24/09/2026
Rétrospective et mise à nu
Pour ceux qui me suivent, vous le savez, je suis absent des marchés depuis plus de trois semaines pour reconstituer les stocks. D’avril à août, vous avez été nombreuses et nombreux à m’avoir fait confiance pour vos moments apéro et, bien que préparé, j’ai été dévalisé. Je ne peux que vous en remercier. Dans ma précédente vie, je trouvais que ces moments de remerciements étaient parfaitement hypocrites de la part des commerçants. En gros, je vous remercie de me faire vivre et de me donner votre argent, je ne vous connais pas et c’est normal que je sois récompensé pour mon travail … Je constate que c’est bien plus nuancé qu’il n’y parait. C’est sans nul doute le fait de fabriquer son produit et que vos achats le valident qui m’amène à penser autrement. Il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis comme on dit.
C’est pourquoi j’avais envie de vous montrer une touche supplémentaire et particulière de sincérité. Pas que quotidiennement je ne le sois pas avec vous mais j’éprouve plutôt l’envie de vous témoigner une goutte de fragilité, une sorte de mise à nu, chose peu courante de nos jours à mes yeux.
De la transparence, pas de marketing !
Je vous l’avoue, c’est la première fois que j’ai cette impression de « réussi ». Enfin une activité qui me semble juste et validée par autrui. J’ai toujours fait les choses bien selon moi avec du scrupule, de la méthode. Mais elles paraissaient si fadent. Peu de remerciements, très peu de compliments « vraiment sincères ». Du conventionnel sans bienveillance, vous me suivez ? Vous faites votre travail, vous y mettez de l’envie et de la rigueur mais le seul fruit perçu est votre salaire. Problème de management ? Sûrement. Problème sociétal symbolisé par une absence de reconnaissance ? Evidemment.
Par le simple fait de goûter mes produits, de revenir les semaines suivantes, d’en parler autour de vous, toutes ces choses valident, en quelques sortes, mon utilité et me comblent. J’existe ! Je ne suis qu’un homme, pardonnez-moi. Mon égo est ravi mais je m’interroge plus profondément sur la nécessité de cette validation. C’est probablement le besoin d’empierrer ce puit de méfiance et d’inquiétude qui nous habite tous.
Avant ça, j’ai tenté de trouver une activité pour vivre correctement. Doctorant en économie des transports pour brasser du vent, mandataire immobilier, professeur d’économie au lycée ou vendeur salarié d’olives. Autant de facettes que d’échecs. S’accrocher à chaque face d’un dé est peut-être une façon de ne pas tomber aux oubliettes mais c’est certainement la meilleure manière d’ignorer le reste du cube et de trouver sa place. Et c’est grâce à vous que je m’y retrouve progressivement.
J’en reste là pour aujourd’hui, c’est un plaisir de mettre des mots sur un ressenti qui mérite d’être partagé. J’espère que vous êtes capable d’en faire de même avec vos proches, vos connaissances, vos collègues ou autres âmes présentent sur ce globe.
Cœur sur vous !