16/06/2026
🍰 Il ne ressemble pas à ce que son nom laisse imaginer. Et c’est peut-être pour ça qu’on l’oublie trop souvent.
Première chose à dire : le nougat de Tours n’est pas un nougat.
Pas de miel, pas de blancs en neige, rien à voir avec la spécialité de Montélimar. C’est une tarte. Une vraie pâtisserie tourangelle, humble dans sa forme, généreuse dans ses saveurs. Une pâte sucrée, une couche de confiture d’abricots, des fruits confits soigneusement disposés, et par-dessus tout ça, une macaronade aux amandes dorée au four.
Simple. Précis. Inoubliable.
Sa naissance remonte à la Renaissance, à l’époque où Léonard de Vinci vivait au Clos Lucé, à Amboise. Grand amateur d’amandes et de fruits confits, qu’on appelait alors les “épices de chambre”, il aurait inspiré, dit-on, cette création unique.  La Touraine était à cette époque le jardin des rois de France. Et ses pâtissiers avaient visiblement du génie.
Au XIXe siècle, il devient le gâteau du voyageur, robuste, se conservant une dizaine de jours sans perdre une once de caractère. On l’emportait dans les diligences, dans les malles, on le glissait dans les sacoches. Une façon de ne pas quitter la Touraine tout à fait.
Puis il tomba dans l’oubli. Comme souvent, les meilleures choses. C’est le chef Charles Barrier, seul chef triple étoilé tourangeau du XXe siècle, qui le remit au goût du jour. Et depuis 1998, la Confrérie du Nougat de Tours, reconnaissable à ses habits bleus ornés des couleurs de Touraine, parcourt la région pour défendre et promouvoir cette spécialité.
Sur notre territoire, où l’on sait ce que signifie prendre soin d’un terroir, le nougat de Tours est une de ces histoires qu’on aime raconter. Celle d’un gâteau né au temps des grands maîtres, oublié par la modernité, et ressuscité par des passionnés qui avaient compris qu’on ne laisse pas mourir ce qui mérite de durer.