pucerons, les psylles, les acariens, les œufs de limaces et quantité de larves. Son efficacité n'est pas une simple croyance de jardinier : l'INRA a démontré qu'il régule très bien le psylle du poirier dans les vergers. À ce titre, c'est un auxiliaire précieux, au même titre que la coccinelle.
Mais il faut dire l'autre face, celle que le mythe fait oublier. Le perce-oreille est omnivore. Quand ses proies se font rares ou qu'il est en surnombre, il se rabat sur les végétaux tendres : il grignote alors les fruits bien mûrs, surtout les pêches, abricots et prunes, et parfois les jeunes pousses. C'est même ce qui lui a valu jadis sa réputation de ravageur.
Le bilan, pourtant, est clair : ses menus dégâts sont largement compensés par les ravageurs qu'il élimine. Et on peut même retourner sa gourmandise à son avantage. Un pot de fleurs renversé, garni de paille, posé dans un arbre, sert d'abri : on le déplace ensuite au pied des plantes couvertes de pucerons, et le forficule s'en régale.
Un auxiliaire qui croque parfois une pêche reste un auxiliaire. Le solde est très largement en sa faveur.