31/08/2026
🗣️ Mise au point suite à mon post d’hier
Suite à mon post d’hier sur les dégâts de sangliers dans notre champ de tournesol, je voulais apporter quelques précisions, parce que certains commentaires montrent surtout une méconnaissance de la réalité agricole.
Oui, nous serons indemnisés. Un expert est venu constater les dégâts et a confirmé qu’ils étaient bien dus aux sangliers. Mais soyons clairs : je ne fais pas mon métier pour toucher des indemnisations. Je le fais pour récolter le fruit de mon travail. Une indemnisation ne remplacera jamais une récolte détruite, ni les heures de travail, les semences, le carburant et toutes les charges engagées.
Et non, les dégâts ne sont pas dus au vent. Les louvetiers sont intervenus à plusieurs reprises et les dégâts ont été constatés. Oui, le tournesol a souffert de la sécheresse cet été, les pigeons ou nous avons installer épouvantail, effaroucher, tour de garde et cela aura forcément un impact sur notre rendement. Mais la sécheresse n’a pas détruit notre culture : les dégâts de sangliers, eux, oui.
J’ai également lu qu’un agriculteur serait forcément « riche » parce qu’il aurait 900 000 € de patrimoine… Il faut arrêter de confondre patrimoine professionnel et argent disponible. Une exploitation, c’est un outil de travail : terres, bâtiments, matériel, installations… Et ce patrimoine représente souvent plusieurs générations de travail, des heures innombrables, des années difficiles où certains ont travaillé sans compter et parfois sans même se verser de salaire pour maintenir l’exploitation et la transmettre.
Ce patrimoine, c’est le fruit de générations de sacrifices, pas une fortune qui dort sur un compte bancaire.
Et pour ceux qui disent qu’il n’y a pas de clôture : si, il y en a bien une en haut du champ, installée par les chasseurs. Je ne dis donc pas que rien n’est fait. Mais manifestement, ce qui est fait aujourd’hui ne suffit plus.
Chez nous, le problème est aussi compliqué par les tensions entre différentes chasses qui, parfois, se renvoient la b***e et se tirent dans les pattes. Pendant ce temps, le problème, lui, continue de s’aggraver.
Je ne cherche absolument pas à faire une guerre agriculteurs/chasseurs. Nous sommes complémentaires et nous avons besoin les uns des autres. Ce que je souhaite, c’est que nous puissions enfin travailler ensemble, main dans la main, pour trouver de vraies solutions.
Parce que ce qui m’épuise aussi, c’est de devoir constamment justifier mon travail, mes pertes et mes choix, parfois auprès de personnes qui ne connaissent absolument pas les réalités du monde agricole.
Et surtout, arrêtons de considérer l’indemnisation comme une solution.
« Ce n’est pas grave, l’agriculteur sera indemnisé » : NON.
Moi, je préférerais mille fois récolter le fruit de mon travail plutôt que d’être indemnisée parce qu’il a été détruit.
Le sanglier devient un véritable problème dans nos régions. Les années passent, les dégâts augmentent, et fermer les yeux ne fera qu’aggraver les choses.
Je ne demande pas la guerre. Je demande que chacun prenne ses responsabilités, que les querelles passent au second plan et que les fédérations de chasse prennent pleinement la mesure du problème.
Il faut des réponses fortes, concrètes et collectives. Parce qu’à force de laisser faire, demain ce sera encore pire.