17/09/2026
La lettre de KIIRAAY
Le monde vient à Dakar. Que verra-t-il du Sénégal ?
Depuis son accession à la souveraineté internationale, le Sénégal a compris que le sport pouvait être bien davantage qu’une compétition. Il peut être une langue universelle, un instrument de diplomatie et une manière, pour une Nation, de faire entendre sa voix, de montrer son visage et de prendre sa place dans le concert des nations.
En 1963 déjà, Dakar accueillait les Jeux de l’Amitié. Près de 2 500 athlètes venus de 25 nations avaient alors fait de la capitale sénégalaise un lieu de rencontre entre les peuples. En 1992, notre pays organisait la Coupe d’Afrique des Nations et confirmait sa capacité à accueillir un grand rendez-vous sportif continental.
Ces épisodes appartiennent à notre histoire. Mais ils racontent aussi quelque chose de constant : le Sénégal a toujours cherché, à travers le sport, à ouvrir des portes, à rapprocher les peuples et à inscrire son nom au-delà de ses frontières.
Dakar s’apprête aujourd’hui à écrire une nouvelle page de cette histoire.
Du 31 octobre au 13 novembre 2026, notre capitale accueillera les Jeux Olympiques de la Jeunesse, premier événement olympique organisé sur le sol africain. Le 12 septembre, Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Faye , Président de la République, a accueilli à Dakar la flamme olympique, qui parcourra les quatorze régions du Sénégal avant l’ouverture des Jeux.
Ce parcours à travers le pays donne à cet événement une dimension qui dépasse largement les enceintes sportives. Il rappelle que Dakar 2026 ne doit pas être seulement un événement à Dakar : il doit être une histoire nationale.
Accueillir le monde, c’est se révéler au monde
Il faut mesurer ce que représente véritablement ce rendez-vous.
Accueillir le monde n’est jamais un simple exercice logistique. C’est une responsabilité, mais aussi une occasion de montrer ce qu’un pays est capable de faire lorsqu’il transforme un événement international en projet collectif.
La question n’est donc pas seulement de savoir si le Sénégal réussira ses Jeux. Elle est plus profonde : que laisseront les Jeux au Sénégal lorsque les délégations seront reparties ?
C’est là que se trouve le véritable enjeu de Dakar 2026.
Un grand événement ne se mesure pas uniquement à la qualité de son organisation, à la beauté de ses cérémonies ou au nombre de médailles remportées. Il se mesure aussi à l’héritage qu’il laisse à la jeunesse, aux opportunités qu’il crée pour l’économie, à la visibilité qu’il offre à nos savoir-faire et à la confiance qu’il peut susciter envers notre pays.
Une jeunesse actrice, et non simple spectatrice
Notre jeunesse doit être au cœur de cet héritage.
Elle ne doit pas être seulement spectatrice d’un événement qui se déroule chez elle. Elle doit pouvoir en devenir l’une des principales actrices.
Les Jeux peuvent ouvrir des espaces pour apprendre, entreprendre, créer, pratiquer le sport, découvrir d’autres cultures et prendre davantage conscience de la place qu’elle peut occuper dans le Sénégal de demain.
Cette dynamique doit également profiter à tous ceux qui font vivre notre pays au quotidien.
Nos artisans peuvent faire du Made in Sénégal une véritable vitrine. Nos entrepreneurs peuvent transformer la présence internationale en nouvelles opportunités. Nos artistes peuvent montrer une créativité qui ne demande qu’à être davantage connue.
Le mouvement navétane peut rappeler la profondeur de notre culture sportive et populaire. Nos communicateurs traditionnels peuvent, eux aussi, transmettre au monde une part de notre mémoire, de nos valeurs et de notre manière de vivre ensemble.
Dakar 2026 doit ainsi être une plateforme de visibilité pour tout ce que le Sénégal sait faire, créer et transmettre.
Un rendez-vous qui appartient à toute la Nation
C’est pourquoi Dakar 2026 ne doit pas être considéré comme la seule affaire de l’État ou des organisateurs.
Il appartient à toute la Nation.
L’État crée les conditions et porte l’ambition. Les institutions accompagnent. Les acteurs économiques saisissent les opportunités. Les territoires accueillent. Les sportifs, les artistes, les artisans et la jeunesse donnent au rendez-vous son énergie et son visage.
C’est dans cette mobilisation collective que les Jeux pourront véritablement prendre tout leur sens.
Sous l’impulsion de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar Faye, le Sénégal doit donc regarder au-delà du 13 novembre 2026.
La réussite de Dakar 2026 ne se résumera pas à la cérémonie de clôture. Elle se mesurera aussi à ce que nous aurons construit, transmis et changé grâce à ces Jeux.
Car le monde ne viendra pas seulement à Dakar pour regarder des compétitions.
Il viendra découvrir un pays.
Une histoire.
Une culture.
Une jeunesse.
Un peuple.
Des talents.
Et une ambition.
Alors, lorsque les projecteurs internationaux se tourneront vers Dakar, une question restera posée : quel Sénégal voulons-nous donner à voir au monde ?
La réponse ne se trouvera pas uniquement dans nos stades.
Elle se trouvera dans notre capacité à accueillir, à innover, à entreprendre, à créer, à transmettre et à nous projeter ensemble vers l’avenir.
Le monde vient à Dakar.
À nous de lui montrer le Sénégal.
Papa Ibrahima Senghor
Membre de KIIRAAY