La ferme des Simples

La ferme des Simples Production et transformation de plantes médicinales et aromatiques, accueil à la ferme & animations sur le thême de l'écologie pratique.

Vous avez peur de mourir de chaud cet été ? Vous avez raison. D'après les modèles météos, il va faire très sec et très c...
18/06/2026

Vous avez peur de mourir de chaud cet été ? Vous avez raison. D'après les modèles météos, il va faire très sec et très chaud. Chez nous, on tempère. On s'adapte. On a la chance d'avoir beaucoup d'arbres et des îlots de fraîcheur dans les fonds de vallons. Les enfants peuvent barboter dans le lit du ruisseau. Chez nous, on peut chiller sous des chênes deux fois centenaires ou faire un tour en barque sur un des étangs. On peut aussi aller à la Tardoire, à 1km de là où il fait toujours frais. En plus, c'est un superbe coin de rivière. On est loin des plages surchauffées et surpeuplées, des glaces qui collent et des banderoles criardes. Chez nous, il y a les animaux, les plantes, le calme, des fêtes de village, des concerts, de vieilles églises, un feu de camp et la nuit étoilée. Pour les enfants, c'est un paradis de cabanes, de barrages, des indiens, d'arbres à grimper et de jungles à explorer.

Le gîte n'est disponible que trois semaines (du 4 au 11 juillet et du 15 au 29 août) mais il reste des nuitées en chambres d'hôtes ou dans le tipi dans les bois. Le tipi, c'est un rêve de gosse. Une grande tente aménagée dans un joli coin ombragé à côté du ruisseau. Un coin cuisine, une grande tablée, des hamacs, les oiseaux qui chantent, la sensation d'être au bout du monde, à l'abri de tout.

Des vacances à la ferme, simplement, naturellement. Découvrir la nature limousine, en gîte, chambre d'hôtes ou campement dans les bois.

16/06/2026

Lou et Hugo viennent de nous quitter. Elle, danseuse, chanteuse, poète. Lui, peintre, sculpteur, graffeur. Ils nous ont contacté la semaine dernière pour qu'on leur fasse un petit stage plantes comestibles. Ils habitent en région parisienne et voyagent en camion. Ils se sentent déconnectés du Vivant. "Depuis longtemps, j'ai l'impression d'être privée de quelque chose d'essentiel mais sans savoir exactement ce que c'était" nous a confié Lou. Ses mots m'ont touché. Moi aussi, je connais ce sentiment d'avoir été privé de quelque chose qui relève de mon identité profonde, de ma nature essentielle. Ce quelque chose, je l'ai retrouvé dans la connaissance et la pratique des simples, le contact quotidien avec les plantes, les animaux, le Vivant, le mode de vie paysan. C'est de là que nous venons. C'est notre matrice, notre nature, notre histoire, ce qui nous a constitué en temps qu'êtres humains pendant des milliers d'années.
Je leur ai fait le stage Vivre avec les Plantes. Ce n'est pas une formation, c'est une initiation. Ca commence par un petit jeu pédagogique où la table du jardin, qui mesure quatre mètre, devient une échelle de temps de quatre milliards d'années sur laquelle on va resituer les grandes étapes de l'histoire du végétal. Apparition de la vie sur Terre, apparition des algues vertes, les premières plantes terrestres, les fougères, les conifères et puis les plantes à fleur. Ce qui nous amène à l'arbre du Vivant (en l’occurrence, notre tilleul), la taxinomie, les convergences évolutives, les concepts de base de la Biologie. De là, une typologie des formes végétales : rosette, herbacée, liane, arbuste, arbre. Architecture végétale, ce qu'il faut savoir regarder, les signatures évolutives, les marques distinctives. Nous voilà prêts pour comprendre les principales familles, Asteracées, Lamiacées, Fabacées, Brassicacées, Apiacées, etc... Ces airs de famille simplifient la reconnaissance des espèces. A partir de là, on a maintenant les outils pour passer à la reconnaissance et à l'identification.
Lou suit sans peine. Hugo a plus de mal avec la théorie et les concepts abstraits. "C'est bien gentil tout ça, mais quand est-ce qu'on bouffe ?" Nous voilà parti dans les usages alimentaires, les principes de base et les techniques de la cueillette, des recettes ou plutôt une logique de cuisine, et puis les usages médicinaux pour les bobos du quotidien.
On termine avec une bibliographie, les ouvrages de référence pour apprendre et se perfectionner au quotidien. Apprendre les plantes, c'est un chemin de Vie où on se perfectionne un peu plus chaque jour.
Hugo et Lou ont tenu a partager leurs pratiques artistiques. On a passé la soirée ensemble. Après un copieux repas préparé par Mathilde, Hugo nous a expliqué ses peintures, un travail de détail sur la matière, les paréidolies, le surréalisme. A la nuit tombante, on a déroulé le tapis dans le jardin. On a improvisé des éclairages avec quelques bougies et un téléphone devenu photophore et Lou nous a improvisé un spectacle. Magnifique. Son domaine à elle, ce sont les danses orientales. Elle nous a expliqué les codes, comment tel déhanchement évoque l'accouchement ou les semailles, la fertilité. Ca m'a rappelé des choses vues en Afrique, comment des paysannes un peu gauches et carrées se transfiguraient dans la danse en déesses de la féminité. A mon plus grand bonheur, elle nous a chanté Lamma bada, un tube indépassable depuis le IXe siècle arabo-andalou. Cette chanson, elle me met en transe et sa voix charnelle l'interprétait à merveille. Les connaisseurs apprécieront.
On s'est donc quitté tout à l'heure, après deux jours de partage intense. Ce n'est qu'un au revoir. La prochaine fois, je ferais venir mon ami Olivier Payrat, musicien et chercheur incroyable, spécialiste de la poésie troubadour limousine du XIIe siècle, joueur de Oud et de la vielle occitane. Il fera danser Lou à travers le jardin plein de senteurs et de parfums. Avec Hugo, on transformera de vieilles souches en créatures échappées d'un imaginaire légendaire. On taguera les vieilles portes de la grange avec des cursives et des idéogrammes. On ira jusqu'au bout de nos inspirations les plus profondes. Quand bien même notre vieux monde part à vau l'eau, il n'est pas trop t**d pour vivre nos plus beaux rêves. C'est même le moment venu pour les réaliser. Vous en serez ?

