09/07/2026
Si ce bourg rural comptant environ deux mille âmes et 960 hectares de vigne n’offre pas de sites remarquables (hormis la cave coopérative inscrite au titre des monuments historiques), il se targue de produire le « Premier rosé de France ».
L’A.O.P. Tavel, comme le Rosé des Riceys en Champagne propose exclusivement du vin rosé . Et du rosé « sérieux », un rosé de gastronomie (dixit les vignerons) qui ne flirte pas avec les tons pastel des provençaux branchés et coûteux qui ont conquis l’Amérique.
Si le marché du Tavel a pu parfois évoluer vers des vins plus clairs pour séduire une clientèle jeune, à l’Anglore Eric Pfifferling aime à rappeler que le Tavel traditionnel était un rosé foncé (ou un rouge un peu clair) qui bénéficiait d’un élevage long et d’une bonne capacité de garde. Marie et Eric, ont largement démontré leur capacité à offrir des Tavel naturels, profonds, vibrants, qui traversent les années. Initiateurs et pédagogues généreux, ils ont inspiré et aidé nombre de vignerons qui se sont imprégnés de leur engagement pour le respect du vivant; dont Nicolas Renaud du Clos des Grillons, Romain le Bars et plus récemment le très discret Alexandre Hote, pour n’en citer que quelques uns.
A l’Anglore, Thibault et Joris font brillamment perdurer la philosophie de leurs parents tandis qu’Eric coule sa
retraite en allant piocher à la vigne et que Marie se « contente » de gérer l’administratif et le personnel.
Si vous passez par Tavel et sa région, vous pouvez tenter de prendre rendez-vous pour rendre visite à quelques uns de ces vignerons (le succès n’est pas garanti, il n’ont ni caveau de vente, ni personnel pour recevoir et la vigne occupe tout leur temps, mais, si la chance vous sourit, vous apprécierez leur gentillesse et leur franc-parler).