04/09/2026
62 % Derrière ce chiffre, il n’y a pas des hectares
Il y a des hommes et des femmes qui parfois n’en peuvent plus
Dans son rapport consacré à l’avenir de la viticulture, le Sénat reprend les résultats du baromètre e-santé
70 % se situaient en balance négative avec des difficultés quotidiennes suffisamment importantes pour pouvoir affecter leur charge mentale et leur santé
Parmi eux, 88 % ont présenté un dépistage positif au burn-out
Je trouve le résultat particulièrement inquiétant
Et forcément, ce sujet me parle
Pendant quatre ans, au sein des Maisons ATHOS j’ai accompagné des blessés psychiques des armées
Cette expérience m’a appris énormément sur l’humain et surtout sur une chose que l’on oublie parfois :
La souffrance psychique ne se voit pas toujours
On peut continuer à travailler, à plaisanter avec les autres et dire que tout va bien
Et pourtant être déjà très loin dans ses difficultés
Dans le monde agricole et viticole, je trouve que nous avons un cocktail particulièrement difficile
La pression économique, les emprunts, les aléas climatiques, l’administratif, l’isolement, la trésorerie
Et derrière tout cela, il y a souvent quelque chose d’encore plus personnel
Une exploitation familiale avec des générations qui ont construit avant nous
Et parfois cette sensation d’être celui qui risque de ne pas réussir à transmettre ce que la famille a façonné
Depuis des mois, nous parlons énormément de la crise viticole
Mais avons-nous réellement prévu pour accompagner la personne derrière l’exploitation ?
Des outils existent heureusement
La MSA propose notamment Agri’écoute au 09 69 39 29 19 et disposent aussi de cellules de prévention, d’aides au répit et de dispositifs qui permettent dans certaines situations de soulager temporairement un exploitant arrivé à l’épuisement
Il existe également le réseau des Sentinelles agricoles avec des personnes formées à repérer certaines situations de détresse et à orienter
Et Solidarité Paysans qui réalise aussi un travail important lorsque les difficultés économiques, administratives, juridiques et humaines commencent à devenir impossibles à démêler seul
Et lorsqu’une personne entre dans une véritable crise suicidaire il existe évidemment le 3114, accessible gratuitement
Finalement les dispositifs existent
Mais combien de vignerons les connaissent réellement avant d’en avoir besoin ?
C’est peut-être là que nous devons encore progresser
Parce que lorsqu’une personne est déjà épuisée, isolée ou qu’elle ne voit plus de solution, lui demander de commencer par chercher elle-même le bon numéro, la bonne structure et le bon interlocuteur est déjà trop
Mais constater qu’une personne change, prendre le temps de lui demander « comment tu vas vraiment ? » Connaître le bon endroit vers lequel l’orienter peut déjà faire énormément
Pourquoi ne pas former davantage de responsables d’ODG, de techniciens viticoles, de salariés de coopératives, d’œnologues, de prestataires ou tout simplement davantage de vignerons ?
Connaissez-vous réellement les dispositifs qui existent aujourd’hui ?