03/09/2026
Vendanges 2026 à Meursault - observations et perspectives
Nous terminerons de couper nos raisins de Pommard la semaine prochaine mais dès hier - 2 Septembre 2026 - nos vins blancs étaient tous « rentrés », soit une période de coupe manuelle qui s’est étalée sur dix journées du 24/08 au 2/09, seule l’année 2003 fut plus précoce d’une journée au domaine. Nous avions démarré le 23 Août.
Il s’agit pour nous de la seule année de la décennie - et depuis 2011 - où nous avons récolté nos crus à partir du mois d’Aout.
La seule!
Il était assez évident que nous aurions une saison précoce à partir de la mi-juin et des premières très fortes chaleurs et puis un passage de la floraison assez rapide qui a chez nous généré assez peu de coulure - même s’il y en a eu dans deux secteurs - car nos vignes avaient été taillées t**d en Mars.
Beaucoup de pluies cet hiver, point de gelées, point de maladies, très peu de passage pour traiter la vigne - 5 à 6 selon les secteurs - une floraison quasi idéale et des grappes en abondance…tout partait bien.
Puis…75 jours de canicule à partir du 10 juin!
Très vite nous avons compris qu’il ne fallait plus baisser les rameaux de la vigne en laissant les ombres portées protéger les raisins tout en aidant la vigne en positionnant deux aspersions ciblées de kaolin - poudre d’argile bio-controle - pour limiter l’evapo-transpiration et couvrir les raisins pour les prémunir de l’échaudage et de la grillure .
En restant lucide et en prenant en considération nos choix passés opérés lors des années chaudes nous savions que notre vignoble était armé pour résister à la chaleur - 2019 fut une sorte de révélation ! - et qu’il était hors de question de paniquer en raison du ressenti de nos corps en souffrance…
…la vigne est plus résiliante que l’humain, surtout lorsqu’elle est bien implantée!
La suite vous la connaissez si vous lisez ces lignes - que certains imaginent coûteuses en temps pour son rédacteur, ce qui me fait sourire tant je puis écrire vite et à n’importe quel moment sur mon phone - notre récolte a été meilleure que ce que nous pensions et les fruits - de taille mesurée - présentent tous les équilibres d’une année chaude…
…mais pouvait-il en être autrement!?
Des degrés allant de 12.6 à 14,4 potentiel - bien moins que 2019, 2020 et 2023 - et des rendements s’étalant de 26 hl/ha - les vieilles vignes de coteaux - à 48 hl/ha en Aligoté et Bourgogne blanc. La moyenne
des Meursault « villages » devrait se situer aux abords de 40 hl/ha. Un peu plus en Pellans, un peu moins en Millerands et Meix-Chavaux.
Merci à la pluie du 27 Août…35 millimètres géniaux!
Les acidités totales sont moyennes mais possèdent une part tartrique salvatrice qui fait que les premiers moûts possèdent une très belle fraîcheur lorsqu’ils sont comme en ce moment à 1025/1050 de densité.
Tout fermente évidemment en fût tant il est évident qu’on ne produit pas un Meursault en fermentant en cuve ou sous verre avant de le placer « par principe »dans le bois…hérésie de faiseur irrespectueux.
L’année se présente bien et il est évidemment temps de signifier qu’encore une fois prendre des risques fait partie de notre métier et qu’il est hors de question de définir une date de vendanges en fonction de la disponibilité des coupeurs cornaqués par des escouades de mercenaires la plupart du temps sans foi ni loi.
Il est temps de revenir aux bases…