14/06/2026

Récit de ces derniers jours.
On a enchaîné. On a pas arrêté. Cette semaine, on en a fini avec les cueillettes les plus stratégiques : la rose, le sureau et le tilleul. C'est fait, on a nos stocks et même un peu plus. Et puis les transfos qui vont bien avec : sirops, gelées, confitures, tisanes. La cuvée de cette année est superbe grâce à ces chaleurs printanières perturbantes et annonciatrices de temps nouveaux. Un champ du cygne ? Va savoir. En attendant, on s'adapte, on profite.
Vendredi, j'ai animé une sortie "Balade salade" dans le cadre de la fête de la Nature, à Peyrassoulat, organisée par l'association Défense Tardoire Environnement. Programme dense, site superbe. Gloire et honneur à Thibaut et Capucine qui animent depuis trois ans la résistance à un projet assassin de promoteurs éoliens sur un site remarquable. Un lit de rivière, celui de la Tardoire, des platanes monumentaux, des ifs cinq fois centenaires qui forment une chapelle naturelle, un site remarquable à trois kilomètres de chez nous que nous ne laisserons pas être profané. D'un côté le greenwashing et la course aux subs, de l'autre, un projet de territoire dans le respect de notre patrimoine écologique et paysager.
Sans fausse modestie, j'étais très en forme. J'ai défendu pour un public de voisins la valorisation de nos écosystèmes et tous les services qu'ils peuvent nous rendre. Pour l'alimentation, la santé, une certaine logique du monde.
Samedi, on a enchaîné avec la fête du Bélier à Bellac. On y a passé une très bonne journée avec des collègues producteurs locaux, transformateurs de laine, éleveurs, tisaniers. On y a surpris une députée en pleine pèche aux canards sur un stand de forains. C'était Manon Meunier, notre représentante à l'Assemblée contre les délires agro-industriels de la ministre Génevard. On l'aime bien Manon. Sur les bancs de l'Assemblée, elle est une des rares à tenir tête avec force raison et arguments face aux forces du capitalisme écocide.
Le soir, on est retourné à Peyrassoulat pour la journée de la Nature, pour un concert de Tom Woods, le fils de notre pote Tony, qui est tourneur sur bois. Il a un talent incroyable, le Tommy. Registre blues des années cinquante-soixante. On a adoré son jeu de guitare folk, né au moyen-age dans une vogue troubadour, passée en Grande-Bretagne à l'époque élisabéthaine, puis transfusée en Amérique et réappropriée par les populations afro-américaines.
Et puis aujourd'hui dimanche, on était sur le lac de St Pardoux pour un festival. On ne connaissait pas le site. Il est magnifique. L'eau y est fraîche et délicieuse pour se baigner. Pas trop d'infrastructures. Juste ce qu'il faut pour que les gens puissent en profiter sans dénaturer pour autant le site. Ambiance familiale et bon enfant.
Ce dimanche soir, on est rincé mais heureux. On a pas arrêté, on a enchaîné, on a bien vendu nos produits, on a passé des idées, celles qu'on défend, autour des plantes, de notre bocage limousin, d'une vie plus simple et plus naturelle, plus goûteuse et plus réjouissante, plus en accord avec notre santé, une santé globale qui nous inclue dans la logique de notre paysage.

