20/07/2026
L’alimentation des mineurs de fond en France après 1945 : de la charcuterie italienne dans les sandwichs des mineurs de Ronchamp et de Moselle
L’alimentation des mineurs a connu une amélioration qualitative et quantitative. Pour les familles ouvrières françaises, des études sociologiques et des enquêtes de l’INSEE, ont mis en évidence cette évolution. Mais celle-ci a été peu étudiée par les historiens, spécifiquement pour les mineurs qui constituent pourtant un
groupe social emblématique du monde ouvrier : à la fois par ses effectifs, son rôle politique et social central dans les années 1950-1960, et dans sa façon de subir la désindustrialisation dans le dernier quart du XXe siècle.
L’alimentation domestique des ouvriers des mines de charbon et
de fer s’améliore en se diversifiant. Ensuite, la présentation des évolutions du casse-croûte dans les mines de fer puis dans les houillères permet de connaître les conséquences des mutations professionnelles à l’œuvre dans le monde de la mine sur la composition et le temps du repas pris sur le lieu de travail.
À partir des années 1950, même si le niveau des salaires peut varier en fonction du nombre d’heures supplémentaires effectuées au fond ou au jour, les repas sont plus diversifiés et plus copieux. Bien que « Le pain, les pommes de terre, le café au lait, la charcuterie forment la base de l’alimentation, avec le beurre et l’huile, le fromage et quelques fruits. Les travailleurs d’une même famille sont rarement affectés au même poste, ce qui multiplie le nombre des repas et des casse-croûtes à prévoir. » La composition des
achats de nourriture est ainsi liée au casse-croûte : « La nécessité de préparer des repas rapides à emporter explique la grosse consommation de pain et surtout de charcuterie.
Dans les mines, les vagues successives d’immigration italiennes d’abord puis d’autres nationalités européennes,en premier lieu les Polonais, augmentent la diversité des repas ouvrier à
mesure qu’une nouvelle population naît de rencontres internationales dans les lieux de travail et les cités ouvrières, puis de la fusion par mariages des individus issus de l’immigration ou descendants d’immigrés.
L’importance des charcuteries italiennes – Coppa, Mortadelle, Pancetta, et polonaises – Kaszanka– renforce principalement la diversité de l’offre en cochonnaille ! Cette fusion des habitudes alimentaires de traditions diverses est importante pour la table des mineurs qui, comme leurs descendants,ont appris rapidement à connaître et apprécier les spécialités culinaires importées par les immigrés, tout en propageant l’idée, dans les populations ouvrières où le nombre de personnes d’origine immigrée est élevé, que ce sont les étrangers qui ont appris à manger aux mineurs Français.
Plus généralement, le monde de la mine, par l’intermédiaire des
populations issues de l’immigration, favorise la diffusion d’une culture alimentaire diversifiée.