21/07/2026
On nous le demande souvent en ce moment : Chez nous ça va, ou plutôt, ça pourrait être pire.
Après l'euphorie d'avoir pour la première fois, depuis notre installation, des tomates au début du mois de juillet, la réalité nous rattrape peu à peu. Nous passons notre temps à arroser des légumes mourant qui n'arrivent pas à s'implanter pour l'automne. La citerne est à sec, le bassin se vide rapidement, et pourtant nous n'arrosons presque pas, ou du moins pas suffisamment. L'envie de lâcher l'affaire est omniprésente. Nos corps suffoquent, ça fait des mois que nous travaillons de 6h à 13h et le soir. Les mauvais rendements et les mauvaises journées de récoltes s'accumulent. Sans pluie dans le mois, nous laisserons tomber la fin de notre saison. Nous vivons donc avec une épée de Damoclès sur la tête, passant notre temps à actualiser les prévisions météo. Le gouvernement n'est pas là. Comme la plupart des agriculteurs, nous sommes seuls face à ce défi climatique.
Heureusement le sourire et la sollicitude des gens au marché rebooste notre moral en berne (Merci 😘 ).
Pourtant, à 750m d'altitude, avec du maraîchage 4 saisons et des ateliers diversifiés, nous sommes bien mieux lotis que d'autres.
Hier soir, à la sortie d'une réunion avec des paysan.nes, quel sentiment choisir entre la colère, la sidération, la résignation ?
Ce qui se passe cette année est du jamais vu, pour l'élevage :
❌ Des estives et prairies grillées,
❌ Des bêtes qui n'ont plus d'eau en estives et qui doivent redescendre,
❌ Des éleveur.ses qui tapent déjà dans les stocks de fourrages de l'hiver, sachant qu'ils ne pourront probablement faire de regain à l'automne
❌ De l'eau montée en estive à dos d'hommes
❌ La FCO (fièvre catarrhale ovine) qui repart de plus belle, augmentant une mortalité déjà accentuée par la chaleur et le manque d'eau, des vaccins non disponibles et payants
❌ Les cours du boeuf s'effondrent par manque de débouchés à l'engraissement, par manque de fourrage...
Mais aussi pour les cultures :
❌ Des maraîchers qui n'ont plus d'eau,
❌ D'autres qui en plus ont pris la grêle, plusieurs fois, sachant que la tempête Nils avait déjà fait pas mal de dégâts cet hiver,
❌ Des légumes qui grillent, des fleurs qui coulent, les fruits qui tombent, et j'en passe...
❌ Une très grande difficulté à implanter des jeunes plants pour l'automne,
❌ Des rendements en maïs qui s'annoncent catastrophiques, comme d'autres cultures.
Sans parler de l'inflation sur les carburants, des tensions sur l'approvisionnement en engrais... et du contexte agricole qui était déjà morose...
Beaucoup de paysan.nes sont au delà de ce qu'iels peuvent encaisser, et sont à deux doigts de jeter l'éponge... Plus que jamais, il y aurait besoin que les citoyen.nes affichent leur soutien aux producteur.ices, et expriment les transitions qu'iels veulent voir dans notre modèle agricole. Nous ne devons pas laisser ce débat à quelques syndicats agricoles proches de l'extrême droite et à l'agroindustrie.
La loi d'urgence agricole qui vient d'être votée devrait également nous pousser à proposer 𝐮𝐧𝐞 𝐚𝐮𝐭𝐫𝐞 𝐯𝐨𝐢𝐞, 𝐮𝐧 𝐟𝐮𝐭𝐮𝐫 𝐚𝐠𝐫𝐢𝐜𝐨𝐥𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐧𝐞 𝐬'𝐚𝐫𝐭𝐢𝐜𝐮𝐥𝐞 𝐩𝐚𝐬 𝐚𝐮𝐭𝐨𝐮𝐫 𝐝𝐞𝐬 𝐦𝐞́𝐠𝐚𝐛𝐚𝐬𝐬𝐢𝐧𝐞𝐬, 𝐝𝐞𝐬 𝐩𝐞𝐬𝐭𝐢𝐜𝐢𝐝𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐞́𝐥𝐞𝐯𝐚𝐠𝐞𝐬 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐧𝐬𝐢𝐟𝐬...
Plus que jamais citoyen.nes ces sujets vous concernent, engagez-vous, de nombreux collectifs et associations existent :
⚡️Le collectif Court-circuit : rebranche alimentation, santé et agriculture sur le bassin de vie Lourdes-Argelès,Vallées des Gaves [email protected]
⚡️Les ami. es de la conf 65 : association de soutien confédération paysanne 65
⚡️L'ADEAR 65, aide à l'installation, la formation des paysan.nes et la transmission des fermes
⚡️L'association Terre de liens 65, lutte contre l'accaparement des terres
⚡️Les soulèvements des Gaves viennent d'être créés à Argelès-Gazost
Et surtout, svp, épluchez les programmes des candidats sur ces sujets pour les prochaines élections 2027 : 𝐀𝐓𝐓𝐄𝐍𝐓𝐈𝐎𝐍 𝐀𝐋𝐄𝐑𝐓𝐄 𝐒𝐏𝐎𝐈𝐋𝐄𝐑 : 𝐍𝐎𝐍 𝐋𝐀 𝐂𝐋𝐈𝐌 𝐍𝐄 𝐑𝐄𝐒𝐎𝐔𝐃𝐑𝐀 𝐀𝐔𝐂𝐔𝐍 𝐏𝐑𝐎𝐁𝐋𝐄𝐌𝐄 𝐀𝐆𝐑𝐈𝐂𝐎𝐋𝐄 𝐀𝐂𝐓𝐔𝐄𝐋 𝐄𝐓 𝐅𝐔𝐓𝐔𝐑 🖕
On vous laisse c'est l'heure d'aller arroser...