28/08/2026
Nous repartageons ici l'article paru chez Splann - Lanceur d'enquêtes fin juillet concernant notre affaire.
La toile semble s'enflammer aux vues des nombreux commentaires qui laissent à penser que nous sommes totalement hors les clous et que l'opération coup de poing qui s'est déroulé chez nous le 10 juin était bel et bien justifiée.
Nous rappelons que nous avons rendus public tous les documents que nous avons en notre possession (analyses, ordonnances du procureur et courriers divers) sur le site internet dédié au collectif qui s'est crée autour de nous.
Le lien ici : https://collectif-trofalher-bzh.e-monsite.com/
Nous rappelons également que nous sommes toujours dans l'attente d'éclaircissements de la part des administrations concernées, pour l'instant silence radio...
Nous sommes parvenus avec une aide précieuse à sauver notre activité, ce qui nous a récemment vallu un "avertissement administratif" de la part des services de la DDPP.
Pour notre part évidemment nous apporterons une suite à toute cette affaire, n'hésitez pas à rejoindre le collectif pour être tenu informé en nous envoyant un mail à : [email protected]
Cet article traite essentiellement des services de la DDPP mais comme certains le savent, nous sommes aussi attaqués concernant l'urbanisme. Cet aspect représentera le second volet que nous aurons à traiter et que nous rendrons également public.
Pour finir, merci encore à tous ceux qui nous entourent et à l'ensemble de nos clients qui continuent de nous faire confiance. Les entraves auxquelles nous devons faire face ne représentent pas grand chose par rapport à la mobilisation qui s'est crée autour de nous. Et même si notre activité n'est pas énorme, nous avons compris qu'elle avait vraiment sa place dans le paysage local et tout cet épisode nous aura encore plus déterminé à défendre le métier que nous avons choisi 🐐🐐 🧀🧀🐄🐄
Les surfaces consacrées à l’agriculture bio stagnent en France, faute de soutien public. Pour les producteurs qui font le choix des circuits courts, l’application des normes sanitaires constitue un autre défi. 🐐
Dans notre infolettre de juillet, nous vous racontions les difficultés rencontrées par Margot et Pierre Dinahet. Installé depuis 2015 à Guerlesquin, dans le Trégor finistérien, ce couple d’éleveurs se bat pour fabriquer et commercialiser ses fromages de chèvre à la ferme.
Le 10 juin 2026, trois gendarmes se présentent sur leur exploitation pour un contrôle inopiné, munis d’un ordre de réquisition du procureur. Ils sont accompagnés de plusieurs contrôleurs de la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM), de la direction départementale de la protection des populations (DDPP) et de l’Office français de la biodiversité (OFB).
Dix jours plus t**d, la DDPP informe le couple que les analyses réalisées lors du contrôle révèlent un léger dépassement du seuil d’Escherichia coli. Quelques heures après un échange téléphonique avec les éleveurs, la responsable de la DDPP leur annonce finalement la fermeture administrative de leur activité et l’interdiction de commercialiser leurs fromages.
La décision s’appuie notamment sur l’absence d’autocontrôles réalisés sur l’eau et les produits. Elle intervient alors que l’exploitation n’est pas raccordée au réseau d’eau potable : l’eau utilisée pour nettoyer le laboratoire provient d’un captage.
Très vite, une chaîne de solidarité se met en place autour de Margot et Pierre. Le couple reçoit le soutien de ses clients, parmi lesquels des professionnels de la santé et de l’hygiène, mais aussi du Collectif Trofalher BZH, du nom de leur ferme.
Pour sortir de cette situation, plusieurs solutions sont envisagées. Le couple propose notamment de se ravitailler régulièrement en eau du réseau ou de mettre son forage en conformité. C’est finalement le déplacement du laboratoire qui est retenu. Le nouvel atelier, situé à environ 800 mètres de la ferme, est raccordé à l’eau du réseau.
Le 23 juillet, l’interdiction d’affinage sur la ferme est levée et la fabrication est autorisée sur le nouveau site. Dès le lendemain, les fromages retrouvent les étals du marché de Quenequen, à Scrignac.
Cette nouvelle ferme, qui compte 17 hectares de terres, est au cœur d’un projet collectif porté depuis un an par les éleveurs. Ils souhaitent l’acquérir afin d’y « installer d’autres paysans » et de sécuriser l’accès à des terres agricoles soumises à une forte pression foncière.
Si l’épisode a permis à Margot et Pierre Dinahet d’avancer vers ce projet, il montre surtout à quel point l’application des normes sanitaires peut représenter un défi pour les petites exploitations, notamment lorsqu’elles fonctionnent en circuit court et transforment elles-mêmes leur production.
« De nombreux contrôleurs ne prennent pas en compte la spécificité fermière, estime Romane Jany, chargée de mission élevages fermiers à la Fédération nationale des éleveurs de chèvres (Fnec). L’interprétation de la réglementation n’est pas homogène selon les inspecteurs et les départements. »
👉 Un article signé Faustine Sternberg, à lire en intégralité sur splann.org (lien dans les commentaires).