17/08/2026
Lundi 17 août 2026.
Nous avons aujourd’hui vendangé notre parcelle d’HERMITAGE BLANC.
Résultat des courses : 14,2 % d’alcool probable après fermentation.
C’est du jamais vu !
Mais j’ai l’impression que du « jamais vu », on en voit souvent en ce moment…
Je me souviens d’un temps pas si éloigné où je chaptalisais (ajout de sucre dans le jus de raisin pour augmenter le degré final du vin) presque toutes les cuves, tellement il manquait de sucre dans les raisins.
Et les vendanges avaient lieu mi-septembre, parfois fin septembre.
Aujourd’hui, plus besoin d’ajouter du sucre. On voudrait presque en enlever.
Et nous vendangeons aux alentours du 15 août.
C’est complètement fou.
Alors aujourd’hui, j’ai envie de rendre hommage à la nature. Et de remercier les vignes en particulier.
Malgré le soleil, la chaleur, le sec, elles ont réussi à puiser les ressources nécessaires pour nous offrir une récolte de qualité et en quantité.
Et ce, malgré nos « pas amis », les « coupe-bourgeons » du printemps. Celles et ceux qui ont suivi mes aventures précédentes sauront de qui je parle…
Il faut aussi que je prenne conscience de la chance que j’ai de cultiver un végétal aussi résilient et robuste que la vigne.
Et forcément, je pense aux maraîchers, aux éleveurs, aux apiculteurs et à toutes ces paysannes et tous ces paysans qui, eux, se retrouvent cette année dans des situations extrêmement difficiles.
Je pense aussi à toutes ces personnes qui ont perdu leur maison, leur entreprise, leur forêt, leurs champs et, quelquefois, leurs proches.
Tant de misère.
Et puis il y a les végétaux et les animaux, dont on parle si peu et dont, finalement, on se fout beaucoup.
Combien sont morts de soif ?
Combien ont brûlé ?
Et pendant ce temps-là, nos cravates se pavoisent et glosent, parées de leurs beaux attributs. Elles parlent avec une telle dextérité qu’elles finiraient presque par nous rappeler à quel point elles doivent être supérieures et vénérables. Oh ! ils sont si beaux. Et leur talent, si magnifique.
Mais ce qui m’impressionne davantage, c’est l’incroyable patience de ceux qui ont tout perdu.
Et celle de tous les autres, qui subissent, encaissent et continuent. Sans trop ronfler.
Il n’y a rien à attendre des cravates.
Rien.
Rien.
Rien.
Alors peut-être serait-il temps de réfléchir sérieusement à l’organisation d’après, avant que pire encore ne nous tombe dessus.
Bon, je dois y aller.
Demain, nous continuons à vendanger nos Crozes-Hermitage blancs.
Eux ne font « que » 13 % d’alcool probable !
Mais pas de problème. Tout va bien…L'automne arrive. On parlera bientôt que des cadeaux de Noël. Alors pourquoi pas une belle cravate à pois ?... 😏