12/05/2026
Tellement juste M. Selosse… Il y a 15 ans lorsque nous reprenions le « coin de campagne » qui deviendra L’écho paysan nous nous disions déjà que la seule solution était la convergence entre paysans et consommateurs. Recréer du lien pour comprendre les problématiques de chacun, pour que chacun évolue, face un pas vers l’autre et redonne du sens; à l’acte d’achat d’une part, à l’acte de produire d’autre part.
Était ce une utopie? Peut être tant que tout aller « bien ». J’ai bien peur que les réalités environnementale, géopolitique, sanitaire, économique nous rattrapent et nous forcent à faire ce chemin nécessaire pour « produire et consommer autrement »
Les consommateurs désireux d’une autre agriculture sont-ils à l’ouest ? Peut-être, mais certains d’agriculteurs et leurs représentations aussi.
Certain(e)s refusent sans ménagement les appels à une autre agriculture, arguant que la population serait affamée sans eux. Sur l’eau par exemple, ils voudraient outrepasser les schémas d’aménagement discutés démocratiquement (refusant de contribuer à la sobriété, https://chambres-agriculture.fr/actualites/actualite/la-construction-des-sdage-est-faite-contre-les-agriculteurs). Le sénateur Duplomb, lui, n’a pas « de leçons à recevoir de pimpins qui n'y connaissent rien l’agriculture ».
D’un côté, oui, la population n’y connait rien, et son repas est meurtrier. Selon l’ONG Max Havelaar, seuls 43 % des agriculteurs français dépassent le Smic. Leur taux de su***de est 14 % plus élevé que la moyenne chez les hommes, 46 % plus chez les femmes. Nos repas sont meurtriers.
D’un autre côté, c’est con de pas écouter les consommateurs dont on dépend (y compris via la PAC) quand on est producteur. Les agriculteurs meurent aussi de faim sans les consommateurs (je viens d’illustrer leur dépendance au marché). Il faut écouter les demandes et faire payer un juste prix. Le consommateur est roi, oui, mais il doit payer.
Chercher qui domine, du consommateur ou de l’agriculteur, c’est chercher l’origine d’un cercle. La demande crée l’offre et vice-versa : personne ne surplombe personne, on est tous dépendants. L’issue est donc dans la discussion… que n’accompagnent guère nos politiques, infoutus même de discuter entre eux (de la toxicité de l’acétamipride par exemple, https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/04/30/dangers-de-l-acetamipride-une-note-parlementaire-rejetee-apres-le-revirement-de-la-droite-et-de-l-extreme-droite_6684610_3244.html).
Positif : fier d’être parrain de la Convention des Entreprises pour le Climat, parcours Agri-Agro (https://www.linkedin.com/company/convention-entreprises-climat/posts/)
En kiosque :
Sans biodiversité pas d’humanité. Interview à Sud-Ouest du 3.4.2026. (https://www.sudouest.fr/environnement/biodiversite/video-sans-biodiversite-pas-d-humanite-l-alerte-du-biologiste-marc-andre-selosse-28700577.php)
Le rôle de la science n’est pas d’épouser des agendas. Interview au Journal de la Haute Marne 4.4.2026.
Le 15 mai, je serai dans le Figaro.
Sur le net :
De la biodiversité sur RFI https://www.rfi.fr/fr/podcasts/cest-pas-du-vent/
L’évènement du 12 (ci-dessous) à Rouen sera en direct en ligne (https://atriumnormandie.fr/evenements/forum-marc-andre-selosse/)
Sur l’agenda :
Le 12 à Lille sur l’agriculture puis à Rouen à 20h sur Nature et Préjugé (https://atriumnormandie.fr/evenements/forum-marc-andre-selosse/)
Le 13 en formation à l’Université de Clermont-Ferrand
Le 15, à St-Emilion, en table ronde au festival https://www.biotopefestival.fr/ avec des scolaires (avec mon cher mentor, Gilles Bœuf !)
Le 16, à La colline aux livres de Bergerac en signature (18h, aussi avec Gilles Bœuf !)