21/06/2026
Je crois que je n’ai plus les mots.
Oui, il fait très chaud. Mais en France en 2026 pendant la Fête de la Musique, la vente d’alcool est interdite en terrasse par arrêté préfectoral.
Où allons-nous ? Quel modèle construisons-nous ? Une région d’excellence viticole et brassicole qui se résume peu à peu à des interdictions de consommer ses propres produits ?
« Pour des raisons de sécurité » ou sanitaires, les interdictions se multiplient. Bien sûr, l’abus d’alcool est un problème, surtout par fortes chaleurs. La filière alsacienne a toujours promu une consommation responsable.
Mais j’ai peur. Peur du monde qui nous attend lorsque l’interdiction devient le réflexe systématique.
Sous la canicule, il existe déjà de bons réflexes : s’hydrater, rechercher l’ombre, prendre soin des plus fragiles. Pourtant, j’ai le sentiment que demain, boire un verre en terrasse pourrait presque devenir un acte militant.
J’ai une pensée pour nos producteurs, restaurateurs, cafetiers et associations qui font vivre la convivialité de nos villages. Ce débat dépasse le simple verre de vin. Il pose une question profonde : quelle place voulons-nous encore laisser à la confiance, à la responsabilité individuelle et à cet art de vivre qui fait l’identité de notre région ?
Oui à la sécurité, à la santé et à la prévention. Mais non à une société qui répond à chaque difficulté par une interdiction.
Une société forte n’est pas celle qui interdit tout, c’est celle qui éduque, responsabilise et fait confiance à ses citoyens.
À force de vouloir supprimer tous les risques, nous pourrions bien effacer ce qui fait la richesse de notre vivre-ensemble : la liberté, le partage et le bon sens.
Le jour où savourer un vin d’Alsace en terrasse devient un problème, ce n’est peut-être plus le vin qu’il faudra interroger, mais la société que nous aurons choisi de construire.
👉🏻 Bonne fête des Pères🥂