Depuis trois ans l'association Défense Vallée Tardoire organise plusieurs jours d'ateliers, animations et concerts à Ché...
12/06/2026

Depuis trois ans l'association Défense Vallée Tardoire organise plusieurs jours d'ateliers, animations et concerts à Chéronnac (Peyrassoulat). Cette année Jean y propose un atelier de découverte des plantes sauvages, aujourd'hui, de 16h à 18h.
Le programme se poursuit jusqu'à dimanche, n'hésitez pas à venir en profiter (tous les ateliers sont gratuits).
Et pour ceux qui ne les connaitraient pas, ce sera une belle occasion pour descendre en bord de Tardoire découvrir les platanes et ifs pluricentenaires !

02/06/2026

Dimanche, on était à la foire de Lageyrat. Lageyrat, c'est un village à côté de Châlus. Une quinzaine de maisons, un lavoir, une église médiévale. Pourtant, la foire de Lageyrat, c'est une institution locale. Il s'agit avant tout d'un vide-grenier. On y trouve de tout. Des babioles. Et puis des trésors. Mon trésor à moi, je l'ai trouvé sous la forme d'une herminette à dix €uros et d'une serpe de feuillardier d'un modèle extrêmement bien pensé : un revers renforcé pour taper avec une mailloche, un crochet pour la mettre à la ceinture, une pointe pour fendre. Quinze €uros.
A Lageyrat, on retrouve surtout tous les anciens des coins. Ils sont tous là. Certains font des démonstrations de vieux métiers. On ne pouvait pas rater le père Réjasse avec sa moissoneuse-batteuse de l'entre deux guerre, un forgeron qui fait des tire-bouchons, Jof, un copain potier qui doit me faire un bol tripode d'inspiration chinoise du Ier siècle avant JC, et puis Lajudie, un de nos derniers feuillardiers. Un feuillard, c'est un cercle de barrique en jeune pousse de châtaignier refendue. En 2026, ça reste une niche de marché. Lajudie, il a un carnet de commande plein malgré que les gestes de son métier datent de l'époque gauloise. Le mec, il cause pas. Il bosse. On s'est mis d'accord pour que je passe le voir l'hiver prochain pour causer techniques de refente. Sa carte de visite, il me l'a faite sur un copeau ou j'ai écris son 06.
Naturellement, il y avait le vieux père Guilloux, un des instigateurs de cette foire. Il est à la fois apiculteur, pomiculteur et castaniculteur. Lui, il sait tout ce qu'on peut savoir sur la châtaigne et les abeilles. Je l'ai cuisiné un peu pour savoir ce qu'il pensait du semis direct de la marigoule. C'est un pari sur 20 ans. Mieux vaut savoir où on va.
Il y avait aussi mon copain Ron, le pépiniériste hollandais. Ron, c'est quelqu'un qui m'a beaucoup inspiré. C'est un pionnier, un explorateur. Une prochaine fois, je vous raconterais qui il est, ce qu'il a fait, comment il a monté sa micro-ferme permaculturelle vingt-cinq ans avant tous les autres.
Il y avait aussi ce couple d'anglais, spécialisés dans la rose, des roses buissonnantes, grimpantes, remontantes, modernes ou anciennes, odorantes. Joli travail. D'ailleurs, saviez-vous que notre commune de Vayres s'appelle Vayres les roses ? Et que la rose en question est la rose de Retsch ? Encore une belle histoire à raconter.
A la fin de la journée, on a retrouvé Olivia, de La Ferme de la Goursaline. Avec son mari David, ils ont repris et développé un modèle basé sur l'autonomie alimentaire et l'agrotourisme. Très chouette projet. On les aime bien. Ils ont de la méthode. Et puis un beau tilleul platyfollium qu'on a été cueillir chez eux après le marché.
C'était dense, cette journée. Lageyrat, ca fait partie de ces marchés où on retrouve tous les gens du pays, des gens ancrés dans un monde paysan. Notre monde à nous.

Une fois de plus, le gouvernement se torche avec notre avenir pour complaire à l'agrobizness. C'est juste criminel. Ca v...
02/06/2026

Une fois de plus, le gouvernement se torche avec notre avenir pour complaire à l'agrobizness. C'est juste criminel. Ca vous scandalise aussi ? Alors soutenez la Conf, soutenez les petits producteurs et mobilisez-vous. C'est l'avenir de nos gosses qu'on assassine !

