08/03/2025
**8 mars : Le combat inachevé des femmes haïtiennes**
Chaque 8 mars, le monde célèbre la Journée internationale des droits des femmes, une date symbolique qui rappelle les luttes menées pour l’égalité, la justice et la dignité. Dans les discours officiels, l’accent est mis sur les progrès réalisés, sur l’émancipation croissante des femmes dans les sphères politique, économique et sociale. Mais en Haïti, sous le poids d’une crise multidimensionnelle, cette journée résonne avec une gravité particulière. Elle met en lumière l’injustice systémique qui accable les femmes haïtiennes, à qui l’histoire n’a cessé d’imposer des chaînes invisibles, mais ô combien pesantes.
Être femme en Haïti, c’est naître dans une réalité où l’injustice est souvent érigée en norme. Dès l’enfance, les petites filles sont conditionnées à la résilience, non par choix, mais par nécessité. Elles grandissent en observant leurs mères se briser le dos sous le poids du commerce informel, de la domesticité, des tâches ménagères incessantes, dans un pays où le travail féminin est essentiel, mais rarement valorisé.
À l’aube, elles prennent d’assaut les marchés de Port-au-Prince, de Jacmel, des Cayes ou de Cap-Haïtien, courbées sous le poids des denrées à vendre, bravant l’insécurité et l’incertitude d’une journée où chaque gourde gagnée est une victoire arrachée à la misère. Elles sont paysannes, vendeuses, enseignantes, infirmières, tisseuses de l’économie informelle et piliers de foyers souvent désertés par des hommes accablés par la précarité. Pourtant, malgré leur rôle central, elles demeurent les oubliées de la nation, privées de reconnaissance et de droits fondamentaux.
Mais être femme en Haïti, ce n’est pas seulement porter un fardeau économique écrasant. C’est aussi évoluer dans un climat de violence endémique, où le corps féminin est trop souvent un champ de bataille. Le viol, devenu arme de domination, de terreur et de punition, est une tragédie qui se perpétue dans un silence comp