06/04/2026
« Séparation » 💔 Sortez les pop-corn! 🍿🍿🍿
J’ai reçu cette semaine plusieurs messages me demandant quand était la prochaine vente.
J’avais envie de vous répondre que s’était encore une nouvelle fois assez confus ! Enfin presque !
Et puisque vie privé et vie professionnelle étaient bien emmêlées ces derniers temps sans plus aucunes frontières alors je vous embarque avec moi pour un petit retour en arrière.
Certains savent, d’autres pas, d’autres à mi- mots mais avec l’éleveur nous sommes séparés depuis déjà quelques mois.
J’ai encore du mal à le dire, d’ailleurs quand je vous rencontre je ne sais jamais quoi dire, à quel moment on cale cela dans une discussion, est-ce nécessaire d’ailleurs de le faire et en même temps je ne suis clairement plus sur la ferme. En revanche nous restons associés (à minima pour moi) et parents à vie.
Comme bien souvent en campagne, on dit rien, on baisse la tête, on continue et on réécrit l’histoire … comme si de rien …
Mais en réalité ces derniers mois ont été violent.
Les personnes les plus proches géographiquement et les autres les plus familières ont fait trembler mon identité.
Pour les premières l’année dernière, pour la première fois j’ai posé des limites, un cadre. (9 ans après mon arrivée, il était temps.) On parle souvent de cadre pour les enfants mais rarement de celui pour les adultes. (Il est pourtant souvent plus difficile car on n’ose pas, par peur). Au début souple puis ferme et cette fois je suis resté ferme parce que malgré le fait que nous habitions en campagne chez nous dès les beaux jours cela devenait cassosland! (Spectacle généralement réservé aux intimes avec un bonus pour certains artisans et voisins).
Ainsi mon année 2025 a été ponctuée de dénigrements, mensonges, intimidations, menaces de mort, insultes, retournement de situation (c’est fort quand même !), plaintes non fondées, jusqu’à des incidents routiers et violence physique. Pour la première fois j’ai été confrontées aux gendarmes à plusieurs reprises, jusqu’aux prises d’empreintes, photo de profil, le truc comme dans les films. Cela a fini au tribunal ! ou franchement je n’ai même pas réussi à me défendre correctement.
Ces gens de par leur colère et leur vulgarité ont réussi à mettre en lumière cette faille qui était déjà bien présente avec l’éleveur ☀️.
Sans parler de l’autre qui a enchainé les petits coups vicieux (pour rester poli) et les mensonges à la suite et depuis mon installation. (Il faut dire que quand on reprend du terrain dans le secteur, c’est comme avoir un puit de pétrole ou une mine d’or dessus, sans toucher le pactole !)
Cela est venu réveiller ma place dans cette ferme auquel je n’ai pas réussi à prendre pleinement. J’ai été maman à temps plein, j’ai découvert l’entreprenariat grâce la vente directe que j’ai adorée et j’étais femme d’agriculteur. Mais c’est l’éleveur qui faisait ses propres choix à la fois financiers et pour son troupeau. Je ne me suis jamais considéré agricultrice, pour autant c’était mon quotidien et j’ai aimé la pluridisciplinarité de cette vie bien remplie.
Quand je suis partie de la maison en décembre, ou je ne me sentais plus en sécurité il était clair que je voulais continuer à développer mon activité sur la ferme tout en étant présente pour mes enfants et l’éleveur. Et cela tombait bien car avec la ferme, il y avait peu de place pour le reste.
Mon objectif, un lieu ou l’on puisse explorer, l’animal, le végétal et l’art. Créer du lien.
J’aime la Vie, le vivant m’a toujours fasciné et grâce à mes enfants, j’ai découvert aussi tout un monde, celui de l’enfance et des différentes pédagogies autour.
J’avais un nom, plusieurs espaces dédiés, pour la première fois cela prenait Vie, il me manquait la forme, (un studio, des ateliers, une after school ..). Et cela s’intégrait parfaitement avec la vente directe et ma vie de maman.
Mais à cela, c’est ajouté le clan familial, à peu près présent dans toutes les strates de notre vie! pro ou privé, je ne cochais plus les cases depuis plusieurs années ! Et à vrai dire je ne m’attendais pas un tel déferlement contre moi suite à mon départ au mois de décembre…
Il faut dire que le contexte n’a pas aidé non plus. En période sensible à l'approche de la retraite et une potentielle reprise. Plutôt difficile, avec des visions différentes, aucuns plans et une communication compliquée.
Le patriarcat dans toute sa splendeur (de la peur, du contrôle, pas de place à la nuance, il faut avoir raison).
J’ai persévéré, et puis en février j’ai compris que ce n’était pas vraiment aligné ! S’était allé trop loin et cela continuait de tous les côtés, je n’avais plus l’énergie.
Je me suis écroulé durant plusieurs semaines.
Et puis le printemps est arrivé avec son renouveau. Grandir, apprendre, se confronter à soi-même, dépasser la colère, accueillir ses peurs, ses limites, merci la vie pour ces enseignements❤️.
En début d'année j’avais envie de souhaiter à toutes ces personnes de prendre enfin la responsabilité de leur vie. Et comme quoi, les autres sont souvent un miroir. C’est moi qui ai pris les miennes 😊 Aucuns regrets.
Le point commun de cette histoire, les hommes. J’ai pu pleinement mesurer le pouvoir et le privilège d’être un homme blanc ! Qui sont d'ailleurs défendus et validés !
J’ai décidé de déposer cela ici parce que je me suis sentie minimisé dans ce que j’ai traversé et puis cela fait désormais partie de notre histoire et celle de la ferme.
Pour l'instant, on s'entend encore bien avec l'éleveur malgré quelques sujets sensibles mais on se retrouve chacun de son côté ☀️.
Reste la vente directe !
En début d’année j’avais arrêté des dates et des animaux étaient prévus.
En février, je n’y voyais plus de sens, à vrai dire je me suis détaché petit à petit de la ferme, ce lieu ou je m’étais tant projeté et investi.
Aujourd’hui je n’ai plus vraiment le cœur à le faire mais mes valeurs sont toujours présentes et vous. Plus que jamais je crois qu’il est important de consommer bio et local que ce soit pour notre santé, notre environnement et notre budget. (oui oui!)
J’avais déjà remis en question la vente directe au mois de septembre.
Et puis dernièrement, je me suis demandé si cet espace ne pourrait pas resté cette fois un endroit ou je pouvais m’exprimer un peu plus librement. (D’ailleurs j’ai préparé quelques postes).
Avant, j’avais besoin de validation et puis dernièrement, avec tout ce que j’ai pu entendre sur moi, j’ai compris qu’il était temps que je prenne ma place, peu importe ce que l’on penserait de moi et d’oser.
Je vous embrasse,
Justine.