Nous sommes scandalisés de voir une majorité de député·es privilégier les lobbies de l’industrialisation de l'agriculture au détriment de l'intérêt de la majorité des paysan·nes et des citoyen·nes. Ce texte est pourtant déconnecté des urgences réelles du monde agricole qui fait face aux aléas climatiques, aux crises sanitaires et aux conséquences délétères du libre-échange et de la compétitivité à tout prix. Certaines dispositions sont même archaïques et totalement inadaptées.

Les articles relatifs à l’eau sont nuisibles. Le refus de tout objectif de sobriété et d’évolution des pratiques agricoles sur les périmètres de captage, l’affaiblissement des procédures et des instances démocratiques locales, le développement du stockage à marche forcée ne sont pas des solutions.

Nous craignons fortement que le Sénat acte de nouveaux reculs, en supprimant les quelques avancées obtenues sur la question du revenu. S’agissant de l’acétamipride, nous mettons en garde contre toutes velléités de réintroduire ce néonicotinoïde interdit en France depuis 2020. Il en va de l’intérêt des paysan·nes et des citoyen·nes, qui ont été plus 2 millions à demander la suppression de cette disposition et de la loi Duplomb.

Concernant l’élevage, c'est un passage en force orchestré par le gouvernement pour favoriser l'agrandissement des élevages. Cette orientation délétère va accélérer l'intensification, la spécialisation des régions et la disparition des fermes. Les débats ont révélé l'irresponsabilité d'une partie des député·es vis-à-vis des enjeux de renouvellement des générations et de souveraineté alimentaire.

Alors même que la question du revenu est au cœur de toutes les mobilisations agricoles depuis 2024, la Ministre de l’agriculture et la majorité sénatoriale ont déjà fait part de leur volonté de supprimer la disposition relative aux prix planchers adoptée par les député·es, sans que l’on ne sache ce qu’il adviendra de l’expérimentation des tunnels de prix. Une preuve de plus que ce projet de loi n’est pas la réponse aux urgences sur les fermes, mais bien la compilation des intérêts particuliers de l’agro-industrie.

Retrouvez le CP ici ➡️ urlr.me/KZFrD9

Oh que ca va être chouette. Nous, on y sera !
02/06/2026

Oh que ca va être chouette. Nous, on y sera !

[Conf Limousin] Cette année, la Fête de la Conf a lieu à Nexon (25 minutes au sud de Limoges), le samedi 29 août à partir de 14h.
Au programme :
- des tables rondes
- de la bonne nourriture
- des démonstrations de Chiens de troupeaux
- un Village associatif
- des Concerts, Chorales, Fanfares...

Retenez la date !

29/05/2026

Selon une expérience scientifique récente, contentionner un bélier de nuit à la lampe frontale après un bon dîner un peu arrosé peut avoir pour conséquence une tronche de boxeur. Bam dans le pif ! Ce bélier, on aurait du l'appeler Tyson. En tous les cas, je suis bien heureux qu'il soit parti chez mon copain Ron pour une belle carrière de reproducteur. Sans vouloir me la jouer, je suis très fier de lui. Il synthétise toutes les qualités que je sélectionne au sein de mon troupeau depuis huit ans : rusticité, sociabilité, gabarit moyen, gigot respectable. Il est le fils de ma brebis de tête, Kangourou, ma petite chérie pure charmoise, et de Makhno, bélier solognot. C'est le troisième bélier que je case comme reproducteur dans des élevages bien établis du voisinage. Faudra que je raconte plus en détail mes logiques d'élevage dans un prochain post. Il sera question de bien être animal, de logique évolutive et d'adaptation.
En attendant, on est à fond dans les cueillettes. Là aussi, il faut s'adapter. Avec le chaleur, toutes les floraisons ont trois voire quatre semaines d'avance. On arrive déjà sur la fin du sureau. La rose va bon train mais il faut la cueillir tôt le matin. Sinon, elle passe. Et puis aujourd'hui, il faut enchaîner avec le tilleul. Là aussi, la cueillette est précise. Pour l'une, c'est une question d'heure, pour l'autre, de jour. Pour le tilleul, la fenêtre de tir, c'est deux fleurs écloses sur trois sur une bractée. Chaque arbre a sa propre temporalité. Certains sont plus précoces, d'autres plus t**difs. Il faut aussi jongler avec la rouille et puis la densité des floraisons. Pour l'instant, on travaille avec Tillia cordata, l'espèce commune. Mais on a aussi planté Tillia platyphollium, le fameux tilleul des Baronnies et Tillia henryana, une espèce très aromatique. Tout n'est pas seulement simple à La ferme des Simples. On est en prise avec la complexité du Vivant.

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9, La Côte
Vayres
87600

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