27/01/2023
Cela faisait partie de ces soirs.
Intenses, beaux, durs.
Marianne coincée dans le métro, alors j’ai géré seul.
Ambre éclatée de fatigue à cause de son angine. Swann éclaté de fatigue car il n’a pas voulu faire de sieste à la crèche.
L’air qui crépite, les lentilles qui volent.
Un faux mouvement devient un drame, comme cette tétine tombée dans la mousse du bain, comme ce chauffage un peu fort « ma peau va fondre ! » comme ce biberon préparé pour l’un et l’autre qui hurle et se jette par terre.
Je suis fier de moi. Je n’ai pas craqué, pas crié, je n’ai pas perdu mes moyens comme ça m’est déjà arrivé. Enfin si, un peu, quand les lentilles ont volé partout dans le salon.
Ambre avait des noeuds dans les cheveux, enfin plutôt un énorme noeud à la place des cheveux, fruits de 4 jours de maladie, de non-lavage, de sueur. Essayant de les brosser, j’ai murmuré « Maman saurait mieux faire ». Et puis j’ai dit : « Et pourquoi elle saurait mieux ? On va chercher. » Sur YouTube, tuto pour démêler les cheveux longs. 40 minutes plus t**d (je savais pas que ça prenait autant de temps), ses cheveux sont lisses comme de la soie. Les mères ne savent pas mieux que les pères. Sur aucun sujet. C’est une question d’investissement, d’envie de faire, d’application. D’expérience, mais l’expérience s’acquiert. Se conquiert. Dire que les mères sont naturellement plus aptes à s’occuper des enfants, c’est s’inventer une mauvaise excuse pour ne pas faire. C’est fuir ses responsabilités. Il n’y a pas un gène du changement de couche ou du brossage de cheveux. Juste une envie de faire, ou pas.
Moi ce soir je suis fatigué mais fier.
Pas parce que je suis un homme et que je me suis occupé de mes enfants (rien d’héroïque ici), mais car il est 20h, que tout le monde est couché et la maison rangée.
Il faut savoir savourer les petites victoires du quotidien.